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C’est maintenant le moment de montrer la vraie solidarité africaine: réflexions sur la covid-19

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Le sous-directeur général et représentant régional pour l’Afrique de la FAO interpelle sur la solidarité du continent en cette période pandémie. Elle est indispensable pour que l’Afrique limite la casse. 

 

Nous traversons des moments sans précédent. La pandémie d’une telle ampleur et sur une telle échelle mondiale a touché chaque personne dans cette génération, ce qui conduit des pays du monde entier à augmenter leurs ressources pour réduire les répercussions massives provoquées par la covid-19.

Alors que l’Afrique commence à fermer ses frontières et à confiner les communautés pour en atténuer les risques, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appelle tous les pays à prendre des mesures urgentes pour réduire l’impact sur les systèmes alimentaires et sur toutes les dimensions de la sécurité alimentaire et la nutrition.

La Vue d’ensemble régionale de la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique 2019 a signalé que 256 millions d’Africains, soit 20 pour cent de la population, sont sous-alimentés. De ce nombre, 239 millions se trouvent en Afrique subsaharienne. Selon le Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO, 34 des 44 pays qui ont actuellement besoin d’aide alimentaire de l’extérieur se trouvent en Afrique.

Ces chiffres frappants montrent que nous étions déjà vulnérables avant la pandémie de covid-19. Si nous ne prenons pas les mesures qui s’imposent, nous nous retrouverons très bientôt dans une situation de crise alimentaire. La panique ne fait pas partie de ces mesures; elle n’est donc pas une méthode d’atténuation des risques. Il y a assez de nourriture pour chaque Africain; nous ne pouvons pas commettre les mêmes erreurs que lors de la crise alimentaire de 2007‑2008 et transformer cette crise sanitaire en une crise alimentaire que nous pouvons bel et bien éviter.

 

Une autre leçon que nous avons dû apprendre à nos dépens est celle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola de 2014‑2016. Les mesures de quarantaine et la panique ont fait augmenter les niveaux de faim et de malnutrition. Les souffrances se sont aggravées car les restrictions de circulation ont entraîné des pénuries de main-d’œuvre au moment de la récolte, et d’autres agriculteurs n’ont pas été en mesure d’apporter leurs produits sur les marchés.

Les systèmes alimentaires et les chaînes d’approvisionnement alimentaire sont interdépendants, et les perturbations en un seul endroit peuvent se répercuter sur d’autres ailleurs. Il est donc primordial que nous mettions en place des stratégies de prévention et de réduction des risques.

Comme nous le savons, l’agriculture est l’unique moyen d’existence pour des centaines de millions d’Africains. Nous devons prendre des mesures rapides pour garantir que les chaînes d’approvisionnement alimentaire continuent de fonctionner afin d’atténuer le risque de chocs importants qui auraient un impact considérable sur tout le monde, en particulier sur les pauvres et les plus vulnérables.

Les groupes vulnérables comprennent les petits agriculteurs, les éleveurs et les pêcheurs qui ne peuvent pas travailler leurs terres, prendre soin de leur bétail, ou pêcher. Ils auront également du mal à accéder aux marchés pour vendre leurs produits et/ou auront à acheter à des prix plus élevés et un pouvoir d’achat limité. Les travailleurs informels, en revanche, sont confrontés à des pertes d’emplois et de revenus en matière de récolte et de transformation. La covid-19 n’épargne personne. À l’heure actuelle, des millions d’enfants ne sont plus à l’école et, plus important encore, beaucoup d’entre eux n’ont plus accès aux repas scolaires sur lesquels ils comptaient.

Les pays doivent répondre aux besoins alimentaires immédiats de leurs populations vulnérables, renforcer leurs programmes de protection sociale, maintenir le commerce international des denrées alimentaires, veiller à ce que les chaînes d’approvisionnement nationales ne soient pas interrompues, et renforcer la capacité des petits agriculteurs à accroître leur production alimentaire.

