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Télé-enseignement / Mouguiama Daouda : ‹‹Il faut l’implication des parents.››

Crise sanitaire oblige, les élèves en classes d’examen suivent des cours à distance sur Gabon1ère ou via des plates-formes en ligne. Le ministre de l’Education nationale, Pr Mouguiama Daouda revient sur l’intérêt de cette nouvelle méthode et le rôle de chaque partie, en l’occurrence les parents.

 

Vous sortez d’une rencontre extraordinaire par vidéoconférence avec les ministres de l’éducation nationale de l’espace francophone. Que peut-on en retenir ? 

C’est une deuxième rencontre après celle du 27 mars, organisée par la conférence des ministres de l’Education nationale (Cofemen) de l’espace francophone et  le ministère de l’Education nationale de la République française. Ces rencontres ont pour  but de partager les expériences que chaque pays éprouve dans le contexte de la pandémie du covid-19 avec des répercussions dans le système éducatif.

Lors de la première rencontre, nous avons tous autant que nous étions constatés des similitudes dans les réactions et nous avons travaillé depuis un mois pour mettre en œuvre les stratégies et les partages d’expériences de bonne pratique. Il s’agissait donc de faire le bilan et voir comment on peut avancer ensemble étant attendu que les problématiques sont similaires dans tous les pays face à la pandémie du covid-19.

 

Pour le cas du Gabon,  vous avez mis en place un système de cours en distance. Où en êtes-vous ?

Nous avons en deux semaines  lancé le télé-enseignement et nous allons bientôt pour les populations qui n’ont pas accès à la télévision et au numérique mettre en place un système de diffusion des contenus pédagogiques via des cahiers d’exercices conçus spécifiquement pour l’enseignement à distance.

Ces stratégies que nous éprouvons au Gabon, nous avons pu constater que  les autres pays les mettent également en pratique. D’une manière générale, on a des réponses identiques pour les mêmes problèmes. C’est un bon signe qui prouve que nous sommes sur la bonne voie. Donc, les réponses qu’on va y apporter et qu’on a commencé à esquisser lors de cet échange-là vont probablement présenter des similitudes.

 

Il y a un certain scepticisme face à ce type d’enseignement.  Comment comptez-vous obtenir une plus grande adhésion ? 

On a toujours peur de l’innovation. Ce n’est pas propre au Gabon. Et vous aurez noté que le Maroc qui est quand même un grand pays en Afrique a révélé que les élèves ne suivent pas alors que 80 000 enseignants sont disponibles pour les suivre sur la plateforme numérique et qu’il y a peu d’intérêt au Maroc pour les cours en ligne.  On parle là d’un pays qui a une tradition.

Je constate également d’autres faits pour d’autres pays sur les nouvelles habitudes qu’il faut acquérir. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, par la force des choses, ça va se faire.

Nous allons créer les conditions de cette appropriation par les élèves, en communiquant mieux et en impliquant un peu plus les parents et les enseignants.  Dans la mise en œuvre du dispositif d’enseignement à distance toutes les parties doivent jouer leur rôle, de telle sorte que le système soit fiable et dynamique.

 

Y a-t-il une priorisation des classes pour les cours à distance ?

En parlant de la priorisation des classes d’examen. Nous avons également dans la mise en œuvre de l’enseignement à distance commencé par les matières scientifiques. Elles sont les plus difficiles. Mais, vous aurez remarqué que dès la deuxième semaine, nous avons déjà élargi et ouvert les disciplines qui n’étaient pas initialement prévues. On est passés de disciplines scientifiques, à l’histoire géographie, aux sciences économiques. Tout cela se met en place progressivement. 

 

Un mot pour finir Monsieur le Ministre ?

Sans les enseignants, il n’est pas possible que l’enseignement à distance, par le numérique, mais aussi par l’audiovisuel soit effectif. Il en est de même sans les parents. Chacun a son rôle à jouer dans ce système. Un parent doit savoir que son enfant doit passer un examen. Il doit lui faire la place pour suivre les cours à la télévision, plutôt que de conserver des créneaux horaires qui permettent des films ou de séries.

Si on veut l’avenir de son enfant, on fait des efforts et sacrifices. Et ça, personne ne vient le faire à la place des parents. Évidemment, il y a des familles où il y a des parents qui sont moins instruits que d’autres. C’est de notre devoir,  avec l’aide de l’association des parents d’élèves (APE) de les identifier et de faire en sorte qu’on mette en place un dispositif pour les accompagner. Mais d’une manière générale, il faut l’implication des parents.

Et tenez-vous bien, les études ont montré que les familles dans lesquelles les parents sont moins instruits sont celles qui suivent au mieux les enfants. Donc ce n’est pas forcément une question d’instruction, mais de volonté d’accompagner ses enfants et de préoccupation de leur avenir. 

 

Propos recueillis par Gomez Mouss