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vendredi 25 septembre 2020

Violences post-électorales : la CPI relance le débat

La première chambre préliminaire de la CPI veut relancer le dossier autour des violences post-électorales d’août 2016. Une décision qui ne laisse pas les parties adverses indifférentes.


Août 2016, janvier 2020. Près de quatre ans que les démons du passé, liés aux conséquences désastreuses de l’élection présidentielle controversée de 2016 continuent de hanter le Gabon. Et pourtant, en 2018 à la suite de nombreuses procédures de terrain, Fatou Bensouda, la procureur de la Cour pénal Internationale (CPI) avait notifié l’arrêt de toutes procédures judiciaires en direction du Gabon et liées à cette période.

Pour elle, les conditions juridiques pouvant justifier l’ouverture d’une telle enquête n’étaient pas remplies. « Après un examen minutieux des informations recueillies, il n’y a pas de base raisonnable pour croire que les actes commis à l’époque constituent des crimes contre l’humanité » notifiait Fatou Bensouda dans un communiqué.

Alors que la procureure, Fatou Bensouda avait écarté toute possibilité d’ouvrir une enquête sur les exactions commis lors de cette élection présidentielle, au regard de l’impertinence des éléments incitant à une action judiciaire internationale, la première chambre préliminaire de la CPI refuse de son côté, de clore définitivement l’affaire.

S’étant saisi du dossier, celle-ci n’écarte pas la possibilité de le relancer. Une décision d’autant plus surprenante qu’elle suscite des interrogations au Gabon. A qui profitera cette nouvelle enquête quand on sait que le Gouvernement et l’opposition avaient chacun de son côté, saisi la même juridiction, s’accusant mutuellement d’avoir commis des crimes qualifiables de « crime contre l’humanité » ? Si donné une réponse à cette question paraît pour l’instant un exercice impossible, une chose est sûre, c’est que cette saisine relance le débat autour des exactions de 2016.

Mis à part dans la presse, notamment à cause des récentes rencontres entre l’Union européenne (UE) et le Gouvernement autour du dialogue politique intensifié, visant à trouver un consensus pour l’indemnisation des familles des victimes, la question des violences de 2016 n’était plus à proprement parlé d’actualité au Gabon. La clôture du dossier par la procureure Fatou Bensouda, avait douché tout espoir du côté des parties, alors que nombre des Gabonais attendaient de manière ferme la décision de la CPI.

Aujourd’hui, même si l’UE et le Gouvernement gabonais se sont engagés dans une démarche d’indemnisation, peu de personnes accordent de l’importance à cette démarche. Le forfait étant consommé depuis longtemps. En reprenant en main cette affaire, la première chambre préliminaire de la CPI relance le débat. Et du côté de l’opinion, ils sont nombreux à penser que cette démarche n’est pas fortuite.