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Mike Jocktane : « le Gabon sera ce que les Gabonais auront décidé d’en faire »

Mike Jocktane revient sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Il s’interroge sur le maintien de certaines restrictions alors que la tendance nationale des contaminations au covid-19 est en baisse. L’évêque joint sa voix à celles d’autres responsables religieux pour exiger l’ouverture des lieux de culte.

 

Pourquoi exiger l’ouverture des églises, alors que les fidèles peuvent encore prier à la maison ?

C’est important de savoir que la fermeture des lieux de culte aujourd’hui ne se justifie plus. Lorsque cette mesure a été prise, il y a près de six mois, nous ne connaissions pas le coronavirus. C’était une crise qui inquiétait tout le monde. Le monde entier a pris des mesures de précaution pour sécuriser les populations.

Aujourd’hui, nous connaissons le coronavirus, nous savons comment y faire face. Et puis, la plupart des pays qui nous entourent ont levé les situations d’exception. Les états d’urgence sanitaires ont été levés dans tous les pays qui nous entourent. Les lieux de culte ont été rouverts partout, en Guinée-Équatoriale, en RDC, au Congo-Brazzaville. Au Cameroun, les lieux de culte n’ont quasiment jamais été fermés. C’est important de le savoir.

Ici, au Gabon, la vie normale a repris depuis très longtemps. Les marchés sont ouverts. Les établissements sont ouverts, du moins le lycée français. Certains établissements dirigés par des Gabonais ont reçu des dérogations  pour ouvrir. Les bars sont ouverts. Les marchés sont ouverts. C’est important aujourd’hui que l’on permette aux Gabonais de prier.

Et puis, vous savez aux Etats-Unis, Donald Trump a appelé à l’ouverture des lieux de culte, en disant que quand le pays traverse une crise comme c’est le cas, les gens ont besoin de prier.

 

Les leaders religieux projettent l’ouverture des lieux de culte le 27 septembre. Sont-ils au-dessus de la loi ?

Il est important de savoir que la liberté des cultes est un droit constitutionnel au Gabon ; ça fait partie des droits fondamentaux des êtres humains de pouvoir se rassembler pour prier. Notre Constitution dit plusieurs choses sur la pratique de la religion, notamment que les églises s’administrent et  gèrent leurs affaires elles-mêmes.

Quand nous disons que nous reprenons les cultes, nous ne nous considérons pas comme étant des hors la loi. Il y a eu une première annonce qui avait été faite pour le 12 juillet. Au sortir de cette annonce, nous avons rencontré les autorités compétentes et nous avons fait preuve de compréhension. Elles nous ont dit qu’effectivement, elles comprenaient l’urgence de ce que nous présentions comme doléances, mais qu’il fallait que nous travaillions ensemble.

Nous avons travaillé avec l’Etat, nous avons tenu nos engagements, ils n’ont pas tenu les leurs.

Mike Jocktane : la liberté des cultes est un droit constitutionnel.

Que pensez-vous de la gestion de la pandémie de covid-19 par le gouvernement ?

Les Gabonais ont beaucoup souffert de cette crise. Les Gabonais ont payé un grand prix. Les Gabonais ont respecté autant qu’ils le pouvaient les mesures barrières, les principes de distanciation sociale.

Maintenant, je fais partie de ceux qui pensent que cette crise aurait pu être mieux gérée et qu’il y aurait pu y avoir plus de dialogue, plus de concertation.

 

Parlez-nous des capsules  ‘’Mike Jocktane en toute vérité’’.

Je m’adresse à tous les Gabonais, sans exception. Naturellement, pour recevoir mes capsules, il faut dans une certaine mesure en avoir exprimé le désir. Ça se passe au travers de mes pages sur les réseaux-sociaux. Il y a un lien sur lequel il faut cliquer.

Je parle sur tous les sujets  de la vie gabonaise. Mon objectif est de créer une nouvelle conscience qui emmène les Gabonais à la responsabilité et à l’engagement en faveur du changement. Parce que finalement le Gabon sera ce que nous, Gabonais, auront décidé d’en faire.

 

Que pensez-vous de l’inculpation du maire de Libreville et de certains de ses collaborateurs ?

Je ne peux pas me prononcer sur la culpabilité ou non de ces compatriotes parce que je ne suis pas en complicité avec eux et je n’ai pas suffisamment d’éléments pour juger. Mais ça me fait   quand même réfléchir sur la façon dont nous élisons nos maires, particulièrement les maires de Libreville. En politique, il doit y avoir une certaine moralité. Quand les Gabonais votent, ils doivent savoir pour qui ils votent. Ils doivent savoir pourquoi est-ce qu’ils doivent voter pour cette personne. On s’est retrouvés avec une élection de listes. Le PDG (NDLR, Parti démocratique gabonais) ne nous a jamais dit, qui serait le futur maire de Libreville, aucun projet n’a été présenté.

Mike Jocktane : les Gabonais doivent savoir pour quel maire ils votent.

C’est de l’immoralité. Après que les conseillers municipaux aient été élus, je ne sais même plus sur quels critères, on nous a présenté quelqu’un en nous disant, c’est celui-ci qui sera le maire de votre ville.

Quelques années plus tard, il semblerait, sur la base des accusations qui sont portées, que son programme, c’était le siphonage des deniers publics. C’est inquiétant. C’est extrêmement grave.  Si nous faisons de la politique, il faut qu’il y ait une certaine moralité. La fin ne justifie pas les moyens.

 

Serez-vous candidat à la présidentielle de 2023 ?

Nous sommes en 2020. 2023, c’est dans 1000 jours, du moins, la période à laquelle les élections  devraient normalement avoir lieu, si le calendrier institutionnel est respecté. Je pense que c’est un peu tôt.

Naturellement, j’entends les sollicitations de beaucoup de mes compatriotes. Je réfléchis. Je prie pour avoir une orientation claire, une direction claire de ce que je devrais faire. Ce qui est claire, c’est que le moment venu, j’aviserai et je dirai quelle est ma décision sur la question.

Propos recueillis par A.E

Retrouver l’intégralité de l’entretien sur Gabon Actualité TV