Creativity

Innovation

Originality

Imagination

 

Salient

Salient is an excellent design with a fresh approach for the ever-changing Web. Integrated with Gantry 5, it is infinitely customizable, incredibly powerful, and remarkably simple.

Download

Lettre de Bertrand Zibi Abéghé à Rosario Bento Pais de l’Union Européenne

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Depuis la prison centrale de Libreville, Betrand Zibi Abeghe a adressé une correspondance à la représentante de l’Union Européenne au Gabon, Rosario Bento Pais. L’opposant affirme être victime d’un complot et sollicite l’implication de l’Union Européenne pour recouvrer sa liberté. L’ancien député PDG de Bolossoville avait été arrêté en  septembre 2016. Il a été  condamné à six ans de prison pour détention illégale d’armes à feu, instigation aux violences et voie de fait. 

Prison centrale de Libreville, le 11 mars 2021

– Au Chef de l’Union européenne

– Au Président des Etats-Unis, son Excellence Joe Biden

– Au Président Français, son Excellence Emmanuel Macron

– A L’Union africaine

– A Amnesty International

– A A.C.A.T

– A la Communauté internationale

– Au Peuple gabonais

Excellence Madame l’Ambassadrice Rosario Bento Pais,

C’est avec une joie immense que je vous écris cette lettre du fond de ma cellule à la Prison centrale de Libreville, où je croupis depuis la dernière élection présidentielle d’août 2016. J’ai été arrêté le 1er septembre 2016 après la longue nuit du bombardement du Quartier général du Président élu Jean Ping par un Commando, qui était conduit par Monsieur Leyinda Mathieu, alias Malone.

J’ai été, immédiatement, torturé, afin que j’avoue un supposé complot de coup d’Etat, une véritable machination montée de toutes pièces. D’après leur scénario, j’aurai réuni, à mon domicile, cinq (5) généraux des Forces de défense et neuf (9) individus. Des bandits instrumentalisés par eux-mêmes à qui j’aurai remis des armes de guerre et des uniformes militaires. Les procès-verbaux de cette infamie avaient déjà été écrits au préalable.

Mon refus d’accepter cette histoire nauséabonde m’a valu d’atroces tortures. Les neuf (9) bandits criminels, instrumentalisés par eux-mêmes, m’accusaient tous. Tous les faux procès-verbaux étaient, préalablement, écrits et il ne restait que mes aveux et ma signature. A la suite de mon refus catégorique de reconnaître cette infamie et de signer le procès-verbal, j’ai été gardé dans une cellule qui était en fait une fosse septique.

Ce projet de coup d’Etat n’a pas prospéré, parce que les dates mentionnées correspondaient à mon voyage en France et aux USA. Je n’étais pas au Gabon. Mais malgré mon innocence, j’avais subi les pires tortures.

Ensuite, j’ai été accusé d’une deuxième histoire aussi loufoque qu’invraisemblable. Un bandit, notamment connu des milieux judiciaires au Gabon, a été instrumentalisé par le pouvoir en place, pour m’accuser du fameux coup d’Etat, que j’aurai orchestré avec des criminels. D’après cet assassin, j’aurai participé à une séance de torture qu’il aura subie au quartier général du Président Jean Ping.

Malgré le fait que je n’avais jamais vu cet individu de ma vie et que je ne sache pas de quoi il parle. Malgré le témoignage de toutes les personnes citées dans cette affaire qui me disculpe. Tous les témoins cités par lui et son avocat m’ont tous innocenté. Aucun d’eux ne reconnait m’avoir vu ni de près ni de loin. Afin de m’accuser encore un peu plus, Mathieu Leyinda et son adjoint Darel Nze sont allés cacher une arme de guerre dans mon chantier.

« Ils ont, tout simplement, fait disparaitre les preuves »

Après une pseudo-fouille de cinq (5) minutes dans un vaste chantier, sieur Leyinda a retrouvé l’arme qu’il avait, au préalable, minutieusement, cachée dans mon chantier. L’arme trouvée dans mon chantier était une arme de guerre de type Kalachnikov avec un chargeur et cinq (5) balles à l’intérieur du chargeur.

Au tribunal, ce n’est plus la même arme qui est présentée au procès, le chargeur a disparu et il n’y a plus les cinq (5) balles. Savez-vous pourquoi ? Simplement parce que mon avocat de Paris et les autorités américaines (ma deuxième patrie) ont demandé l’expertise des pièces. Se sachant coincés, ils ont, tout simplement, fait disparaitre les preuves. Où est la justice dans tout cela ?

Excellence Madame l’Ambassadrice, mon histoire est similaire à celle de Suzanne dans la Sainte Bible au chapitre 13 du livre de Daniel, que je vous recommande vivement de lire.

Excellence Madame l’Ambassadrice, les Gabonais s’étonnent que depuis mon arrestation par les éléments de la Direction générale de la recherche (DGR) de la Gendarmerie nationale, mon dossier ne soit traité exclusivement (Gendarmerie nationale et Tribunal) que par des ressortissants d’une seule et même province à l’instar du Haut-Ogooué. Est-ce la seule province au Gabon qui a des compétences en matière judiciaire ? Pour ma part, je pense que non.

Excellence Madame l’Ambassadrice, je voudrais vous souligner que mes meilleurs amis sont du Haut-Ogooué, j’ai des enfants avec des femmes de cette charmante province, j’adore le peuple de cette formidable province et ses paysages sont féeriques.

Simplement que la dictature qui gère notre beau pays le Gabon depuis plus d’un demi-siècle a, malheureusement, pris cette belle province et tout son peuple en otage. D’ailleurs, c’est le Haut-Ogooué qui a payé le lourd tribut, en perdant ses plus valeureux fils. Des hommes qui faisaient la fierté de tout le Gabon et partant de toute l’Afrique. Je pense à Dieudonné Pascal Ndouna Okogo, dit Ndouna Dépénaud, au Lieutenant-Colonel Jean-Marie Djoué Dabany, à Alphonse Layigui Obeye, au Général Léon Ossiali Ongaye, au Capitaine Alexandre Mandza Ngokouta, à Aissa Toulekima, etc. Toutes ces personnes et bien d’autres sont tous morts, parce qu’elles voulaient le bien-être de tous les Gabonais.

