Creativity

Innovation

Originality

Imagination

 

Salient

Salient is an excellent design with a fresh approach for the ever-changing Web. Integrated with Gantry 5, it is infinitely customizable, incredibly powerful, and remarkably simple.

Download
vendredi 3 décembre 2021

Port-Gentil/ covid-19 : patrouilles pédestres contre l’insouciance

Instauré pour lutter efficacement contre le coronavirus, le couvre-feu est difficilement respecté par les Portgentillais. Des patrouilles pédestres sont  initiées par les OPJ pour ramener l’ordre.

 

Presqu’ou pas présents sur le terrain, depuis l’effectivité du couvre-feu dans le cadre de la lutte contre le covid-19, les officiers de police judiciaire de la capitale économique gabonaise, instruits, semble-t-il, par leur hiérarchie ont déclenché une opération de « patrouilles pédestres » dans la ville de sable le vendredi dernier.

La mission qui vient en appui aux patrouilles régaliennes ou « check point » consiste, apprend t-on, pour les équipes mixtes « de la gendarmerie, de la police, de la marine nationale, et de l’armée de terre » constituées à cet effet, à se déployer « à pieds » dans « les quartiers chauds ». L’objectif étant « de s’assurer que le couvre-feu soit respecté de 18h à 6h du matin », explique une source policière.

Pour ce faire, des barrages sont visibles dans presque tous les carrefours dès 18h. Notamment du carrefour Cora- Wood au carrefour Forasol, en passant par le carrefour Asecna, Centre social et Château. Et, à la nuit tombée, les soldats écument les bas-fonds.

Misère

Ainsi, le week-end dernier, alors qu’ils n’étaient qu’à leur premier jour de patrouille, les OPJ ont eu du fil à retordre. Leur absence sur le terrain de nuit, a donné le champ libre aux réfractaires.  

Les multiples bistrots de fortune démantelés dans les coins les plus obscurs, le nombre de particuliers interpellés en état d’ébriété au volant des voitures laissent pantois sur le degré d’addiction des Marigovéens à l’alcool. Ce sont les mêmes qui crient pourtant « à la misère » à cause du confinement et de l’absence des mesures d’accompagnement promises par le gouvernement.

Du reste, les OPJ ont eu droit à des justifications diverses. Interpellé sans bavette au grand-village à près de 21h, Traoré affirme revenir « rendre visite à son enfant malade ». A bord d’une voiture, un groupe de compatriotes communément appelées « filles à blancs » sans bavettes, rentrerait d’une visite hospitalière de leur « maman malade » à plus de 20h. Florent Nguema, lui, sortirait sans bavette, du boulot à 19h passé et rentrait chez lui à pieds. Rencontré au tournant SEEG, il explique d’ailleurs que « c’est pas qu’on refuse de respecter les heures, mais regardez-moi, je travaille loin et quand je sors du boulot y a plus de taxi. Je suis obligé de marcher. Et si un agent me croise, il va dire que je suis en infraction ». Poyo, sans bavette, explique qu’il est dehors par ce qu’il est fauché. « Je ne peux pas rester à la maison, alors que je n’ai pas d’argent. Dehors, quelqu’un va toujours me faire un geste ».

Matériel

Dans certaines artères, l’on a même pu constater que des motels étaient ouverts. Mais aussi des services de restauration de rue qui ne font pas forcément dans la livraison à domicile, comme indiqué dans la mesure gouvernementale.

Toutes les raisons sont bonnes pour rester dehors.

Un chef d’équipe, déplore le manque de « responsabilité » des populations face à une pandémie aussi « dévastatrice », a confié que certains, appelé « bangando » se montrent mêmes « hostiles » à leur endroit. « Ils nous insultent et nous menacent », s’est-il insurgé.

Autant dire que ces patrouilles pédestres arrivent au bon moment quand le gouvernement martèle sur une prise de conscience collective pour sortir effectivement le pays de l’état d’urgence sanitaire. Mais la détermination des hommes en uniformes pourrait être freinée par des difficultés d’ordre matériel.