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vendredi 25 septembre 2020

Laurence Ndong : « La diaspora n’est pas divisée, elle est diversifiée »

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Enseignante-chercheure, femme politique et présidente du mouvement Debout Peuple, Laurence Ndong, fait partie des Gabonais de l’étranger en lutte contre le pouvoir à Libreville. La diaspora a rendu hommage aux morts des troubles post-électoraux de 2016. Laurence Ndong revient sur cette initiative et sur les différents courants au sein de l’opposition basée à l’étranger. Elle s’exprime également sur la nomination d’une femme au poste de premier ministre. « Il s’agit d’un non-événement ». Dans le viseur de l’opposante prime le combat contre le règne du Parti démocratique gabonais avec à sa tête le Distingué camarade président et Président de la République.

Vous avez annoncé le lancement du mouvement « 5 minutes pour la vie » de quoi s’agit-il ?

« 5 minutes pour la vie », n’est pas un mouvement, mais une initiative visant à rendre un vibrant hommage à nos compatriotes lâchement assassinés le 31 août 2016 et à tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de la dictature qui est à la tête de notre pays depuis 53 ans.
Nos martyrs sont morts pour nos vies. Ils se sont sacrifiés pour nourrir notre espérance. Ils sont nos héros, ils sont nos modèles.

 

Vous faites partie de cette diaspora qui exige le départ du pouvoir d’Ali Bongo. On est loin des grands rassemblements de Gabonais en 2016 et 2017 au Trocadéro contre le pouvoir en place. Aujourd’hui, l’opposition à l’étranger se fait plus remarquer pour ses divisions et ses querelles dans les réseaux sociaux. Comment peut-elle être efficace et crédible ?

Il n’y a pas que la diaspora qui exige le départ de Bongo Ondimba Ali et son régime. Ce départ est le vœu, le souhait et l’aspiration du peuple gabonais. Nos compatriotes, qu’ils résident au Gabon ou à l’étranger, aspirent au changement, à la liberté et au bien-être, et ils n’acceptent plus d’être privés de leurs droits à la démocratie et à la dignité.

Il n’est un secret pour personne que Bongo Ondimba Ali n’a pas été élu, qu’il s’est imposé à la tête du Gabon par la force et la violence. Le peuple, dans sa diversité, exige simplement le respect de sa souveraineté. Choisir ses dirigeants et pouvoir les démettre est un droit fondamental pour tous les peuples. Ne pas respecter la volonté du peuple clairement exprimée dans les urnes, est une violation de sa souveraineté et cela est inacceptable. On ne conduit pas la destinée d’un peuple contre sa volonté.

 » Nos martyrs sont morts pour nos vies. » capture d’écran.

L’une des principales caractéristiques des dictatures, c’est d’agir à huis clos. Le pouvoir en place au Gabon ne déroge pas à cette règle. Il s’emploie à faire taire toutes les voix divergentes. Comme si réduire le peuple au silence légitimait leur forfaiture et leurs exactions. Le nombre de prisonniers politiques et la recrudescence des enlèvements des leaders d’opinion, en sont les parfaites illustrations.

Vitalité et soif de pluralité

A défaut de pouvoir restreindre la liberté d’expression de ceux qui dénoncent ses déviances, le régime dictatorial à la tête de notre pays tentent de semer la confusion au sein de l’opposition et de la résistance. Ce que vous appelez des divisions sont davantage des divergences d’appréciation et de vue mais l’objectif reste le même. Il faut garder à l’idée que défendre une même cause n’implique pas qu’on appartienne nécessairement à la même organisation.

N’oublions pas que c’est la pensée unique qui est la base des régimes autocratiques et totalitaires. Lorsqu’Omar Bongo crée le Parti Démocratique Gabonais en 1968, il institutionnalise le parti unique avec pour objectif d’interdire la liberté d’association et d’expression au motif que tous ceux qui voulaient le bien du Gabon n’avaient pas d’autres choix que d’adhérer à son parti. Or, la liberté d’association est un droit fondamental. Les Gabonais ont le droit de créer librement autant d’associations et d’organisations qu’ils souhaitent selon leurs aspirations et leurs convictions.