« J’ai été plusieurs fois torturé »

Excellence Madame l’Ambassadrice, à la Prison centrale de Libreville, j’ai été plusieurs fois torturé en présence du Directeur de l’époque, le Général Paul Mitombo pour des faits totalement invisibles. Il disait agir au nom du Président Ali Bongo Ondimba.

La première fois, c’était à la suite d’un coup de fil passé par Carl Mihindou-Mi- Nzamba à son frère et ami Franck Ping, conversation interceptée par les services d’écoute de la Présidence de la République gabonaise. A la suite de ce coup de fil, qui ne me concernait en rien, j’ai été, sauvagement, torturé avec Carl et les autres résidents du quartier spécial « B », simplement parce que nous étions dans le même quartier. A la suite de cette mémorable bastonnade avec des gourdins, j’ai eu la clavicule fracturée. Faute de soins, la fracture a, malheureusement, mal cicatrisé. Je dois me faire opérer d’urgence, parce que cette partie du corps humain est très sensible.

Malgré cette fracture visible, à l’œil nu, je n’ai droit à aucun soin. Je n’ai même pas le droit de me rendre dans une structure hospitalière, pour y subir des examens et faire des radios. La deuxième torture et pas la dernière de ma série d’actes de torture à la Prison centrale de Libreville a été celle relative à la découverte de journaux de l’opposition (Echos du Nord, la Loupe, le Temps, Missamu, le Nganga, etc.). A la suite de cette découverte de simples journaux, mon nom avait été cité comme le propriétaire de ces journaux. Ce qui m’a valu non seulement une bastonnade mémorable, mais encore et surtout un changement de quartier. J’ai donc été envoyé au C/A, quartier des fous, où je suis resté près de quatre (4) ans.

Pourtant, la règle, à la Prison centrale, indique que celui sur qui on trouve l’objet saisi est puni. Dans le cas des journaux, j’ai payé un très lourd tribut. Avant Mitombo, les journaux étaient totalement autorisés à la Prison centrale de Libreville. C’est lui qui les a fait interdire, au point d’en faire un produit plus dangereux qu’une bombe atomique. Il ne faut surtout pas lire Echos du Nord, sous peine de vous voir torturer à mort.

Excellence Madame l’Ambassadrice, ma vie, depuis ma démission de mon poste de Député à Bolossoville en présence du Président Ali Bongo Ondimba, est devenue un véritable calvaire. Je suis persécuté à l’extrême.

« Nous sommes bien dans un complot politique »

Excellence Madame l’Ambassadrice, voici une preuve irréfutable de mon innocence. Le Ministre Francis Nkea Ndzigue, Avocat de profession et ancien Ministre de la Justice ; personnalité assermentée, ayant prêté serment non seulement devant le Président de la République, la Cour constitutionnelle, mais encore et surtout sur la Constitution de la République gabonaise, a affirmé devant plusieurs centaines de personnes, lors d’un meeting de la campagne électorale pour le compte de la Députation à Minvoul : « Ali Bongo Ondimba m’a nommé ministre de la Justice, pour que je sorte Bertrand Zibi Abeghe de prison. Il sortira bientôt, je vous le promets ». Cette vidéo de Francis Nkea Ndzigue à l’époque Ministre de la Justice est disponible sur (Youtube, Facebook, Whatsapp…).

Excellence Madame l’Ambassadrice, y aurait-il une preuve plus évidente et plus éloquente que cette vidéo de Nkea, qui parle clairement d’un complot politique ? Cette vidéo du ministre Nkea Ndzigue est une preuve irréfutable de mon innocence et de l’acharnement du régime dictatorial gabonais sur ma personne. NB. Je vous prie Excellence de regarder cette vidéo en présence d’un traducteur de l’ethnie Fang. Vous n’en croirez pas vos oreilles.

Excellence Madame l’Ambassadrice, d’autres faits et pas des moindres prouvent que nous sommes bien dans un complot politique ourdi par le pouvoir dictatorial gabonais. Comme en témoignent les propos d’une extrême gravité de sieur André Kemebiel (le bandit instrumentalisé par le pouvoir pour m’accuser). Il était longuement revenu sur le rôle qu’auraient joué Messieurs Arsène Emvouah (ancien aide de camp du Président Ali Bongo Ondimba), Luc Amvame, lui aussi ancien aide de camp du Président Ali Bongo Ondimba et surtout d’un certain Général du Mapane, Gaël Koumba Ayouné, d’après lui en présence de tous.

A la barre, il aurait affirmé que ces personnes auraient toutes joué un rôle déterminant dans son histoire. Comment des proches collaborateurs du Chef de l’Etat peuvent-ils être impliqués et associés à un personnage connu par toutes les Forces de l’ordre comme un multirécidiviste dans le milieu du grand banditisme ?

Autre chose curieuse et vraiment invraisemblable, Sieur André Kemebiel a le même avocat que le président de la République Ali Bongo Ondimba, en la personne de Sieur Aimery Bhongo-Mavoungou. Drôle de République.

« Vanité des vanités, tout est vanité »

Excellence Madame l’Ambassadrice, l’histoire récente de l’humanité nous enseigne qu’aucune dictature au monde n’a jamais perduré éternellement. Des exemples comme Nicolae Ceaușescu, en Roumanie, Saddam Hussein Abd al-Majid al-Tikriti, communément appelé Saddam Hussein, en Irak, Mouammar Kadhafi, en Lybie, Zine el-Abidine Ben Ali, en Tunisie, Mohammed Hosni Moubarak, en Egypte, Joseph-Désiré Mobutu au Zaire (République démocratique du Congo), Idi Amin Dada Oumee, en Ouganda, Jean-Bedel Bokassa, en Centrafrique, Blaise Compaoré au Burkina Faso, Yahya Jammeh, en Gambie…) n’ont pas réussi à vaincre leurs peuples respectifs malgré leur cruauté légendaire. La particularité de tous ces dictateurs est qu’ils se croyaient au-dessus de Dieu, le Créateur du Ciel et de la Terre.

