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Biens et finances publics : le Gabon se dote d’un organe de vérification et de l’audit

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

La gestion des biens et des deniers publics sera désormais regardée à la lettre. Lors du conseil des ministres du vendredi 14 août, le gouvernement a annoncé la création de l’Autorité nationale de vérification et d’audit. Un organe destiné à soutenir la bonne gestion de ces deux catégories d’actifs de l’Etat.

En annonçant la création de ce nouvel organe qui remplace celui du contrôle général d’Etat, le gouvernement n’est pas allé en profondeur de la volonté de renommer cet organe. Mais les deux missions reconnues à l’Autorité nationale de vérification et d’audit trace la voie de ce que seront les segments d’actions de la nouvelle entité. Vérifier l’usage des biens publics et auditer certainement les entrées et dépenses de l’Etat. Voilà l’horizon définit.

En effet, la « création de l’Autorité nationale de vérification et d’audit procède d’une volonté politique de doter le gouvernement d’un organe qui vient en appui aux institutions étatiques et veille à la bonne gestion des biens et des ressources financières publiques ». La gabegie financière, l’usage abusive des biens publics, véhicules de fonctions notamment, parc immobilier, la corruption et la lutte contre les détournements à outrance qui caractérisent la fonction publique gabonaise, voilà autant des domaines d’intervention que la nouvelle entité publique devra regarder de près.

Des services de l’Etat, aux collectivités locales en passant par les organismes recevant des concours financiers et matériels de l’Etat, le nouvel organe a pour objectif d’imposer une meilleure traçabilité de la gestion de ces deux catégories d’éléments. A ce titre, son caractère indépendant en dit certainement long sur ses missions. L’idée semble ici de lutter contre le gaspillage, la corruption et les détournements.

Des doutes

Petit bémol, cette autorité ne décharge pas l’Etat d’une quelconque dépense, mais pérennise bien au contraire celle-ci. Non, sans manquer de se frotter à des institutions déjà établies et chargées de veiller à la bonne gestion des actifs matériels et des finances de l’Etat. C’est le cas du ministère de la corruption, dirigé par Francis Nkéa ou encore de la célèbre Commission nationale de Lutte contre l’Enrichissement Illicite (CNLCEI).

Au sein de l’opinion, les critiques ne manquent pas de fustiger la création de cette nouvelle autorité. Geoffroy Foumboula Libeka, membre de la société civile, activiste très connu sur les réseaux sociaux pour son franc parler à l’égard du pouvoir gabonais s’interroge sur le bien-fondé de cet organe, alors que selon lui, un simple partenariat public-privé (PPP) aurait suffi. « Pourquoi pas un PPP avec l’Ordre National des Experts Comptables et Quid de la Cour des Comptes ?» s’est-il interrogé non sans manquer d’émettre des doutes sur la capacité des « auditeurs nommés par l’Etat » à être propres.

Lutte contre la corruption : la détermination des nouveaux commissaires

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Les nouveaux commissaires membres de la Commission nationale de lutte contre l’Enrichissement illicite se disent déterminés à faire triompher la lutte contre la corruption au Gabon. Elle passe aussi par l’actualisation des textes.

« Nous n’allons pas changer la roue, nous allons poursuivre le travail qui avait déjà été entamé par nos prédécesseurs pour faire triompher la lutte contre la corruption au Gabon. » Tel est le socle sur lequel reposera la tâche dévolue à la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI).

Quatre mois après le conseil des ministres du 29 mars qui a  marqué l’entrée en la matière de la nouvelle équipe, son président Nestor Mbou et ses collaborateurs ont une idée claire des actions qui devront rythmées leur quotidien.

Il s’agit notamment de procéder à la révision des textes qui réglementent l’activité de l’institution. Ils seront adaptés aux normes internationales, en l’occurrence à celles de l’Office des Nations Unies Contre la Drogue et le Crime (ONDC), un organe spécialisée et basé à Vienne en Autriche. Les acteurs concernés, eux seront sensibilisés en vue de faire prévaloir les règles d’éthique et d’intégrité et entreprendre la campagne de déclaration de biens.  

« Ce travail est en train d’être préparé et ensuite nous allons le lancer. Nous allons entreprendre la campagne de déclaration des biens. Chaque dépositaire de l’Etat sera astreint à une déclaration de ses biens, laquelle sera conservée au siège de la commission, » explique Nestor Mbou.

Selon le commissaire, le nouveau challenge vise à travers des pistes et des trajectoires de définir et mettre en œuvre les orientations stratégiques du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba,  en matière de lutte contre la corruption.

Officiers

La CNLCEI a vu le jour en 2003 grâce au soutien du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale. Elle a pour principale mission de prévenir et de réprimer de manière efficace la corruption et l’enrichissement illicite, au centre des maux qui plombent le développement au Gabon.

Ses dix membres sont nommés par décret du président de la République pour une durée de cinq ans non renouvelables. Ils bénéficient dans la pratique de leur mission des mêmes prérogatives et des mêmes moyens d’investigation que les officiers de police judiciaire (OPJ) et les agents des administrations douanières et fiscales.