La diversité d’opinions ou d’associations, les différences ou les nuances, alimentent et enrichissent le débat d’idées. Elles ne sont pas à confondre avec la division. La diversité n’est nullement synonyme de rivalité, encore moins d’adversité. Elle est une richesse et elle n’est pas un obstacle à l’unité.

Non, la diaspora n’est pas divisée, elle est diversifiée, elle exprime sa vitalité et sa soif de pluralité et c’est ce qui fait sa force.

 

N’est-ce pas plus facile pour vous de parler de dictature ou de « dénigrer votre pays, » pour citer vos adversaires, depuis Paris ? Les opposants ne devraient-ils pas mener le combat dans l’arène politique au Gabon à l’exemple de Jean Ping et d’autres ? Et ce malgré les tracasseries ?

Les Gabonais ont le droit de vivre où ils veulent. Vivre à l’étranger n’ôte en rien la légitimité que l’on a à se soucier de la situation de son pays et à se battre pour lui. S’engager pour défendre la démocratie, la liberté et l’Etat de droit n’est pas exclusivement réservé à ceux qui vivent au Gabon. De nombreux Gabonais vivent à l’étranger pour diverses raisons et de là où ils sont, ils se doivent d’être l’écho des voix que le régime étouffe et bâillonne. Ils sont les portes-voix de la souffrance de leurs familles et plus globalement de leurs compatriotes. Et cela n’est rien d’autres que du patriotisme.

Pour répondre à l’autre volet de votre question, je pense que parler de tracasseries, est un euphémisme. Disons clairement les choses en qualifiant les faits. Ce que vous appelez tracasseries, ce sont des atteintes aux libertés, des arrestations et des détentions arbitraires comme celles dont ont été victimes plusieurs de nos compatriotes. On peut citer entre autres, l’exemple de Landry Amiang Washington, arrêté dans la zone internationale de l’aéroport Léon Mba et détenu arbitrairement pendant près de 4 ans pour avoir dénoncé les méfaits du régime.

Est-ce normal que des citoyens subissent ce que vous appelez des tracasseries et que moi j’appelle des violations de droits et qu’ils soient ainsi maltraités pour avoir exprimé leur opinion ?

Inversion des rôles

Et pourquoi serait-il plus facile de parler de l’étranger ? C’est précisément parce que la dictature au pouvoir ne respecte pas la liberté d’expression, bafoue toutes les libertés fondamentales. Quel intérêt y aurait-il à aller se jeter dans la fosse aux lions au Gabon quand on est utile pour la lutte en étant en liberté à l’étranger ? Aujourd’hui, le pays compte un nombre important d’exilés politiques du fait de la violence et de la barbarie de la dictature au pouvoir. Fallait-il qu’au nom du courage, ils se laissent tuer ? Je ne partage pas cet avis.

Notre combat est un combat d’idée, nous le menons pour défendre des principes et des valeurs. A ce titre, l’action de tous ceux qui sont épris de justice, de démocratie et de liberté est pertinente, et ce, qu’ils se trouvent au Gabon ou à l’étranger.

Ne nous trompons pas, dénoncer les exactions de la dictature et les mauvaises conditions de vie infligées au peuple gabonais, ne peut pas être synonyme de « dénigrer son pays ». Se taire en situation d’injustice et face aux exactions de ce régime est une complicité et même une lâcheté. C’est corrompre le bon sens et tronquée la réalité. C’est inverser les rôles en faisant passer les bourreaux pour des victimes et les victimes pour des bourreaux.