Excellence Madame l’Ambassadrice, souvenez-vous du dictateur Francisco Franco, en Espagne. Il n’avait pas réussi à vaincre le peuple éternel d’Espagne. Tous ces dictateurs pouvaient, impunément, tailler sur mesure les Constitutions de leurs pays respectifs, tuer leurs populations et jouir de toutes les richesses.

Ils se prenaient tous pour des dirigeants indéboulonnables, voire des dieux vivants. La suite de leur fin de règne, nous la connaissons tous. Aujourd’hui, que reste-t-il de leurs noms ? De leurs familles ? Des nombreuses richesses volées et pillées à leurs peuples ? Rien du tout. « Vanité des vanités, tout est vanité », nous enseigne le livre de l’Ecclésiaste.

Alors, pourquoi autant de cruauté de la part du régime gabonais ? N’y a-t-il plus un seul sage au PDG pour dire stop ? Où sont les personnes sages du Haut-Ogooué, pour comprendre que ce régime entraîne, inexorablement, cette belle province et le Gabon dans un abîme ? Dans la famille Bongo, n’y a-t-il pas quelqu’un qui puisse comprendre que la voie empruntée par ce régime est une véritable impasse ?

Dieu merci, la belle province du Haut-Ogooué a quelques dignes fils et filles qui font la fierté de notre pays le Gabon, lesquels ont compris que ce qui se joue dans leurs terres et leur pays le Gabon est insupportable et inadmissible. Je rends, ici, un vibrant homme à ces dignes fils et filles du Gabon, qui, malgré toutes les menaces et intimidations, ont décidé de mettre le Gabon à l’abri de la peur. Je pense à Zacharie Myboto, Jean-Pierre Lemboumba Lepandou, Alfred Nguia Banda, Albert Yangari, François Banga Eboumi, Léon-Paul Ngoulakia, Chantal Myboto, Félix Bongo, Georges Bruno Ngoussi, Joël Ngouenini Ndzengouma, Isidore Djeno, Patrick Oyabi (génération Waze), Belinda Andjembe, Pascal Oyougou, Thibaut Adjatys, Greys Djenno, Joelle Mouho, Marcel Djabio, Gervais Amogho, Isaac John et surtout ce peuple altogovéen contraint au silence et tétanisé par la peur de cette dictature féroce et sanguinaire.

« Je voudrais retrouver mes adorables enfants »

Excellence Madame l’Ambassadrice, je voudrais simplement retrouver ma petite fille adorée Zoé, que j’ai laissée à deux mois et qui est maintenant une grande jeune fille allant à l’école. Je voudrais retrouver mes adorables enfants, qui sont privés de l’amour de leur père depuis trop longtemps. Je voudrais revoir les visages radieux de tous mes frères et sœurs et de tous les membres de ma famille et de tous mes amis et connaissances. Je voudrais prendre dans mes bras ma chère Marie-Claire Akule Obounou, une femme exceptionnelle, qui m’a donné l’amour du travail, l’esprit de famille, le courage dans les épreuves, le sens élevé de l’honneur et l’intégrité. Je voudrais chérir ma compagne qui m’a toujours apporté tout son amour et toute son affection durant ces cinq (5) dernières années. Je voudrais voir vieillir ma chère mère Akele Obounou, elle qui a tout donné pour ses enfants. Je voudrais revoir le visage de mon beau-père Alain Gerland, ce Français qui a abandonné sa France natale, pour venir vivre au Gabon avec sa charmante épouse Madame ma mère. Je voudrais revoir mon village Bouth Engasse. Je voudrais aller fleurir la tombe de mon défunt père Gaston Abeghe Zibi, qui a été un homme d’une douceur incomparable et d’un sens élevé de la famille, un homme de paix et de consensus, le pilier sur lequel nous nous reposions.

Depuis mon arrestation et mon incarcération, plusieurs personnes, se disant être envoyées par Ali Bongo Ondimba, sont venues me voir, pour me proposer des postes de ministre dans différents gouvernements depuis 2017. Pourquoi s’acharner à me voir dans un gouvernement d’Ali Bongo Ondimba ? A la suite de mes différents refus de faire partie d’un quelconque gouvernement, mes conditions, en milieu carcéral, se sont durcies. Est-ce une obligation de faire partie du Gouvernement ? Pour ma part, je ne désire qu’une seule chose : que justice soit rendue et que je recouvre ma liberté et ma vie. Par ailleurs, des sommes d’argent importantes me sont aussi proposées. Non, merci, cet argent appartient au peuple gabonais. Il en a plus besoin que moi.

Excellence Madame l’Ambassadrice, vous êtes une femme de conviction, une femme dotée d’un courage exemplaire, une femme d’un charisme et d’un sens élevé de l’honneur. Je sais que vous craignez Dieu et surtout que vous êtes contre toute forme d’injustice et de dictature. Vous êtes issue d’une noble famille, qui a su résister à la dictature cruellement sanguinaire du despote Francisco Franco, qui avait été, pendant près de quarante (40) ans (1936-1975) un dictateur sans cœur. C’est pour cette raison que je garde espoir que vous ne m’abandonnerez pas dans les griffes de cette dictature sanguinaire et que vous ferez tout ce qui est de votre possible, pour me sortir de prison.

L’Union européenne et la Communauté internationale doivent m’aider. Je suis innocent et l’Union européenne doit aider le Gabon. Il faut que l’Union européenne commence à penser aux sanctions contre ce régime sanguinaire et cruel qui nous tue, viole et pille sans vergogne toutes les richesses du Gabon. L’Union européenne doit mettre en marche les accords de Cotonou.

