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Pizolub : entre tribalisme et crise financière

Installée à Port-Gentil, Pizolub fait face à une crise financière, avec pour principale corollaire, trois mois d’impayés de salaires. Si les facteurs de la crise sont clairement identifiés, et que le dossier semble en bonne voie, il reste qu’un autre phénomène y est perceptible avec des relents de tribalisme dû au rejet d’un « anongoma » à la tête de l’entreprise.

 

Depuis le mois de juillet, les agents de la Société nationale de formulation de lubrifiants (Pizolub) n’ont pas perçu le moindre le kopeck.  Pour obtenir gain de cause, ils ont déposé un préavis de grève avec l’appui de  l’Organisation nationale des employés du pétrole – Onep. Portées au sommet de l’Etat, des négociations ont été ouvertes par le ministre du Pétrole, pour un retour à la normale. Et trois principaux facteurs ont été clairement identifiés comme étant à l’origine de cette situation : la saisie des comptes liée à une dette de 2017 ; la baisse des activités consécutives au coronavirus et le manque de soutien de l’Etat qui, en plus d’être la puissance publique, est l’actionnaire majoritaire de Pizolub.

Le directeur général Guy-Christian Mavioga affirme avoir trouvé une dette de 9 milliards de francs CFA et 700 millions de francs CFA lors de sa prise de fonction en mars 2019. Un diagnostic posé en avril 2019 et soutenu par un business model présenté au gouvernement afin de sortir l’entreprise de la crise.

A cité de ça, en dépit de nombreux efforts investis pour relever le challenge aux manettes de Pizolub, un autre facteur semble mener la danse dans cet environnement, notamment des tensions perceptibles aux allures de repli identitaire, dont le nouveau Directeur général a dû essuyer quelques inconvenances, puisque n’étant pas de Port-Gentil.

 

Ombre et ficelles

De nombreux témoins rapportent que dans la capitale économique, les nominations des « Anongoma » (personnes non originaires de Port-Gentil), à la tête de certaines entreprises sont malvenues. Ayant remplacé à la tête de Pizolub un natif de Port-Gentil, Guy-Christian Mavioga subit le courroux de ceux qui entretiennent des tensions purement tribalistes.

 

S’il a réussi à se faire accepter par la plupart des agents, les tensions financières et particulièrement les impayés de salaires, ont accentué la crise au point où, assurent certaines indiscrétions, le débat a été repris par certains hommes politiques qui, tapis dans l’ombre tirent les ficelles pour l’éviction de l’Anongoma.

Amulettes et serpents

Selon un agent de Pizolub la non-acceptation de l’actuel directeur général va au-delà d’un rejet banal. « Il été victime aussi bien à son domicile de Port-Gentil qu’à son bureau, de pratiques fétichistes pour l’amener à renoncer au poste. Des amulettes, des corbeaux morts, des pagnes noirs, des serpents attachés avec des cordes rouges et noirs, et bien plus ont été déposés dans son environnement immédiat », rapporte-t-il avant d’indiquer que « C’est bien dommage ! »

Un observateur de la vie publique de Port-Gentil affirme pour sa part que «le problème ne doit pas être traité entre Anongoma car au-delà de tout, aucun Gabonais n’est étranger sur le territoire national».

Il va s’en dire que le dossier actuellement entre les mains de la tutelle devrait aller au-delà de la régularisation d’une simple crise financière, mais d’inculquer aux uns et aux autres la nécessité de parvenir à la culture du résultat pour parvenir à construire des entreprises fortes et compétitives.