Cela est très courant sous les dictatures. C’est ce qu’on appelle la transvaluation, l’inversion des valeurs. Agir contre la volonté du peuple ne déshonorerait pas le pays ? C’est la dénonciation de ce mal et exprimer son indignation et son opposition qui seraient un dénigrement ? C’est comme demander à une enfant victime d’inceste de se taire au motif qu’il faille préserver la dignité du violeur. On aggraverait le cas de la victime en protégeant son bourreau, qui pourrait ainsi continuer à perpétrer ses méfaits en toute impunité.

La situation dans laquelle ce régime a plongé notre pays est une honte. Le pays est rabaissé, humilié, bafoué par l’incompétence, l’inconséquence, l’incohérence, le mensonge, la corruption, la concussion, et les détournements de deniers publics. Nous avons l’impérieux devoir de dénoncer cela. Nous le faisons et nous continuerons à le faire.

File d’attente pour l’eau à Belle-vue 1 – Libreville

Tous les peuples qui sont respectés dans le monde, le sont grâce au rayonnement qu’ils donnent à leur pays dans le concert des nations. Les indicateurs sociaux de chaque pays sont disponibles et consultables par tous. Alors, vous trouvez que le Gabon est honoré quand il est classé parmi les pays plus corrompus d’Afrique ? Est-il honoré quand 80% de ce qu’il consomme vient de l’étranger ? Est-il honoré quand ses routes, lorsqu’elles elles existent, sont pires que des pistes d’éléphant ? Est-il honoré quand son système de santé est en déliquescence ? Est-il honoré quand son système éducatif a le taux de redoublement le plus élevé au monde, selon la Banque Mondiale, avec des années universitaires qui se chevauchent ? Les années universitaires 2018-2019, 2019-2020 ne sont pas terminées et la rentrée scolaire 2020-2021 est programmée pour le début du mois de novembre prochain.

 

En 2016, vous aviez décidé de faire confiance au candidat Jean Ping. Quatre ans après, qu’en-est-il, lorsqu’on sait que pour plusieurs de vos frères d’armes, la page de 2016 est désormais tournée.

Depuis l’avènement du multipartisme, les Gabonais dans leur majorité, n’ont jamais accordé leur suffrage à un Bongo Ondimba, qu’il se prénomme Omar ou Ali. En 1993, ils avaient voté massivement pour Paul Mba Abessole, en 1998 et 2005 pour Pierre Mamboundou, en 2009 pour André Mba Obame et en 2016 pour Jean Ping. A chaque fois, la dictature s’est maintenu au pouvoir par des coups d’Etat militaro-électoraux.

Notre priorité, c’est la libération de notre pays, la mise à terre de ce régime dictatorial qui opprime notre peuple et viole sa souveraineté. Les élections présidentielles de 1993, 1998, 2005, 2009 et 2016 ne sont pas derrière nous. La volonté manifeste du peuple d’en finir avec cette dictature, lors de ces échéances électorales, n’a jamais tari. Chaque dictature étant « génétiquement » incapable d’amélioration ou plutôt étant programmée pour empirer, la libération du Gabon est une urgence absolue.

Rose Christiane Ossouka Raponda, lors de sa déclaration de politique générale.

En juillet dernier, Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée Premier Ministre. C’est la première femme à occuper ce poste. Comment interprétez-vous cette nomination ?

Comme je l’ai dit dans l’interview que j’ai accordée à vos confrères de la Voix de l’Amérique le jour même de cette nomination, il s’agit d’un non-événement. Au Gabon, des femmes occupent des postes importants depuis bien longtemps. Une femme est à la tête de la Cour Constitutionnelle depuis près de 30 ans, une femme préside le Sénat et une femme a été Présidente de la République par intérim mais Présidente de la République quand même. Cela n’a eu aucun impact positif sur la vie des Gabonais. Ces femmes n’ont pas été distinguées à la faveur de leur genre ou de leurs compétences, mais pour leur loyauté et leur connivence avec le régime dictatorial qui est assis sur la prédation des ressources du Gabon au profit d’une minorité.

