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dimanche 26 septembre 2021

Dépravation des mœurs : une jeunesse en question

La toile a été inondée le week-end par des images d’élèves de plusieurs établissements en uniforme exhibant leurs postérieures. D’autres allant jusqu’à exhiber leurs seins. Au-delà du choc et de l’indignation, ces images font débat.

 

Le twerk dance. C’est la danse exécutée par plusieurs élèves des établissements de la capitale diffusée le week-end à travers les réseaux-sociaux. Ce qui aurait pu se limiter à un banal challenge d’un pas d’une danse moderne populaire, selon les amateurs, s’est transformé en une véritable démonstration de sextape.

Sur l’une des vidéos, on voit quatre jeunes filles vêtues de l’uniforme du lycée Ndjoué Dabany se trémousser en exhibant de façon très vulgaire leurs poitrines dénudées. Le délire pourrait d’ailleurs leur couter très cher. La réaction du ministère de l’Education nationale n’a pas tardé. Il invite « les chefs d’établissement dont les élèves sont concernés par ces vidéos à appliquer sans délais les mesures disciplinaires qui s’imposent ».

Des conseils de disciplines ont d’ailleurs débuté dès lundi afin de statuer sur les sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion. Certains parents des jeunes filles du lycée Djoué Dabany sollicitent la clémence. « Les enfants ont fait une bêtise, tout le monde le sait. Mais ce sont nos enfants, ils n’ont peut-être pas pesé la gravité de ce qu’ils ont posé comme acte. Pour ces enfants-là, nous demandons une sanction clémente sachant que ce sont des élèves des mineurs en même temps », a déclaré un parent d’élèves au terme d’une rencontre avec les responsables du lycée.

Démission

L’histoire fait débat. Plusieurs personnes se sont limitées à jeter l’anathème sur l’Etat, le président Ali Bongo Ondimba, voire même les enseignants.

S’il est vrai que  le déficit en infrastructures dans le secteur éducation au Gabon est bien réel, il est d’autant plus vrai que les valeurs qui fondent la société ont été reléguées au second plan, par la société toute entière. L’Education civique fait désormais partie des nombreux slogans sans aucune substance. Sur ce pan, l’on peut sans hésiter affirmer que toute la communauté éducative gabonaise a échoué. 

« Il faut que la société se mette à aider l’école plutôt que de lui demander de la réparer.  Nous savons que l’école est le reflet de la société. Avant notre société avait des valeurs à peu près communes à tous. Est-ce que ces valeurs sont enseignées dans les écoles ? », s’interroge le syndicaliste Marcel Libama. Il reconnait que « ces vidéos ont le mérite de nous montrer l’état réelle de notre société.  Les premiers responsables, c’est nous les adultes. La jeunesse est abandonnée à elle-même voilà le résultat. »

D’autres affirment que la cellule familiale ne joue plus son rôle. Pour preuve le  niveau de délinquance est en constance augmentation. « Les enfants font tout ce qu’ils veulent. Les parents ne surveillent plus la scolarité de leurs enfants, les enfants vont à l’école quand ils veulent, alors qu’autrefois avec notre génération ce n’était pas le cas », affirme un père de famille, «  il faut que les parents prennent consciences. Ils doivent être plus sévères, et surveiller leurs enfants. On accuse l’état, c’est vrai. Mais les parents à la maison qu’est-ce qu’ils font. Voilà le véritable problème de la jeunesse aujourd’hui. »

Silence coupable

La sociologie classe les facteurs de la délinquance juvénile en trois grand groupes, notamment la psychologie même de l’adolescent et la fragilité qui caractérise ce stade du développement humain, les facteurs familiaux ; les facteurs sociaux et économique. La montée d’adrénaline qui caractérise ce stade de la croissance n’est donc pas anodine. 

Sauf qu’Gabon, il ne se passe pas un mois sans qu’une scène de violence ou même d’abus de tous genres mettant en avant des adolescents ne soit relayés dans les médias. Ces faits qui pourtant devraient susciter un réveil à tous les niveaux de la société sont relégués au rang de la banalité.  Les seuls sujets qui suscitent la passion du plus grand nombre sont la conquête du pouvoir, le développement personnel, le paiement des émoluments pour les salariés et d’autres sujets du même genre.

Bases

Enseignant et animateur radio, Seif Mostley s’interroge sur la réelle portée du choix de l’exclusion comme principale sanction prise par le ministère de l’Education. « La sanction est le dernier recours dans une organisation normée. Des multiples commissions et directions qui existent sur les questions de jeunesse, jamais il n’y a eu des campagnes de sensibilisation. Quelles sont les offres saines proposées à cette jeunesse critiquée et mise à l’index ? », s’interroge-t-il.

On peut sans hésiter affirmer que les images relayées à travers les réseaux en fin de semaine dernière ne sont rien d’autres que le reflet d’une société en perte de ses valeurs. N’est-il pas temps que les acteurs de la société décident d’un commun accord d’offrir à la jeunesse gabonaise des bases solides ?