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Mike Jocktane : face au covid-19, « nous avons besoin de joindre les énergies. »

Ensemble contre le covid-19, semble dire Mike Jocktane. Le président de Gabon Nouveau lance un appel citoyen pour lutter contre la pandémie qui ralentit l’économie du pays. Il en appelle aussi à la vigilance face aux mesures annoncées par le président de la République, lors de son discours, vendredi dernier. 

 

Vous parlez d’unité nationale face à la pandémie du covid-19, mais cet appel a déjà été lancé par les autorités, en quoi votre appel est différent ?

Notre pays traverse une crise majeure dont les solutions ne peuvent pas se trouver dans les seules mains des personnes qui gouvernent. Je veux par mon appel rassembler les acteurs politiques, de la société civile, les politiques et de tous les corps organisés.

Nous ne sommes pas dans un jeu politique habituel. Nos vies sont en jeu. L’unité et l’avenir à court terme de notre nation sont en jeu.

 

Vous lancez un appel à l’unité, mais au passage, vous vous en prenez à ceux qui « auraient fait fortune sur le dos des Gabonais ». Est-ce que ce n’est pas un peu paradoxal ?

Le paradoxe serait de voir ces personnes, enrichies au dépend des Gabonais, distribuer cet argent dans le but de s’attirer les louanges du peuple. Cet argent n’est pas une aide aux Gabonais, cet argent appartient à chacun d’entre nous.

Au-delà de tout, nous ne traverserons pas cette crise en multipliant les initiatives individuelles, aussi nobles soient elles, sans coordination. Nous avons besoin de joindre les énergies, de fixer des buts précis et concrets et pour atteindre ces objectifs mobiliser toutes les ressources disponibles ensemble.

Ali Bongo Ondimba, lors de son allocution

Que pensez-vous des mesures annoncées par le président Ali Bongo Ondimba, lors de son discours vendredi dernier ? A lire votre appel, on a l’impression qu’elles ne vous semblent ni claires, ni cohérentes.

Effectivement, plusieurs de ces mesures annoncées me paraissent incohérentes. Je propose justement d’évaluer chacune d’elles avec tous ceux qui répondront à mon appel. Notre but sera de rectifier cet état de fait.

 

Quel est votre regard de la posture de certains activistes, dans les réseaux sociaux, qui systématiquement remettent en cause les annonces du gouvernement et tendent à dénigrer ses actions contre le Covid-19 ?

Vous n’êtes pas sans ignorer que le peuple gabonais, de manière générale est sceptique et sur ses gardes vis-à-vis des promesses faites par ceux qui nous dirigent.

Mais je sais que beaucoup de mes concitoyens ont d’immenses ressources à mobiliser pour trouver les solutions face à cette crise, et à mettre en œuvre la solidarité dont nous avons besoin.

Nous pouvons être debout ensemble et faire face en fraternité et en solidarité.

Quel doit-être le rôle de l’Eglise dans une nation face à un tel fléau, car on a vu des dérapages de pasteurs qui ont été rappelés à l’ordre pour ne pas avoir respecté les consignes des autorités et préféré agir par la foi ? Certains pasteurs ont même été emprisonnés.

Le rôle de l’Eglise, face à toute situation, c’est de prier et de partager la pensée de Dieu.

Il est important de comprendre que l’Eglise est citoyenne. Et, pour cette raison, opère dans le respect des lois.

 

Quelle est votre crainte par rapport à cette crise ?

Je crains simplement que par manque de préparation, nous payions un plus lourd tribut humain, un plus lourd tribut économique que nécessaire. Alors même que nous avons eu plus de temps que les Européens, par exemple pour nous préparer.

J’estime qu’un mort, c’est déjà un mort de trop.

Propos recueillis par E. A