Excellence Madame l’Ambassadrice, vous ne devez plus vous contenter des paroles mielleuses à l’endroit de ce gouvernement. Agissez, avant qu’il ne soit trop tard. Dans l’espoir que ma lettre trouve un écho favorable auprès de vous, soyez un ange gardien pour moi-même et tout mon peuple. Je vous prie de croire en mon profond respect.

Bertrand Zibi Abeghe

Mone Essabdzang ya Bouth-Engasse

Mone Ngone Essaboak ya Momo

Affectueusement appelé le Gnamoro, l’Ivounda, le Ndjim, le Ndombaba, l’Okoulou, le Djadji, le Ndoss, le NKounkouma, le Répé, Dibal, l’As des As, Zambe.

Que le Dieu miséricordieux veille, éternellement, sur notre pays le Gabon.

 

Privat Ngomo interpelle Jean Ping

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

A l’orée des prochaines présidentielles en France et au Gabon, l’opposant Privat Ngomo interpelle Jean Ping. Dans une déclaration publique, il lui demande des comptes sur les « quatre années de négociations diplomatiques avec la France », pour récupérer le pouvoir qui lui aurait été volée à la présidentielle de 2016.

« La France, votre interlocutrice privilégiée, vous a-t-elle entendu ? Va-t-elle enfin prendre position en faveur de la souveraineté populaire que vous incarnez, ou laissera-t-elle perdurer la situation actuelle jusqu’en 2023 ? » En posant ces questions publiquement à Jean Ping, le 20 novembre, l’opposant Privat Ngomo, président du mouvement politique le NewPower, se présente comme le porte-parole de ceux qui l’ont mandaté à la présidentielle du 27 août 2016, en lui accordant leur confiance sur la base du projet de société « mettre le Gabon à l’abri de la peur et à l’abri du besoin.»

En effet, un peu plus de quatre ans après cette échéance politique, Privat Ngomo est de ceux qui croient qu’il est encore possible pour Jean Ping de récupérer la victoire qui lui aurait été ‘’volée’. Une victoire que l’opposant n’a jamais cessé de revendiquer à chacune de ses sorties médiatiques. Seulement, selon Privat Ngomo, les discours du leader de l’opposition laissent ses partisans sur leur faim.

Trop tard

Surtout, lorsqu’ils savent que l’ancien président de la Commission de l’Union Africaine a privilégié la négociation avec la « France et les réseaux, garants de la souveraineté gabonaise, » pour « ne pas recourir au plan B de violence auquel beaucoup s’attendait ». Mais « voici maintenant quatre années que ces négociations secrètes perdurent. Quatre années très longues d’attente pour le peuple », s’inquiète-t-il, avant de lancer : « monsieur le président (…) le peuple aspire légitimement à connaître les conclusions des quatre années de négociations diplomatiques avec la France. Et non seulement lui, mais aussi la classe politique qui assiste impuissante à la désagrégation actuelle du Gabon. Tous attendent avec impatience votre compte-rendu, parce qu’il en va de l’avenir de notre nation. »

Une inquiétude d’autant plus grande à l’approche de l’élection présidentielle française, prévue en mai 2022 ;  et la fin du mandat présidentielle en cours au Gabon en août 2023. «  Il ne vous reste plus que le premier trimestre de l’an 2021 pour matérialiser le succès de votre diplomatie secrète. Après, il sera trop tard pour qu’advienne le changement attendu par tous », fait-il remarquer.

Jean Ping votant en 2016 – Capital

Courage

Depuis la présidentielle d’août 2016, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Plusieurs proches de Ping ont fait le choix de consolider leur existence en politique afin de parvenir au sommet du pouvoir de façon démocratique. C’est le cas de l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy-Nzouba Ndama et du président du Rassemblement pour la partie et la modernité (RPM), Zacharie Myboto de l’Union nationale, dont les partis sont désormais représentés à l’Assemblée nationale. Une participation aux législatives et aux locales qui a d’ailleurs eu le mérite de « légitimer » le pouvoir de celui dont ils disent ne pas reconnaître la victoire.

Il ne fait d’ailleurs aucun doute que cela n’a échappé ni à Jean Ping, ni à Privat Ngomo. Ceci étant, comme le souhaitent ses partisans, le président de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), aura-t-il le courage de révéler sur la place publique, l’issue de ces négociations secrètes ? 

Vacance de pouvoir : des proches de Ping montent au créneau   

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Prenant pour prétexte l’absence du président Ali Bongo Ondimba à la visioconférence de l’Assemblée générale des Nations-Unies, des proches de l’opposant Jean Ping  exigent l’urgence de la déclaration de la vacance de pouvoir.

Un seul point était à l’ordre du jour de la dernière sortie médiatique de la coordination nationale de la coalition pour la nouvelle République autour de Jean Ping, ‘’la déclaration de la vacance de pouvoir’’ au sommet de l’exécutif.  Le sujet est récurrent pour une partie de l’opposition depuis octobre 2018. Cette fois les proches de l’opposant à Ali Bongo Ondimba prennent pour prétexte l’absence du chef de l’Etat à la visioconférence de l’Assemblée générale des Nations-Unies.

« Les arguments sont plausibles et nous confortons ici les déclarations du président élu, la communauté internationale vient d’avoir une nouvelle preuve de la vacance de pouvoir au Gabon », a déclaré le porte-parole de la coordination nationale, Jean-Claude Nkoulaveng.

La coalition met aussi en relief les nombreuses postures prises depuis des mois par des acteurs politiques et de la société civile pour exiger des preuves des capacités physiques et mentales d’Ali Bongo Ondimba à diriger le gouvernement. Une posture qui s’est avérée sans issus, à l’instar du rejet de la plainte du collectif Appel à agir par le tribunal de première instance de Libreville. La décision de justice  s’appuyait sur le fait que, « les requérants n’ont pas qualité pour agir et, d’autres part, que la question objet de leur requête ne relève pas de sa compétence.»

