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L’Etat va payer sa dette intérieure 

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Plus de 4,8 milliards de francs, soit 46% de la dette de l’Etat en direction des PME gabonaises seront débloqués dans les prochains jours par les services de la comptabilité publique et du trésor.

Une bouffée d’xygène pour les PME gabonaises en période de crise. Dans les prochains jours, la direction générale de la comptabilité publique et du trésor va procéder au paiement d’une partie des créances de l’Etat. Plus de 4,8 milliards de francs CFA, soit 46% de la dette intérieure publique seront décaissés.

Ils permettront de soutenir l’économie nationale fragilisée par la double crise sanitaire du coronavirus et celle du pétrole. Pour en arriver à cette décision, le ministère de l’Economie a dû avant tout déterminer le stock global de la dette intérieure pour en définir par la suite les modalités de paiement aaux réels bénéficiaires. En effet, le ministère s’inscrit désormais dans une logique de transparence en termes de payement de ses créances. « L’Etat ne payera que la dette avérée » aux entreprises. Ce dernier l’avait déjà signifié par le passé.

Baisse

Du fait du travail d’évaluation effectué en amont, les entreprises ont été divisées en deux segments : les petites créances regroupant les dettes inférieures à 100 millions de francs CFA et les créances plus lourdes. Pour cette énième opération de d’apurement de la dette au cours de l’année 2020, seul les entreprises comprises dans le premier segment seront soldées. Presque toutes les entreprises spécialisées dans les secteurs d’activités comme le génie civile, le BTP et bien d’autres sont concernées.

En mai 2020, lors de l’évaluation de la direction générale de la dette, l’encours de la dette affichait en 2019 une baisse de 3,0%. Cette opération de remboursement de la dette devrait agir sur la créance de l’Etat vis-à-vis du secteur privé et booster sensiblement la reprise des activités économiques en cette période critique.

Plan de relance de l’économie : le scepticisme de Mouyissi et Leckat

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L’économiste Mays Mouyissi et le juriste Harold Leckat ont ouvert le débat sur le bilan du plan de relance de l’Economie gabonaise 2017-2019. À quelques mois de l’échéance, ils estiment que les objectifs visés sont loin d’être atteints.

Dans leur exposé, l’économiste Mays Mouyissi et le juriste Harold Leckat rappellent tout d’abord le contexte qui a conduit à la mise en place d’un plan de relance de l’économie (PRE) 2017-2019 par le gouvernement gabonais et ses objectifs.

Il s’agit d’une stratégie triennale pour sortir le Gabon de la crise économique et sociale à laquelle il fait face depuis 2015. Une crise économique qui résulte principalement de la baisse des cours du pétrole intervenue à partir du 4e trimestre 2014. L’objectif principal étant de relancer l’économie nationale à travers la valorisation de nouveaux secteurs afin de rétablir durablement l’équilibre des finances publiques ; maitriser le niveau d’endettement public, réduire la pauvreté et améliorer le bien-être des populations.

Pour Mays Mouyissi et Harold Leckat, a quelques mois de l’échéance, les résultats escomptés son loin d’être atteints. Sur le plan économique, l’économiste indique que sur les 11 objectifs, seuls deux ont été atteints totalement : la réduction du déficit public qui est passé en dessous de la barre des 3% et le solde de la balance de paiement devenu excédentaire. « Nous avons un problème dans notre économie à cause de la façon dont les ressources sont gérées, » relève-t-il. 

Par ailleurs, deux autres objectifs ont été partiellement atteints, selon l’analyse de Mays Mouyissi, notamment le renforcement de la compétitivité des filières « moteurs de croissance » et la continuité de l’approvisionnement en eau et en électricité.

Proposition

Le regard du juriste Harold Leckat, par ailleurs directeur de publication du média en ligne Gabon Media Time (GMT) s’est accentué sur le plan social. Il dresse un tableau sombre de la politique sociale du gouvernement en matière de réduction de la pauvreté et d’amélioration du bien-être des populations. Il relève, entre autres,  l’échec de la création de 30 000 emplois, de la construction de 30 centres de santé de proximité à Libreville et Port-Gentil et la non-réhabilitation des trois universités publics. 

À travers cette présentation, les deux hommes veulent être des forces de proposition. Ils estiment à cet effet qu’il est encore possible de redonner un nouveau souffle à la politique économique du pays. Pour cela, plusieurs modifications doivent être intégrées dans le Plan de relance de l’économie, à savoir dégager des marges budgétaires pour renforcer les ressources publiques à l’investissement ; reconduire le programme avec le Fonds monétaire international (FMI) ; prioriser le remboursement de la dette intérieure ou encore limiter les dépenses budgétaires au montant des ressources propres de l’Etat.