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mardi 4 août 2020

Grève générale illimitée : un préavis en demi-teinte

Jouant la carte de l’apaisement, la Cosyga et le CGSL ne prendront plus part à la grève générale illimitée. D’autres syndicats comptent bien aller au front des revendications pour la révision du nouveau code du travail.

La paralysie du fonctionnement des services de base, comme l’eau et l’électricité précieux à la vie en milieu urbain, était l’arme fatale brandit par les syndicats dans le cadre de la grève générale illimitée annoncée par une dizaine des syndicats pour ce jeudi 23 janvier. Après des tractations, le Gouvernement est parvenu à faire plier certains partenaires sociaux et stopper ainsi la tempête sociale prévisible.

A la Primature, hier, mercredi 22 janvier, au cours d’une réunion d’urgence, appelant les partenaires sociaux à la négociation, le Gouvernement et deux confédérations syndicales, la Cosyga et le CGSL ont choisi la voie de la discussion, privilégiant ainsi le dialogue en lieu et place du « chaos ». « Nous avons dissipé les malentendus qui étaient liés à un déficit de communication et nous avons donc apaisé l’ensemble des parties. Nous sommes tombés sur un accord de travail. Et, nous leur avons décliné de manière précise, l’intérêt que nous portons à cette réforme et que vous avez souhaité, vous-même au cours d’une séance que l’économie de ce code vous soit présenté », a indiqué la ministre de l’Emploi, de la Fonction publique, du Travail, Madeleine Berre.

Le nouveau code du travail révisé est au centre de la discorde entre Gouvernement et syndicats. Et pourtant, en dépit de la distance d’action perceptible, les deux entités devraient poursuivre un objectif commun : le bien-être des travailleurs gabonais. Le Président de la République qui attache du prix à l’emploi des Gabonais l’a d’ailleurs rappelé lors de son message à la Nation, à l’occasion du nouvel an en plaçant le bien-être social au centre de ses préoccupations. Tout comme le premier ministre, Julien Nkoghe Bekale qui semble faire sienne, cette préoccupation dans la matérialisation de son action. « Vous avez véritablement montré que vous défendez les intérêts des travailleurs, et que vous voulez défendre leurs intérêts aux côtés du Gouvernement qui est le premier défenseur de ces intérêts », a-t-il lancé lors de la réunion de crise tenue d’urgence à l’occasion à la Primature.

Pour le reste précise Philipe Djoula, secrétaire général de la Cosyga, « la CGSL et la Cosyga sont les deux grandes organisations syndicales dans ce pays, au regard de l’accord de représentativité signé en mars 2007, également affilié aux organisations internationales (…). Nous sommes donc désormais condamnés à travailler main dans la main pour l’intérêt des travailleurs gabonais ».

Révision forcée du nouveau code du travail

Les travailleurs gabonais peuvent avoir le sommeil tranquille. Les incohérences de fond et malentendus contenus dans le nouveau projet du code du travail, au centre des critiques passeront au peigne fin lors d’une plénière. La rencontre entre le Gouvernement, la Cosyga et le CGSL a permis de déboucher sur cette possibilité. « Le Gouvernement et les partenaires s’engagent à ouvrir une plénière sur la réforme du nouveau code du travail avec l’ensemble des parties, la suspension du préavis de grève, la mise en place d’un chronogramme qui sera fixé d’accord partie », a rassuré Jean Claude Bekale, secrétaire général de la CGSL.

La paix des braves entre le Gouvernement et les syndicats

Cette plénière permettra notamment de passer en revue, les points de discorde et de trouver un compromis qui arrangent toutes les parties : les entreprises, les travailleurs et le Gouvernement. « Que ces derniers (les travailleurs, NDLR) nous fassent confiance ! Nous irons jusqu’au bout pour que sorte de là, un code du travail qui puisse arranger toutes les parties », a rassuré à son tour le secrétaire général de la Cosyga.

L’Onep toujours favorable à la grève

Malgré l’appel au dialogue et à l’apaisement, l’Organisation nationale des employés du secteur du pétrole (Onep) figure parmi les organisations syndicales à camper sur sa position : poursuivre le mouvement de grève. Désavouant la posture de la Cosyga et du CGSL qui selon elle, ne sont pas représentatives de tous les syndicats, le secrétaire général de l’Onep a appelé ses adhérents à poursuivre le mouvement de grève général de cinq jours annoncés. « Nous avons appris avec stupéfaction, par voie de presse qu’un accord aurait été conclu avec le Gouvernement et que notre préavis aurait été suspendu ce jour. Nous informons l’ensemble des travailleurs et l’opinion publique, que nous ne nous reconnaissons pas dans cette déclaration et que nous sommes toujours en attente d’une invitation officielle du Gouvernement pour des discussions. Par conséquent, nous confirmons à l’ensemble des travailleurs, que ledit préavis court toujours… », ont déclaré les syndicats non représentés durant la signature de la trêve mercredi 22 janvier, à la Primature.

Le Gouvernement, en privilégiant la stratégie du dialogue, aurait-il par la même occasion, privilégié la sélection des syndicats avec qui discuter ? Si l’annonce de l’Onep semble avoir eu écho favorable notamment dans le secteur pétrolier, il ne demeure pas moins que le Gouvernement qui est garant du bien-être social doit inviter à la table des négociations toutes les parties annoncées lors de cette grève pour espérer une meilleure trêve.