La peur

Par ailleurs, du côté de l’exécutif, depuis janvier 2019, la présence d’Ali Bongo Ondimba est très remarquée. Deux chefs de gouvernement se sont succédés à la tête de la primature.  Mieux, quelques jours après la déclaration de la coordination nationale de la coalition pour la nouvelle République, le chef de l’exécutif a présidé un conseil des ministres. Il a ensuite pris part à la rentrée annuelle des cours et tribunaux, tenue le 5 octobre dernier.

Des sorties publiques qui n’entament pas la motivation des proches de Jean Ping. Jean-Claude Nkoulaveng et les membres de la coordination nationale ont au cours de leur déclaration  interpellé « la communauté internationale à prendre toutes ses responsabilités pour accompagner l’avènement de la nouvelle République et la renaissance du Gabon dans l’intérêt bien compris de mettre tous les Gabonais à l’abri de la peur et à l’abri du besoin. »

Justice : Yeo Siyifowa Namogoh a regagné la Côte d’Ivoire

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Incarcéré à la prison centrale de Libreville, depuis le 31 août 2016, pour falsification des résultats de l’élection présidentielle, pour le compte du candidat Jean Ping, l’informaticien ivoirien, Yeo Siyifowa, a regagné, libre, son pays ce 16 septembre.

Arrivé au terme de sa peine le 13 septembre dernier, Yeo Siyifowa a regagné son pays. Il  est arrivé à Abidjan ce 16 septembre en début d’après-midi, accueilli par des proches. Sur une photo relayée dans les réseaux sociaux, on aperçoit le jeune informaticien, visiblement en pleine forme, en compagnie de son frère en uniforme.

Engagé par l’opposant Jean Ping pour la compilation des résultats de la présidentielle d’août 2016, Yeo Siyifowa avait été interpellé en septembre 2016 au quartier général du candidat de l’opposition. Il avait été accusé par le pouvoir d’avoir falsifié les procès-verbaux de l’élection présidentielle du 27 août.  

Co-détenus

Jugé le 14 août dernier, il a été condamné à 5 ans de prison, avec sursis, 2 millions d’amende et 10 ans d’interdiction de séjour au Gabon pour des faits de diffusion de fausses informations et de pièces falsifiées et transmission sans autorisation de signaux à l’aide d’installation de télécommunication fraudeuse.

Yeo Siyifowa aura finalement passé quatre ans dans les geôles de « Sans famille ». Son séjour en prison s’est révélé très éprouvant. Se confiant à un hebdomadaire local, l’informaticien avait indiqué n’avoir eu « aucun soutien depuis trois ans. Pas de parents pas d’amis pour manger ici. » Pour se nourrir, il comptait sur des co-détenus qui recevaient au quotidien le soutien de leurs parents.

Laurence Ndong : « La diaspora n’est pas divisée, elle est diversifiée »

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Enseignante-chercheure, femme politique et présidente du mouvement Debout Peuple, Laurence Ndong, fait partie des Gabonais de l’étranger en lutte contre le pouvoir à Libreville. La diaspora a rendu hommage aux morts des troubles post-électoraux de 2016. Laurence Ndong revient sur cette initiative et sur les différents courants au sein de l’opposition basée à l’étranger. Elle s’exprime également sur la nomination d’une femme au poste de premier ministre. « Il s’agit d’un non-événement ». Dans le viseur de l’opposante prime le combat contre le règne du Parti démocratique gabonais avec à sa tête le Distingué camarade président et Président de la République.

Vous avez annoncé le lancement du mouvement « 5 minutes pour la vie » de quoi s’agit-il ?

« 5 minutes pour la vie », n’est pas un mouvement, mais une initiative visant à rendre un vibrant hommage à nos compatriotes lâchement assassinés le 31 août 2016 et à tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de la dictature qui est à la tête de notre pays depuis 53 ans.
Nos martyrs sont morts pour nos vies. Ils se sont sacrifiés pour nourrir notre espérance. Ils sont nos héros, ils sont nos modèles.

 

Vous faites partie de cette diaspora qui exige le départ du pouvoir d’Ali Bongo. On est loin des grands rassemblements de Gabonais en 2016 et 2017 au Trocadéro contre le pouvoir en place. Aujourd’hui, l’opposition à l’étranger se fait plus remarquer pour ses divisions et ses querelles dans les réseaux sociaux. Comment peut-elle être efficace et crédible ?

Il n’y a pas que la diaspora qui exige le départ de Bongo Ondimba Ali et son régime. Ce départ est le vœu, le souhait et l’aspiration du peuple gabonais. Nos compatriotes, qu’ils résident au Gabon ou à l’étranger, aspirent au changement, à la liberté et au bien-être, et ils n’acceptent plus d’être privés de leurs droits à la démocratie et à la dignité.

Il n’est un secret pour personne que Bongo Ondimba Ali n’a pas été élu, qu’il s’est imposé à la tête du Gabon par la force et la violence. Le peuple, dans sa diversité, exige simplement le respect de sa souveraineté. Choisir ses dirigeants et pouvoir les démettre est un droit fondamental pour tous les peuples. Ne pas respecter la volonté du peuple clairement exprimée dans les urnes, est une violation de sa souveraineté et cela est inacceptable. On ne conduit pas la destinée d’un peuple contre sa volonté.

 » Nos martyrs sont morts pour nos vies. » capture d’écran.

L’une des principales caractéristiques des dictatures, c’est d’agir à huis clos. Le pouvoir en place au Gabon ne déroge pas à cette règle. Il s’emploie à faire taire toutes les voix divergentes. Comme si réduire le peuple au silence légitimait leur forfaiture et leurs exactions. Le nombre de prisonniers politiques et la recrudescence des enlèvements des leaders d’opinion, en sont les parfaites illustrations.

