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vendredi 18 octobre 2019

Santé d’Ali Bongo : le jeu de la mort entre le pouvoir et l’opposition

Le gouvernement et l’opposition se disputent sur la mort supposée du président Bongo. Les audiences accordées par ce dernier laissent sceptiques certains Gabonais.

Il ne fait aucun doute  qu’Ali Bongo Ondimba n’est pas apprécié par une partie de la classe politique, notamment l’opposition radicale. Son accident cardio-vasculaire en octobre 2018 a été l’occasion pour certains de parier voire de souhaiter sa mort. Un pari perdu et un souhait non exhaussé pour ces opposants.

Après sa convalescence à Rabat au Maroc, le président Bongo a regagné son pays pour poursuivre sa mission à la tête de l’Etat. S’il fait preuve de discrétion, après cette phase difficile, Ali Bongo Ondimba travaille tout de même au Palais du bord de mer. L’activité du président de la République s’accentue sur le renforcement de la coopération bilatérale entre le Gabon et les pays de la sous-région. Mais aussi le suivi des dossiers, à travers des audiences accordées aux ministres, directeurs généraux et autres.

Mieux, Ali Bongo Ondimba a marqué le coup, le 8 juin dernier, en s’adressant aux Gabonais. Un discours qui a sonné la fin de la récréation pour ses collaborateurs.  Il appelait alors à une prise de conscience collective dans la gestion des affaires publiques. Le gouvernement restreint mis en place par le premier ministre, deux jours après, en est le symbole.

Pourtant, toute cette communication est loin de convaincre l’opposition radicale et des acteurs de la société civile tels que Jean Rémy Yama, président du syndicat la Dynamique unitaire.

Pain béni

Quand certains se contentaient de demander une expertise médicale pour prouver la capacité d’Ali Bongo Ondimba et d’autres mettaient en avant la thèse d’un sosie,  Jean Rémy Yama a affirmé qu’ ‘’ Ali Bongo Ondimba est mort, il n’existe plus ».

Le gouvernement qui a aussitôt rappelé au  respect de l’institution a annoncé des poursuites judiciaires contre le syndicaliste et toute personne qui déclarerait le président mort.

Jean Rémy Yama

Depuis, plusieurs leaders de l’opposition multiplient des déclarations de soutien à Jean Rémy Yama et d’autres à leur tour parlent de la mort du numéro un gabonais. Du pain béni pour les détracteurs du pouvoir.

Pourtant une question demeure. Quel est l’intérêt pour des hommes et des femmes respectables de déclarer mort un président vivant ?  D’une part l’opposition exige une expertise indépendante sur l’état de santé  et les capacités du président et, d’autre part, cette même opposition le déclare déjà mort. Quel message les Gabonais doivent prendre en compte dans cette stratégie brouillée ?

Folklore

Embrouillé, également, le gouvernement qui donne l’impression d’être à chaque fois sur la défensive. Pourtant, en dépit du fait qu’elle soit moins intense que d’habitude, l’activité d’Ali Bongo Ondimba est bien visible. Quel est l’intérêt  de le dire continuellement ?  Et pourquoi réagir du tac au tac ? Dès que l’opposition met la pression et veut des preuves de vie d’un président disparu des écrans pendant quelques jours, la communication présidentielle s’empresse d’inonder les réseaux et les rédactions de photos d’audience.

La dernière mise en scène s’est déroulée dans la cour de la Présidence où l’on voit ABO marchant et entouré de quelques collaborateurs. Et au moment où nous publions cet article, de nouvelles photos circulent dans les forums. On y voit Ali Bongo, cette fois, à l’avant d’une voiture conduite par son directeur de cabinet et derrière le directeur général du Budget, également demi-frère du président. Quel est l’intérêt d’exhiber ainsi un homme dont l’état de santé nécessite beaucoup de repos et aucun folklore ?

Cela démontre une certaine fébrilité dans l’entourage du président Bongo. Depuis l’AVC en Arabie Saoudite, la communication présidentielle n’a jamais su rassurer la population sur la santé du président.

Dans cette affaire, les Gabonais ne peuvent se fier ni à l’opposition qui peine à prouver la mort d’Ali Bongo, ni au pouvoir qui peine à prouver que le Président est vivant.