Au demeurant, Mme Ossouka Raponda a livré les coulisses de sa nomination par ses remerciements, particulièrement appuyés, à Sylvia Bongo-Valentin pour son rôle dans sa nomination. Jamais l’épouse d’un dictateur n’avait été aussi solennellement remerciée dans une cérémonie officielle marquée par le sceau des exigences constitutionnelles. Il fallait, bien évidemment, honorer celle qui assure en toute illégalité la régence à la tête du Gabon et apporter la preuve publique de l’allégeance à cette dernière.

 

Madame le Premier Ministre a fait sa Déclaration de politique générale le vendredi 04 septembre, qu’en avez-vous retenu ?

Pas grand-chose si ce n’est une litanie d’incongruités, d’incohérence et de mensonges.


Madame Ossouka Raponda ne décide d’ores et déjà de rien, même pas du contenu approximatif et superficiel de son propos devant les députés, encore moins de la prévisible inaction de l’équipe qu’elle est chargée de conduire et qui du reste, a déjà fait ses preuves en inconséquence et en incompétence sous l’autorité de son prédécesseur.


Gouverner c’est prévoir, anticiper, planifier, agir, évaluer, améliorer. C’est cela la responsabilité. Ce n’est pas promettre, mentir, interdire, opprimer, délaisser, déconstruire, travestir, voler et violer. Cela, c’est de l’irresponsabilité et c’est la panacée de l’offre politique de Madame Ossouka Raponda au service de la dictature. Voilà ce qui est à retenir de cette déclaration de politique générale.

Propos recueillis par E. A

Crise sanitaire et journée du drapeau

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Célébrée le 9 août, la journée nationale du drapeau n’a pas échappé aux contraintes  liées à la crise sanitaire. Pas de cérémonie officielle. C’est de manière virtuelle que le président Ali Bongo Ondimba a réaffirmé son attachement aux valeurs de la nation.

En rapport avec la pandémie de covid-19, c’est sous le thème : « Citoyenneté nationale, civisme et santé publique » que l’édition 2020 de la journée nationale du drapeau a été commémorée le 9 août. Loin d’être une simple thématique, la norme sanitaire de mesures barrières a également donné le rythme à la commémoration de cette onzième édition.

Cette fois, le gouvernement n’a pas eu droit au traditionnel cérémonial d’allégeance au drapeau autour du président de la République, au palais du bord de mer. C’est donc à sa manière que chacun a réaffirmé son attachement aux valeurs de la nation.

Le président Ali Bongo Ondimba a pour sa part donné le ton de manière virtuelle. Dans un  message sur sa page Facebook, il a affirmé que le drapeau est « l’incarnation de notre identité et de nos valeurs ; le symbole de notre unité et de notre indépendance ; un lien entre le passé, le présent et l’avenir », et insisté sur l’obligation de « l’honorer en toutes circonstances, même les plus exceptionnelles, car il est comme la flamme qui fait vivre le feu : celle de la passion pour la Patrie ». « En ce dimanche 9 août 2020 au #Gabon, soyons fiers de notre drapeau ! », a-t-il incité.

Dans plusieurs localités, des responsables politiques et administratifs ont également marqué cette commémoration par la symbolique de la levée des couleurs et la sensibilisation sur la notion de citoyenneté nationale. Mais surtout l’intérêt de manifester son patriotisme dans ce contexte de crise sanitaire à travers le respect des mesures gouvernementales de riposte contre la covid-19.

Ali Bongo Ondimba : le drapeau, un lien entre le passé, le présent et l’avenir.