Vitalité et soif de pluralité

A défaut de pouvoir restreindre la liberté d’expression de ceux qui dénoncent ses déviances, le régime dictatorial à la tête de notre pays tentent de semer la confusion au sein de l’opposition et de la résistance. Ce que vous appelez des divisions sont davantage des divergences d’appréciation et de vue mais l’objectif reste le même. Il faut garder à l’idée que défendre une même cause n’implique pas qu’on appartienne nécessairement à la même organisation.

N’oublions pas que c’est la pensée unique qui est la base des régimes autocratiques et totalitaires. Lorsqu’Omar Bongo crée le Parti Démocratique Gabonais en 1968, il institutionnalise le parti unique avec pour objectif d’interdire la liberté d’association et d’expression au motif que tous ceux qui voulaient le bien du Gabon n’avaient pas d’autres choix que d’adhérer à son parti. Or, la liberté d’association est un droit fondamental. Les Gabonais ont le droit de créer librement autant d’associations et d’organisations qu’ils souhaitent selon leurs aspirations et leurs convictions.

La diversité d’opinions ou d’associations, les différences ou les nuances, alimentent et enrichissent le débat d’idées. Elles ne sont pas à confondre avec la division. La diversité n’est nullement synonyme de rivalité, encore moins d’adversité. Elle est une richesse et elle n’est pas un obstacle à l’unité.

Non, la diaspora n’est pas divisée, elle est diversifiée, elle exprime sa vitalité et sa soif de pluralité et c’est ce qui fait sa force.

 

N’est-ce pas plus facile pour vous de parler de dictature ou de « dénigrer votre pays, » pour citer vos adversaires, depuis Paris ? Les opposants ne devraient-ils pas mener le combat dans l’arène politique au Gabon à l’exemple de Jean Ping et d’autres ? Et ce malgré les tracasseries ?

Les Gabonais ont le droit de vivre où ils veulent. Vivre à l’étranger n’ôte en rien la légitimité que l’on a à se soucier de la situation de son pays et à se battre pour lui. S’engager pour défendre la démocratie, la liberté et l’Etat de droit n’est pas exclusivement réservé à ceux qui vivent au Gabon. De nombreux Gabonais vivent à l’étranger pour diverses raisons et de là où ils sont, ils se doivent d’être l’écho des voix que le régime étouffe et bâillonne. Ils sont les portes-voix de la souffrance de leurs familles et plus globalement de leurs compatriotes. Et cela n’est rien d’autres que du patriotisme.

Pour répondre à l’autre volet de votre question, je pense que parler de tracasseries, est un euphémisme. Disons clairement les choses en qualifiant les faits. Ce que vous appelez tracasseries, ce sont des atteintes aux libertés, des arrestations et des détentions arbitraires comme celles dont ont été victimes plusieurs de nos compatriotes. On peut citer entre autres, l’exemple de Landry Amiang Washington, arrêté dans la zone internationale de l’aéroport Léon Mba et détenu arbitrairement pendant près de 4 ans pour avoir dénoncé les méfaits du régime.

Est-ce normal que des citoyens subissent ce que vous appelez des tracasseries et que moi j’appelle des violations de droits et qu’ils soient ainsi maltraités pour avoir exprimé leur opinion ?

Inversion des rôles

Et pourquoi serait-il plus facile de parler de l’étranger ? C’est précisément parce que la dictature au pouvoir ne respecte pas la liberté d’expression, bafoue toutes les libertés fondamentales. Quel intérêt y aurait-il à aller se jeter dans la fosse aux lions au Gabon quand on est utile pour la lutte en étant en liberté à l’étranger ? Aujourd’hui, le pays compte un nombre important d’exilés politiques du fait de la violence et de la barbarie de la dictature au pouvoir. Fallait-il qu’au nom du courage, ils se laissent tuer ? Je ne partage pas cet avis.

Notre combat est un combat d’idée, nous le menons pour défendre des principes et des valeurs. A ce titre, l’action de tous ceux qui sont épris de justice, de démocratie et de liberté est pertinente, et ce, qu’ils se trouvent au Gabon ou à l’étranger.

Ne nous trompons pas, dénoncer les exactions de la dictature et les mauvaises conditions de vie infligées au peuple gabonais, ne peut pas être synonyme de « dénigrer son pays ». Se taire en situation d’injustice et face aux exactions de ce régime est une complicité et même une lâcheté. C’est corrompre le bon sens et tronquée la réalité. C’est inverser les rôles en faisant passer les bourreaux pour des victimes et les victimes pour des bourreaux.

Cela est très courant sous les dictatures. C’est ce qu’on appelle la transvaluation, l’inversion des valeurs. Agir contre la volonté du peuple ne déshonorerait pas le pays ? C’est la dénonciation de ce mal et exprimer son indignation et son opposition qui seraient un dénigrement ? C’est comme demander à une enfant victime d’inceste de se taire au motif qu’il faille préserver la dignité du violeur. On aggraverait le cas de la victime en protégeant son bourreau, qui pourrait ainsi continuer à perpétrer ses méfaits en toute impunité.

La situation dans laquelle ce régime a plongé notre pays est une honte. Le pays est rabaissé, humilié, bafoué par l’incompétence, l’inconséquence, l’incohérence, le mensonge, la corruption, la concussion, et les détournements de deniers publics. Nous avons l’impérieux devoir de dénoncer cela. Nous le faisons et nous continuerons à le faire.

File d’attente pour l’eau à Belle-vue 1 – Libreville

Tous les peuples qui sont respectés dans le monde, le sont grâce au rayonnement qu’ils donnent à leur pays dans le concert des nations. Les indicateurs sociaux de chaque pays sont disponibles et consultables par tous. Alors, vous trouvez que le Gabon est honoré quand il est classé parmi les pays plus corrompus d’Afrique ? Est-il honoré quand 80% de ce qu’il consomme vient de l’étranger ? Est-il honoré quand ses routes, lorsqu’elles elles existent, sont pires que des pistes d’éléphant ? Est-il honoré quand son système de santé est en déliquescence ? Est-il honoré quand son système éducatif a le taux de redoublement le plus élevé au monde, selon la Banque Mondiale, avec des années universitaires qui se chevauchent ? Les années universitaires 2018-2019, 2019-2020 ne sont pas terminées et la rentrée scolaire 2020-2021 est programmée pour le début du mois de novembre prochain.