Une autre inquiétude en Afrique est liée aux crises humanitaires existantes. Les crises provoquées par des conflits demeurent la principale cause des niveaux élevés d’insécurité alimentaire grave, tandis que la sécheresse, les inondations et d’autres chocs ont également aggravé la situation d’insécurité alimentaire au niveau local. Dans la Corne de l’Afrique, plusieurs pays sont confrontés à la pire crise provoquée par des criquets pèlerins depuis plus de 25 ans. Il s’agit d’une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, qui pourrait entraîner de nouvelles souffrances, des déplacements et des conflits. Plus de 20 millions de personnes sont déjà confrontées à une grave insécurité alimentaire aiguë, et l’invasion acridienne et la pandémie feront encore augmenter ce chiffre.

Il est donc essentiel que les pays donateurs continuent d’apporter l’aide humanitaire là où l’insécurité alimentaire est déjà élevée. Cette maladie ne connaît pas de frontières. Les mouvements de denrées alimentaires et le commerce doivent rester intacts au-delà des frontières, conformément aux normes de sécurité sanitaire des aliments en vigueur.

L’interruption des chaînes d’approvisionnement alimentaire, y compris des entraves aux mouvements des travailleurs des secteurs agricole et alimentaire et l’allongement des durées d’attente aux frontières des conteneurs remplis d’aliments entraîne la détérioration des denrées périssables et la perte et le gaspillage alimentaires.

Nous devons empêcher que ces scénarios se répètent; c’est dans des moments comme celui-ci que la coopération mondiale et régionale devient plus – et non moins – vitale.

C’est maintenant le moment de faire preuve de solidarité, d’agir de manière responsable et d’adhérer à notre objectif commun: améliorer la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire des aliments et la nutrition, et améliorer le bien-être général de la population en Afrique. Nous devons nous assurer que notre réponse à la covid-19 ne crée pas de pénurie injustifiée de produits essentiels ni n’exacerbe la faim et la malnutrition.

Au milieu de cette crise, les équipes de la FAO travaillent avec les pays pour anticiper et atténuer l’impact de la pandémie sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence. Nous continuons de soutenir les efforts visant à atténuer les effets du covid-19 sur le commerce et les marchés alimentaires.

C’est maintenant le moment où nos efforts individuels doivent se conjuguer en aspirations régionales. Nous avons un objectif commun: assurer la sécurité alimentaire et la santé en Afrique.

Abebe Haile-Gabriel
Sous-Directeur général et Représentant régional pour l’Afrique
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

Citation

«C’est maintenant le moment de faire preuve de solidarité, d’agir de manière responsable et d’adhérer à notre objectif commun: améliorer la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire des aliments et la nutrition, et améliorer le bien-être général de la population en Afrique»

QU Dongyu : « Ne permettons pas au COVID-19 de faire le jeu de la faim »

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Le directeur général de l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation (FAO), QU Dongyu lance un plaidoyer sur la nécessité de garantir la continuité des chaines de valeurs alimentaire pendant la pandémie du Covid-19. 

La pandémie du COVID-19 met à rude épreuve les systèmes de santé publique du monde entier, et des millions de personnes dans les pays du monde les plus avancés sur le plan économique sont en quelque sorte mises en quarantaine.

Nous savons que les pertes en vie humaines seront élevées et que les efforts massifs pour en inverser la tendance ont un coût économique élevé.

Pour réduire le risque de pertes encore plus élevées – pénurie de nourriture pour des millions de personnes, même dans les pays riches –, le monde doit immédiatement prendre des mesures pour minimiser les interruptions des chaînes d’approvisionnement alimentaire.

« Nécessité d’une intervention coordonnée et cohérente à l’échelle mondiale »

Une intervention coordonnée et cohérente à l’échelle mondiale est nécessaire pour éviter que cette crise de santé publique ne déclenche une crise alimentaire qui empêcherait les gens de trouver ou de se procurer de la nourriture.

Le COVID-19 n’a exercé, pour l’instant, aucune pression sur la sécurité alimentaire malgré des rapports isolés indiquant que des supermarchés ont été pris d’assaut.