Symboles

Le ministre de la Culture, Michel Menga m’Essone a, dans son discours de circonstance, expliqué la symbolique du thème. « Chaque gabonais est donc interpellé à améliorer son comportement dans l’intérêt de tous et de chacun. Au regard de tous ces dangers, le drapeau national apparaît encore plus comme le véritable catalyseur de l’unité, de la cohésion sociale et de la paix, afin qu’aux yeux du monde et des nations amies, le Gabon immortel reste digne d’envie. »

La journée nationale du drapeau, a été instituée le 2 décembre 2009 par le président de la République. Elle permet aux Gabonais de réaffirmer leur attachement aux valeurs de la nation et leur appropriation des symboles républicains par l’incitation au patriotisme et au renforcement du civisme.

Covid-19 : Ali Bongo prône la solidarité continentale

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Ali Bongo Ondimba, a pris part à la réunion du bureau de l’Union Africaine avec les présidents des communautés économiques régionales d’Afrique.

Définir des stratégies de mobilisation de fonds auprès des institutions financières internationales et les partenaires au développement en vue de soutenir la lutte contre le covid-19 en Afrique. C’est le principal objet de la réunion sous-régionale, à laquelle a pris part jeudi, par visioconférence, le président  Ali Bongo Ondimba.    

La rencontre initiée par le président de la République d’Afrique du Sud, président en exercice de l’Union Africaine, Cyril Ramaphosa, a été l’occasion pour les cinq envoyés spéciaux désignés par le président de l’UA, de faire une restitution de leurs échanges avec les chefs d’Etat des communautés économiques régionales.

Selon la communication présidentielle, au cours de cette réunion Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC, a au nom de ses pairs, salué les efforts consentis au plan continental par l’Union Africaine, singulièrement dans les négociations menées avec la communauté internationale, pour permettre aux États d’obtenir des allègements de dettes.

Il s’agit des fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes, mais aussi des prêts à taux zéro, ainsi qu’un moratoire sur les dettes publiques.

Burundi

Ali Bongo Ondimba s’est également dit convaincu, que la mise en place d’une task force opérationnelle de l’Afrique sur le coronavirus peut assister le continent en termes de mesures immédiates à retenir pour la relance économique et le développement durable, afin de ramener les Etats sur la voie d’une croissance inclusive.

Il a de fait exhorté ses pairs dans le contexte actuel, à maintenir une chaîne de solidarité et faire preuve d’une réelle volonté politique dans les différentes démarches entreprises, pour obtenir les soutiens de la communauté internationale.

Enfin, le chef de l’Etat a présenté au nom des présidents de la sous-région et en son nom propre, les condoléances de la CEEAC au gouvernement et au peuple frère du Burundi, suite au décès du président Pierre Nkurunziza.

Décès de l’ancien premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet

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L’ancien premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet est mort dans la nuit du mercredi au jeudi. Plusieurs voix lui rendent hommage.

La nouvelle du décès de l’ancien premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a été relayée sur les réseaux sociaux. Le député du 1er arrondissement de Makoulou dans l’Ogooué-Ivindo a succombé, selon son entourage, à une crise cardiaque dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin.

En mai dernier, il avait été admis dans une clinique à la suite d’une crise d’asthme. Des proches avaient dû, alors, démentir toute hospitalisation liée au coronavirus. Il était en effet testé négatif au covid-19.

Hommages

Dès l’annonce de son décès, plusieurs personnalités lui ont rendu hommage et présenté leurs condoléances à sa famille. Le président Ali Bongo Ondimba a évoqué « un grand serviteur de l’Etat, doublé d’un patriote sincère qui aura consacré sa vie au Gabon et aux Gabonais.» A titre personnel, il « garde à l’esprit le souvenir d’un ami fidèle et loyal, dont le soutien n’a jamais fait défaut ». Pour  le premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, ancien collaborateur et ami du défunt, « le Gabon perd un digne fils ». « Emmanuel était un camarade d’université, un collègue du gouvernement et à l’Assemblée nationale, c’était un ami. Nous nous entendions bien. (…) Nous partagions les mêmes valeurs humaines et républicaines ».

