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mercredi 24 février 2021

Union lesbienne à Makokou : 10 jours de prison pour les deux femmes

Au tribunal de Makokou, la première affaire de l’audience correctionnelle de jeudi concernait le ministère public contre Anzelé Patricia et Benga Obaghé Catherine. Les deux femmes ont défrayé la chronique en mettant en scène une union considérée comme un mariage entre personnes de même sexe. Elles écopent de 10 jours de prison ferme pour outrage public aux bonnes mœurs.


Jeudi 19 novembre. Il est 8 h 25, quant Patricia Anzelé et Catherine Benga Obaghé arrivent au tribunal de première instance de Makokou, en même temps que d’autres détenus. Les prévenus sont escortés par une dizaine de gardes pénitentiaires armés.

La salle d’audience est bondée. À l’extérieur, plusieurs dizaines de personnes attendent de voir l’issue de ce procès inédit. À 9 h 20, les magistrats font leur entrée dans la salle. Après la lecture des affaires à l’ordre du jour et l’appel des différentes parties, la présidente du tribunal fait appeler Patricia, Cathy, l’oncle de Patricia et la maman de Cathy. S’en suit un long jeu de questions réponses. La présidente demande à Patricia de relater sa relation avec Cathy, le déroulement de la fameuse cérémonie chez les parents de Cathy, la symbolique de la bague, du baiser et des biens remis aux parents de Cathy.

Inquiète et terrorisée, Patricia se lance avec une voix nonchalante. Sa rencontre avec Catherine remonte à huit mois. Cette dernière habite non loin du lieu de travail de Patricia. << Un jour, je l’ai entendue se lamenter qu’elle voulait avorter suite à une relation qui n’a pas marché. >> Patricia déconseille à Cathy de mettre un terme à sa grossesse. La femme de 47 ans a elle-même des problèmes pour enfanter. Elle se propose pour prendre soin de Cathy et de sa grossesse. << Nous avons parlé plusieurs fois et elle a fini par accepter ma proposition. Elle est allée en parler à sa maman qui a demandé que mes parents et moi allions confirmer cet arrangement pour éviter tout problème par la suite. C’est ainsi que j’en ai parlé à mes parents et nous sommes allés voir les parents de Cathy un vendredi>>, conclut-elle.

Appeler à leur tour à la barre, les représentants des deux familles ont confirmé les propos de Patricia et Cathy, non sans demander la clémence du tribunal. Au terme de longues heures d’audience, le tribunal s’est retiré pour délibérer.

Article 251

En fin de compte, bénéficiant de circonstances atténuantes, Patricia et Cathy écoperont de 10 jours de prison ferme. La peine est couverte par les jours passés par les deux femmes en détention préventive. L’oncle de Patricia et la maman de Cathy s’en tirent avec 80 jours de prison avec sursis.

En guise de conseil au couple, qui finalement n’en est pas un, la présidente du tribunal a rappelé les règles et la loi. << Je vous conseille à l’avenir de bien garder en mémoire que votre vie privée n’intéresse personne. Nul n’a le droit de s’exposer comme vous l’avez fait. Cela s’appelle atteinte aux bonnes mœurs et c’est passible de prison. Maintenant, si vous voulez vous marier, il faudra attendre que le législateur fixe le cadre du mariage entre deux personnes de même sexe. Pour le moment, ce n’est pas encore le cas >>.

Ce n’est donc pas sur la base d’une relation supposée homosexuelle que Patricia et Cathy étaient poursuivie par la justice, mais plutôt en violation de l’article 251 du code pénal sur l’atteinte aux bonnes mœurs. Il leur était reproché d’avoir choqué l’opinion par la publication sur les réseaux sociaux des images de leur cérémonie qui avaient tout l’air d’un mariage entre deux femmes.