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Le succès des bistrots de fortune à Port-Gentil

Avec la fermeture des bars à cause de la crise sanitaire, des bistrots de fortune pilulent à Port-Gentil. Un commerce clandestin et juteux qui ne respecte pas les gestes barrières.

Boire un verre entre amis en cette période de confinement est une chose simple à Port-Gentil, grâce aux bistrots de fortune.

En dépit des mises en garde et des menaces de sanctions, brandies par le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, à quiconque se servirait de sa maison ou de sa cour pour en faire un bar de fortune, de nombreux compatriotes continuent d’acheter, pour les uns et de commercialiser pour les autres, des boissons sans être inquiétés. 

Pour s’approvisionner, certains vendeurs ont recours aux  pousse-pousse. A l’intérieur, les pousseurs peuvent y charger jusqu’à une dizaine de casiers. D’autres louent les services de proches. Ces derniers se rendent directement, en taxi, aux dépôts pour acheter les quantités commandées. Dans certains quartiers, des livreurs de boissons téméraires procèdent eux-mêmes à la livraison.

L’un d’eux estime notamment que « si on a pas demandé à SOBRAGA de fermer, malgré le confinement, c’est que nous aussi on peut continuer d’aller prendre la boisson et livrer ».

Phase communautaire

Le phénomène des bars de fortune s’observe dans toute la ville. Il met à mal le respect des mesures barrières. Les bars constituent des foyers à risques de contaminations massives. Certes, Port-Gentil n’a enregistré à ce jour que trois cas déclarés positifs au covid-19, mais dans l’ensemble du pays, la propagation de la pandémie à coronavirus en est à sa phase communautaire.

Le phénomène est connu des forces de sécurité. « Nous sommes la plupart du temps alertés par nos indics lorsqu’il y a un bistrot de fortune dans un quartier. Mais c’est déplorable, on trouve parmi les clients, des agents parfois en tenue », regrette une source policière.

Les difficultés de la police sont surtout causées par le manque de véhicules. Impossible dans ces conditions de faire respecter la loi dans les coins éloignés de la route. Et qui pourrait le faire ? La police serait en sous-effectif.  Il n’y a pas que les bars comme dossiers à régler pour les forces de l’ordre.

Aides sociales

Ainsi, au mépris du couvre-feu instauré par les autorités, les clients se faufilent nuitamment dans les quartiers, prenant même le risque de se faire braquer. « C’est pas facile pour nous de ne plus se retrouver entre amis pour partager un verre, pour rigoler et passer du temps ensemble », explique Constant habitant de Ngadi, « ça fait déjà partie de notre quotidien ».

Le goût du risque pour les clients ne s’explique pas que par l’envi de prendre une bonne bière. Certains buveurs clandestins désignent la lenteur de l’effectivité des mesures d’aides sociales décrétées par le président de la République dans la ville de sable. « Je vivais des revenus de mon bar. Mais il est fermé depuis là. Je ne sais pas comment m’en sortir avec les enfants et l’aide que le gouvernement a promis ne vient toujours pas », tente de se justifier une riveraine.

Pour d’autres cette situation est créée par les clients qui seraient « têtus ». « On les chasse pourtant, mais ils ne partent pas. Après on est obligé de les servir », explique une autre propriétaire de bar.

En effet, malgré l’augmentation du prix des consommations, les bars clandestins ne désemplissent pas.