D’autres ont salué son sens du service de l’Etat.

Plusieurs postes

Homme d’Etat, Emmanuel Issoze Ngondet est nommé premier ministre le 28 septembre 2016, au lendemain de la réélection d’Ali Bongo Ondimba. Poste qu’il occupe jusqu’au 12 janvier 2019. Nommé médiateur de la République en janvier, le député PDG de Makokou décline cette nomination et choisit de siéger à l’Assemblée nationale.

Né le 2  avril 1961 à Makokou dans l’Ogooué Ivindo, Issoze Ngondet obtient son baccalauréat en 1982. En 1986, il obtient une maitrise de Droit public et Science politique et en 1988, il sort de l’Ecole nationale d’administration (ENA) nanti du diplôme de conseiller des Affaires étrangères.

Il occupe ensuite plusieurs postes au sein de l’appareil d’Etat, dès 1988, notamment au sein du ministère des Affaires étrangères. De 2000 à 2010, il officie en qualité d’ambassadeur dans plusieurs pays, à l’instar de représentant permanent du Gabon auprès de l’ONU. Il rentre au Gabon en 2010, et devient ministre sous Ali Bongo Ondimba. Il occupe tour à tour les porte-feuilles de l’Energie, du Budget et des Affaires étrangères, avant celui de la Primature.

 

L’opposant Aba’a Minko encourt la prison à vie

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Pour avoir porté atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat par l’entremise de ce qu’il qualifie aujourd’hui de ‘’canular’’, l’ancien candidat à la présidentielle de 2016, Roland Désiré Aba’a encourt la peine de réclusion criminelle à perpétuité. 

Trois ans après son arrestation, Roland Désiré Aba’a Minko devrait très bientôt être situé sur son avenir carcéral. L’acteur politique et ses complices ont été présentés mercredi devant la cour criminelle spéciale. Ils sont poursuivis pour ‘’ association de malfaiteurs, atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, diffusion de nouvelles fausses ayant troublé la paix publique, incitation à la révolte contre les autorités de l’Etat, trouble contre la paix publique’’.

Des infractions sévèrement punies par la loi, tel que rappelé par le président de la cour criminelle, lors de l’audience. « M. Aba’a Minko, vous êtes poursuivi pour le crime d’atteinte à la sureté de l’Etat ; ce crime est décrit dans l’article 68 de l’ancien code.  Vous encourrez la peine la plus forte, la réclusion criminelle à perpétuité », a signifié le juge.

L’article 68 du code pénal stipule à cet effet  que « L’attentat dont le but aura été soit de détruire ou de changer le régime constitutionnel ou le gouvernement, soit d’exciter les citoyens ou habitants à s’armer contre l’autorité de l’Etat sera puni de la réclusion criminelle à perpétuité. Le complot ayant pour but l’un des crimes visés à l’alinéa précédent sera puni de la réclusion criminelle à perpétuité ».

Dans le cas Aba’a Minko, il doit son séjour à sans famille  à l’organisation, le 16 juin 2017 d’une opération commando visant à déstabiliser le pouvoir d’Ali Bongo Ondimda, parce qu’il s’opposait au verdict de l’élection présidentielle du 27 août 2016. Pour se faire entendre, l’opposant avait mobilisé plusieurs commandos dans plusieurs chaines de radio et télévisions locales pour la diffusion d’un message exigeant « dans un délai de 72 heures le départ d’Ali Bongo Ondimda du pouvoir et du Gabon », au risque de « transformer Libreville en une tache noire ».

La réalité

Face aux juges, le prévenu a pour la première fois expliquer les motivations de son acte qui, selon lui, n’avait pour seule objectif que ‘’ de concentrer toute l’attention du pays et de l’opinion internationale sur la situation politique du Gabon.’’

« C’était juste un canular politique que j’ai monté seul, et qui n’avait rien à voir avec la réalité », a-t-il affirmé, avant de se réjouir d’avoir atteint son objectif.