 

En 2016, vous aviez décidé de faire confiance au candidat Jean Ping. Quatre ans après, qu’en-est-il, lorsqu’on sait que pour plusieurs de vos frères d’armes, la page de 2016 est désormais tournée.

Depuis l’avènement du multipartisme, les Gabonais dans leur majorité, n’ont jamais accordé leur suffrage à un Bongo Ondimba, qu’il se prénomme Omar ou Ali. En 1993, ils avaient voté massivement pour Paul Mba Abessole, en 1998 et 2005 pour Pierre Mamboundou, en 2009 pour André Mba Obame et en 2016 pour Jean Ping. A chaque fois, la dictature s’est maintenu au pouvoir par des coups d’Etat militaro-électoraux.

Notre priorité, c’est la libération de notre pays, la mise à terre de ce régime dictatorial qui opprime notre peuple et viole sa souveraineté. Les élections présidentielles de 1993, 1998, 2005, 2009 et 2016 ne sont pas derrière nous. La volonté manifeste du peuple d’en finir avec cette dictature, lors de ces échéances électorales, n’a jamais tari. Chaque dictature étant « génétiquement » incapable d’amélioration ou plutôt étant programmée pour empirer, la libération du Gabon est une urgence absolue.

Rose Christiane Ossouka Raponda, lors de sa déclaration de politique générale.

En juillet dernier, Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée Premier Ministre. C’est la première femme à occuper ce poste. Comment interprétez-vous cette nomination ?

Comme je l’ai dit dans l’interview que j’ai accordée à vos confrères de la Voix de l’Amérique le jour même de cette nomination, il s’agit d’un non-événement. Au Gabon, des femmes occupent des postes importants depuis bien longtemps. Une femme est à la tête de la Cour Constitutionnelle depuis près de 30 ans, une femme préside le Sénat et une femme a été Présidente de la République par intérim mais Présidente de la République quand même. Cela n’a eu aucun impact positif sur la vie des Gabonais. Ces femmes n’ont pas été distinguées à la faveur de leur genre ou de leurs compétences, mais pour leur loyauté et leur connivence avec le régime dictatorial qui est assis sur la prédation des ressources du Gabon au profit d’une minorité.

Au demeurant, Mme Ossouka Raponda a livré les coulisses de sa nomination par ses remerciements, particulièrement appuyés, à Sylvia Bongo-Valentin pour son rôle dans sa nomination. Jamais l’épouse d’un dictateur n’avait été aussi solennellement remerciée dans une cérémonie officielle marquée par le sceau des exigences constitutionnelles. Il fallait, bien évidemment, honorer celle qui assure en toute illégalité la régence à la tête du Gabon et apporter la preuve publique de l’allégeance à cette dernière.

 

Madame le Premier Ministre a fait sa Déclaration de politique générale le vendredi 04 septembre, qu’en avez-vous retenu ?

Pas grand-chose si ce n’est une litanie d’incongruités, d’incohérence et de mensonges.


Madame Ossouka Raponda ne décide d’ores et déjà de rien, même pas du contenu approximatif et superficiel de son propos devant les députés, encore moins de la prévisible inaction de l’équipe qu’elle est chargée de conduire et qui du reste, a déjà fait ses preuves en inconséquence et en incompétence sous l’autorité de son prédécesseur.


Gouverner c’est prévoir, anticiper, planifier, agir, évaluer, améliorer. C’est cela la responsabilité. Ce n’est pas promettre, mentir, interdire, opprimer, délaisser, déconstruire, travestir, voler et violer. Cela, c’est de l’irresponsabilité et c’est la panacée de l’offre politique de Madame Ossouka Raponda au service de la dictature. Voilà ce qui est à retenir de cette déclaration de politique générale.

Propos recueillis par E. A

Indépendance 2020 : Jean Ping, l’alternance ou rien

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Comme chaque année depuis quatre ans, l’opposant radical Jean Ping a prononcé le 16 août le traditionnel discours de l’indépendance du Gabon. A trois ans de la fin de l’actuel septennat, l’acteur politique se dit déterminé à libérer le Gabon en récupérant la victoire qui lui aurait été volée au soir du  31 août 2016.

Quatre ans se sont écoulés depuis la dernière présidentielle au Gabon, mais pour l’opposant Jean Ping rien n’a changé dans le choix porté par les Gabonais lors du suffrage de 2016. Si sa popularité est en baisse et que plusieurs de ses frères d’armes de l’époque lui ont tourné le dos, c’est en tant que ‘’président élu’’ que l’opposant radical a prononcé dimanche son discours de veille d’indépendance.

« Alors que le peuple gabonais se tourne vers moi, le président qu’ils ont élu avec plus de 60% des suffrages à l’élection présidentielle du 27 août 2016 et, à ce titre, garant du destin de la nation, je lui dois des réponses », a-t-il déclaré en affirmant que sa réponse se fonde sur une ligne directrice qui résume son action et porte en même temps son aboutissement. Une ligne qui repose sur « une vieille sagesse reprise le siècle dernier par un grand Africain qui soulignait que les grandes batailles de la vie, ne sont pas gagnées par les plus forts, ni les plus rapides, mais par ceux qui n’abandonnent jamais ».

Résurrection

Et si pour d’aucuns,  Jean Ping avait définitivement inscrit 2016 dans les annales de l’histoire, comme plusieurs acteurs majeurs de la résistance, l’homme affirme qu’il n’en est rien. Il affirme d’ailleurs avoir mis à profit ces quatre dernières années à la construction, bataille après bataille de la voie qui mène à la résurrection du Gabon.

