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Les entreprises gabonaises n’ont pas encore recours au chômage partiel. Face à l’avancée de l’épidémie, ce dispositif est-il applicable par les autorités sans risquer de nombreuses faillites?     

Pour amorcer le choc lié au coronavirus, de nombreux pays ont annoncé une série de mesures destinées à alléger les charges dédiées aux populations et aux employeurs. Ces mesures qui interviennent dans un contexte économique mondial difficile marqué par la propagation du Covid-19, met en avant la volonté des Etats de soutenir les entreprises pour le paiement des salaires des employés, confinés à la maison.

En France, par exemple, les salariés seront indemnisés à hauteur de 80 % de leur salaire, s’ils sont dans l’impossibilité de se rendre à leur lieu de travail. C’est l’annonce faite par Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Pratiqué par l’Union Européenne, le chômage partiel demeure encore une chimère en Afrique.

Face à trois cas de personnes contaminées à ce jour, les mesures gouvernementales annoncées par le Gabon ne concernent pas encore les restrictions sur la présence des employés au travail. Pour le Dr. Prosper Metoughe Nang, enseignant-chercheur spécialisé dans les questions économiques « le chômage partiel est une mesure difficilement applicable au Gabon ». Le chercheur met en avant la crise sans précédent de 2014. Elle a réduit les capacités productrices de pétrole du Gabon, ses entrées fiscales et les mesures d’austérité imposées par la Banque Mondiale qui ont paralysé l’activité économique.

« Initialement, le chômage partiel est mis en place dans une entreprise qui est confrontée à une baisse ou suspension de son activité. Dans ce cas, elle cherche à diminuer le temps de travail des salariés ou à fermer ses locaux de façon provisoire, tout en assurant à ces derniers le versement d’un salaire minimum. Cependant, si la mise en chômage partiel émane d’une décision du gouvernement, pour des raisons de sécurité nationale, l’Etat devrait mettre en place les mesures d’accompagnement pour éviter à ces entreprises la faillite » souligne-t-il. Le chercheur fait remarquer que le Gabon ne s’est pas encore lancé dans cette voie.

Secteur informel

En France, environ 8,5 milliards d’euros ont été mobilisés par l’Etat pour soutenir les entreprises. Le Gabon a-t-il les moyens d’une telle politique ? Il va s’en dire que non. Il existe une prédominance du secteur informel qui pénalise l’identification des entreprises locales. « La majorité des entreprises locales ne remplissent pas les dispositions relatives à leur immatriculation au registre du commerce », fait constater le Dr. Prosper Metoughe Nang. Il craint que ce facteur ne rende difficile un soutien de l’Etat aux entreprises.

Pour le spécialiste d’économie « si l’évolution du Covid-19 amenait l’Etat à renforcer les mesures de sécurité et à un confinement des populations, les mesures d’accompagnement devraient être envisagées pour soutenir le secteur privé formel ».