Le verdict de la cour criminelle spéciale est attendu dans les prochains jours.

948 Gabonais rapatriés

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Selon le ministère des Affaires étrangères, près de 1000 Gabonais bloqués à l’extérieur ont été rapatriés dans le cadre d’une opération lancée par l’Etat. 

C’est lors d’une conférence organisée mardi par son ministère, à la suite des critiques après le rapatriement de Gabonais  bloqués en France qu’Alain Claude Bilié By Nze a déploré ce manque de l’Etat. Le rapatriement des Gabonais intervenait dans le cadre d’une opération internationale lancée par le Gabon depuis début mai.

A ce jour, 948 Gabonais bloqués à l’étranger suite à la fermeture des frontières par de nombreux pays, à cause de la pandémie de coronavirus, ont été rapatriés vers le Gabon. Au total, l’Etat a dépensé plus de 862 millions de francs CFA pour cette opération.

Le Gabon avait le choix entre entretenir à hauteur de près d’un milliard de francs CFA et chaque mois, l’ensemble de ses ressortissants bloqués à l’étranger ou procéder à cette opération. Le choix a vite été fait, de façon à faire des économies. « Cette opération voulue et décidée par le président de la République, chef de l’Etat, Son Excellence Ali Bongo Ondimba aura été une grande première pour notre pays et pour l’ensemble des équipes qui y ont travaillé », a fait remarquer le ministre d’Etat.

Non sans omettre les manquements de son équipe dans le cadre cette opération, Alain-Claude Bilié-By-Nze a déploré le fait que tous les ressortissants gabonais bloqués à l’étranger n’ont pu être rapatriés. C’est le cas de ceux bloqués dans des pays lointains ou difficiles d’accès. Notamment : la Namibie, l’Inde, le Japon, la Suède, le Canada et les Etats Unis. « Nous déplorons de n’avoir pas ramené à la maison, les compatriotes isolés dans des pays lointains ou difficiles d’accès », a souligné le ministre sous forme d’excuse.

Nouvelles inscriptions

Ce constat ne signifie pas pour autant que ce dossier est fermé. S’agissant des ressortissants gabonais bloqués dans d’autres pays européens, notamment la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne ou l’Italie qui n’ont pas été pris en compte dans les deux phases initiales, le ministre des Affaires Etrangères dit tenter de trouver des solutions avec de prochaines rotations de la compagnie Air-France. « Nous pensons également à la douzaine des compatriotes qui n’a pu embarquer au départ de Paris, le 24 mai », a fait savoir le ministre.

Quant aux ressortissants gabonais qui n’ont pu faire partie des candidats à l’opération de rapatriement, ils devront rentrer au pays par leurs propres moyens.  « Il ne s’agit pas d’ouvrir des nouvelles inscriptions. Il s’agit de prendre en compte ceux qui s’étaient déjà inscrits et qui pour des raisons indépendants de leur volonté n’ont pu embarquer le 24 mai à Paris ».

Le geste d’Ali Bongo en faveur des soignants

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Lors de son discours télévisé, Ali Bongo Ondimba a rendu hommage aux soignants. Ils auront droit à une indemnité covid-19.  

 

Les efforts fournis par les personnels de santé seront récompensés grâce à la mise en place  d’une indemnité Covid-19. L’annonce a été faite par le président gabonais, Ali Bongo Ondimba lors de son discours à la Nation jeudi. 

Une indemnité spéciale a été créée pour récompenser les soignants.  Ils sont en première ligne dans la lutte contre le coronavirus. Leurs efforts  avaient  déjà fait  l’objet d’une demande exprimée par le syndicat national des professionnels de santé (SYNPS). Il avait brandit la menace de grève à travers un préavis adressé au premier ministre.