« Qu’avons-nous fait au bout de quatre ans, qui ouvre le chemin de la victoire. Que les Gabonais me comprennent bien. Seuls comptent réellement pour moi, comme à leurs yeux, la, libération finale. Seul résultat qui vaille, c’est-à-dire l’alternance et la libération, la rupture pour la renaissance du Gabon. Oui, la renaissance du Gabon », a-t-il lancé avant d’affirmer  qu’« il n’y a pas d’alternative au verdict du 27 août 2016, à la vision défendue par le peuple gabonais en faveur de l’alternance. »

Des actes

C’est donc un Jean Ping plus que jamais déterminé à unir toutes les forces vives de la nation autour d’un idéal qui s’est exprimé.

Seulement, si cette posture a été saluée par bon nombre de personnes qui y ont vu un regain d’espoir, d’autres ont également marqué leur appréhension dans ce qui parait comme du déjà-vu et des effets d’annonce.

« On ne veut plus des discours, on veut les actes », pouvait-on lire parmi certains commentaires dans les réseaux sociaux.

Réconciliation nationale : le marathon de Louis Gaston Mayila

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

L’opposant Jean Ping est-il prêt à adhérer à la réconciliation nationale prônée par Louis Gaston Mayila ? Le sujet était au centre de la rencontre entre les deux personnalités ce week-end. Toutefois, en attendant une réponse officielle de Jean Ping, le président de l’UPNR poursuit son marathon afin de passer le message à toutes les forces vives de la nation.  

C’est à travers les réseaux sociaux que la rencontre entre le président fondateur de l’Union pour la nouvelle République, Louis Gaston Mayila et le président de la Coalition pour la nouvelle République, Jean Ping a d’abord été relayée. Quelques heures plus tard, un communiqué sur la page Facebook de l’UPNR précisait le sujet de la rencontre : « Au menu de la discussion : la réconciliation nationale ».

L’échange s’inscrit dans la suite des rencontres entamées  depuis quelques mois avec plusieurs responsables politiques, religieux et acteurs de la société civile. « La réconciliation nationale est la seule voie de sortie de la crise actuelle dans notre pays. Elle est nécessairement la seule alternative pour tisser un nouveau contrat social entre les gouvernés et les gouvernants », précise le communiqué de l’UPNR.

Il ne s’agissait donc pas de retrouvailles entre anciens ‘’camarades’’, se remémorant des souvenirs d’une  gestion commune de la chose publique, il s’est plus tôt agi pour l’opposant radical Jean Ping de répondre à l’invitation au dialogue de Louis Gaston Mayila.  

Après Jean Ping, les leaders religieux

Si ce dernier peut se réjouir d’avoir pu exprimer sa vision à l’un des principaux protagonistes de la crise postélectorale de 2016, il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Puisque ce 4 aout, il a poursuivi son marathon des rencontres en s’entretenant avec des leaders religieux.

 « Et maintenant Mr le président de la République, et maintenant Mmes et Mrs les membres des gouvernements et maintenant Mmes et Mrs les présidents des corps constitués et maintenant Mrs les princes des églises, révérends pasteurs et maintenant que nous avons érigé des murs de haine dans nos sociétés, on fait comment ? » interroge-t-il.

La réponse serait l’étape de la réconciliation nationale. Selon un schéma préétabli, le président de l’UPNR propose la mise en place d’un comité national de réconciliation ; l’hommage aux martyrs enregistrés depuis la crise de 1964 ; la libération des prisonniers politiques ou de toutes personnes enfermées pour son opinion pour leur permettre de prendre part au débat ; le vote d’une loi d’amnistie pour permettre aux Gabonais bloqués à l’étranger de rentrer librement chez eux. Et surtout : le pardon mutuel.

Les proches de Ping opposés à la dépénalisation de l’homosexualité 

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Au lendemain de l’adoption de la dépénalisation de l’homosexualité,  la CNR fustige ce qu’elle qualifie de ‘‘nouvelle illustration de la légèreté’’ du régime.

Comme plusieurs leaders politiques et de la société civile, les proches de Jean Ping ont décidé d’exprimer leur mécontentement après l’adoption, par le parlement, de la dépénalisation de l’homosexualité. Si de nombreuses personnes ont aussitôt réagi avant l’adoption de la loi, la Coalition pour la Nouvelle République dit avoir privilégié l’écoute et l’observation attentive.

Pour les proches de Jean Ping, la surprise des Gabonais date de 2019, lorsque le gouvernement avait décidé,  ‘’d’engager le pays dans un débat sur l’homosexualité, en inscrivant sa pénalisation dans le Code Pénal’’.

« Les Gabonais ne comprennent pas davantage ce qui justifie que le régime PDG Bongo pose le problème de la dépénalisation de l’homosexualité, aujourd’hui », affirme la CNR, qui qualifie l’action de ‘’ nouvelle illustration de la légèreté de ce régime’’ et  ‘’invite les Gabonais à ne pas perdre de vue que ce pouvoir usurpateur qui repose sur les mises en scène, a pris l’habitude de lancer des opérations de manipulation de l’opinion, pour la distraire de l’essentiel. Sachant qu’il est rejeté et qu’il a tout perdu, ce régime multiplie les manœuvres visant à aggraver le chaos et à susciter la stigmatisation du Gabon par l’opinion internationale’’.

Elle relève, à cet effet, le fait que le rejet du plus grand nombre est justifié par le respect sa loi fondamentale et des valeurs culturelles, sociétales, spirituelles et religieuses, qui fondent une société.

Posture

Si pour le gouvernement, ce changement est motivé par le  ‘’respect de l’orientation sexuelle et le droit des minorités’’, la CNR estime qu’il s’agit  d’une ‘’énième provocation face au risque d’une déflagration au sein de la société gabonaise. Comme à son habitude, le pouvoir en place n’a jamais su aborder les vrais problèmes de la société’’

Fidèle à sa posture depuis la présidentielle de 2016, la CNR affirme que la réponse à tous ces problèmes réside, dans la reconnaissance de la victoire qui aurait été volée à Jean Ping.