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Soupçon de détournement au CHUO 

314 millions de FCFA auraient disparu des caisses du Centre hospitalier universitaire d’Owendo. L’affaire fragilise la directrice générale du CHUO qui clame son innocence. Elle pose aussi de nombreuses questions.

Le fait n’est pas nouveau dans l’administration publique gabonaise : un haut fonctionnaire cité dans une affaire de détournement de fonds. la directrice générale du Centre hospitalier universitaire d’Owendo, Dr Elyse Eyang Mba est visée par une plainte de détournements de fonds provenant des prestations de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et de prothèses orthopédiques dont la réception n’a pas suivi le processus normal de procuration. La plainte a été déposée par un collectif de médecins et infirmiers de la structure hospitalière.

Mise en liberté provisoire, par les autorités judiciaires, Dr Eyang Mba a apporté un démenti au cours d’une réunion de mise au point convoquée le 27 octobre par le ministre de la Santé, Guy-Patrick Obiang Ndong. Elle se reconnait pas dans ces allégations, n’étant pas gestionnaire des fonds mis à la disposition de l’hôpital. « Sur des ragots, on emmène quelqu’un en justice sans vérifier l’état réel des faits. La responsabilité pécuniaire revient à l’agent comptable, je ne sais comment je peux détourner 300 millions d’un compte dont je n’ai pas la signature », a-t-elle affirmé.

Honorabilité

Une version soutenue par le président du conseil d’administration, Léonard Assongho. Il affirme que la première personne à interpeller, c’est l’agent comptable. « L’Etat a tellement bien fait les choses qu’il a mis dans chaque structure une agence comptable qui est chargée  de la gestion des fonds de ces structures », a-t-il indiqué.

L’agent comptable assure pour sa part, n’avoir pas encore perçu la ristourne liée aux prestations de la CNAMGS, mise en cause.  « Je n’ai que la subvention de 255 millions de Fcfa, mais je n’ai pas les 300 millions de la CNAMGS », a-t-elle affirmé en présence du ministre.

La réunion qui apparaît pour d’aucun comme une volonté de la tutelle de vouloir dédouaner la directrice générale de toute responsabilité est très mal perçue. Elle interroge sur l’intérêt de la démarche du ministre de la Santé.

Marc Ona Essangui estime en effet que dès lors que le dossier a été transmis aux autorités judiciaires, « ce n’est plus l’affaire du ministre. (…)  On ne peut pas communiquer là-dessus, on porte atteinte à son honorabilité et c’est un juge qui doit suivre le dossier. »

Cabale 

C’est le cas des explications faites au cours de la rencontre convoquée par le ministre de la Santé.  « L’agent comptable n’est pas un OPJ, l’agent comptable fait partie des gens à auditer dans le cadre d’une enquête. Si il y a vraiment détournement, le processus voudrait que la cour des comptes constate qu’il y a détournement, et qui de droit se saisit du dossier, jusqu’à preuve du contraire. Et si la cour des comptes ne rend pas compte, c’est au juge d’instruction de suivre le dossier et c’est lui qui décide si il y a mandat de dépôt ou pas », relève un observateur de la vie politique.  

D’autres n’excluent pas la possibilité d’une cabale contre la directrice générale du CHUO. L’un d’eux exprime clairement sa méfiance face aux allégations de détournements dans l’administration publique. « Parfois ce sont des diffamations pour faire tomber une personne. On n’a pas besoin de ça. Si on ne veut plus de la personne, on peut la remplacer normalement, et ça ne vaut pas seulement pour cette affaire » a-t-il relevé.

A ce qui se semble,  jusqu’alors rien ne permette de remettre en cause le fait de détournement. Dr Elyse Eyang Mba serait-elle victime d’une kabbale ? Plusieurs points d’ombre subsistent dans cette affaire qui met de nouveau en lumière la gestion opaque des structures hospitalières publiques. Il revient désormais à la justice de faire la lumière sur le dossier.