Attention particulière

Pour le président de la République,  la prime s’explique par le fait que les agents de santé font preuve de dévouement, en s’exposant aux risques de contagion à la pandémie. D’où l’importance de reconnaître le travail abattu parfois presqu’au sacrifice de leur vie.

«Je veux parler de tous les professionnels de santé qui font montre au quotidien de dévouement, de professionnalisme, d’abnégation au service des populations. Ils méritent toute notre reconnaissance. Nous leur devons gratitude et respect. C’est pourquoi notre attention toute particulière doit leur être portée, notamment en cette période de crise sanitaire aiguë », a-t-il indiqué.

Brillants médecins

Par ailleurs, Ali Bongo Ondimba s’est félicité de l’acquisition d’un nouveau laboratoire d’analyses, performant et inédit dans la sous-région, baptisé «Professeur Daniel Gahouma», en hommage au pionnier de la pédiatrie au Gabon, mort contaminé par le covid-19. Ce nouveau laboratoire peut réaliser jusqu’à 10000 tests covid-19 par jour contre 700/jour actuellement.

Le nom attribué au laboratoire a été l’occasion de rendre un hommage appuyé à toutes les familles endeuillées par la pandémie. « Je partage toute leur douleur et je leur exprime ma compassion. Qu’il me soit également permis de rendre un hommage tout particulier au professeur, Daniel Gahouma, pédiatre émérite, spécialiste reconnu,  qui a fait partie des générations des brillants médecins de notre pays».

Qualité

Le président est aussi revenu sur le système de santé qui fait souvent l’objet de critiques. «Tant à Libreville qu’à l’intérieur du pays, je puis-je vous assurer que notre système sanitaire est outillé face à cette pandémie qui est croissante. Toutefois, même si le virus continue de se propager, il est tout à fait prêt», a-t-il indiqué.

Selon le président Bongo, cela est dû à la qualité des infrastructures de santé dont dispose le pays, mais surtout à la qualité de ses hommes et ses femmes.

Gestion de la crise sanitaire : les notes de Boniface Assélé

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Le président du CLR salue les mesures du président de la République face à la pandémie du covid-19. Il remet, cependant, en cause leur mise en œuvre.

Comme plusieurs acteurs politiques, le président du Centre des libéraux réformateurs est resté silencieux depuis le début de la pandémie de covid-19. Le 11 mai dernier, Jean Boniface Assélé a enfin donné de la voix, au cours d’un point de presse. Il était axé sur l’action du gouvernement face au covid-19, notamment la mise en œuvre des mesures de riposte annoncées par le président de la République.

A la surprise générale, au regard de ses nombreuses sorties spectaculaires contre Ali Bongo Ondimba, M. Assélé, proche de la majorité au pouvoir, a particulièrement remercié le président de la République pour les mesures courageuses prises pour protéger au mieux les Gabonais contre la pandémie.

Par contre, le président du CLR se montre sévère envers les responsables qui mettent en musique les décisions présidentielles. Il pointe du doigt de nombreux dysfonctionnements. Il déplore aussi un certain laxisme. A cela s’ajoute un manque de vérité de la part des gestionnaires de la crise sanitaire. « Au Gabon, nous avons pris de très mauvaises habitudes qui sont devenues une seconde nature. Il faut que ça change. Car, pour aider le président de la République, il faut être franc et honnête avec lui », a-t-il fait remarquer.

Déclarations

En clair, Jean Boniface Assélé qualifie les décisions prises par Ali Bongo Ondimba de « franches, salutaires et volontaires ». Elles traduisent la détermination du président de la République à ne ménager aucun effort. Pour le reste, les autorités doivent revoir leur copie.  

La sortie de ‘’Tonton Associé’’ et la bonne note attribuée à Ali Bongo Ondimba, démontrent- à suffisance qu’il a décidé de mettre un peu d’eau dans son vin ? Les prochaines déclarations de l’oncle du chef de l’Etat seront édifiantes.