S’il n’y a pas lieu de paniquer – car il y a suffisamment de nourriture dans le monde pour nourrir tout le monde –, nous devons quand même relever un défi : veiller à ce que la nourriture soit disponible là où l’on en a besoin.

L’épidémie du COVID-19, qui a entraîné la fermeture de frontières et le confinement, a créé des contraintes logistiques qui se répercutent sur les longues chaînes de valeur de l’économie mondiale moderne.

« De graves perturbations sur le marché alimentaire mondial »

Les restrictions de mouvement, ainsi que le comportement d’aversion des travailleurs, peuvent empêcher des agriculteurs de cultiver les terres et des transformateurs des produits alimentaires (qui gèrent la plupart des produits agricoles) de s’occuper de la transformation. La pénurie d’engrais, de médicaments vétérinaires et d’autres intrants pourrait également avoir des conséquences sur la production agricole.

La fermeture de restaurants et d’épiceries moins fréquentées réduit la demande de produits frais et de produits de la pêche, ce qui affecte les producteurs et les fournisseurs, en particulier les petits agriculteurs, avec des conséquences à long terme pour des populations de plus en plus urbanisées à travers le monde, que ce soit à Manhattan ou à Manille.

L’incertitude quant aux disponibilités alimentaires peut inciter des décideurs à mettre en œuvre des mesures restrictives en matière de commerce dans le but de garantir la sécurité alimentaire au niveau national.

L’expérience vécue lors de la crise mondiale des prix des denrées alimentaires de 2007‑2008 nous enseigne que de telles mesures ne peuvent qu’exacerber la situation.

Les restrictions à l’exportation mises en place par des pays exportateurs pour accroître les disponibilités alimentaires au niveau national pourraient entraîner de graves perturbations sur le marché alimentaire mondial, ce qui conduirait à des flambées et une volatilité accrue des prix.

« Tirer les leçons du passé et ne pas répéter les mêmes erreurs »

En 2007‑2008, ces mesures immédiates se sont avérées extrêmement préjudiciables, en particulier aux pays à faible revenu et à déficit vivrier et aux efforts des organisations humanitaires pour procurer de la nourriture aux nécessiteux et aux vulnérables.

 Nous devons tous tirer des leçons du passé pour ne pas répéter les mêmes erreurs.

Les décideurs doivent veiller à ne pas durcir sans le vouloir les conditions d’approvisionnement alimentaire.

Bien que chaque pays soit confronté à ses propres défis, la collaboration entre les gouvernements et l’ensemble des secteurs et des parties prenantes est primordiale. Nous sommes confrontés à un problème mondial qui nécessite donc une solution mondiale.

Nous devons veiller à ce que les marchés alimentaires fonctionnent correctement et que les informations sur les prix, la production, la consommation et les stocks alimentaires soient accessibles à tous en temps réel. Cette approche réduira l’incertitude et permettra aux producteurs, aux consommateurs, aux commerçants et aux transformateurs de prendre des décisions éclairées et de contenir la panique injustifiée qui s’observe sur les marchés alimentaires mondiaux.

« L’interruption des chaînes d’approvisionnement alimentaire intensifiera la souffrance humaine »

On ne connaît pas encore les effets sanitaires de l’actuelle pandémie du COVID-19 sur certains des pays les plus pauvres. Pourtant, nous pouvons dire avec certitude que toute crise alimentaire consécutive à une mauvaise élaboration de politiques sera une catastrophe humanitaire que nous pouvons éviter.

Nous avons déjà 113 millions de personnes souffrant de la faim aiguë dans le monde, et en Afrique subsaharienne, un quart de la population est sous-alimentée. Toute interruption des chaînes d’approvisionnement alimentaire intensifiera la souffrance humaine et accentuera le défi de réduire la faim dans le monde.

Nous devons faire tout notre possible pour ne pas laisser cela se produire. Prévenir coûte moins cher. Les marchés mondiaux sont essentiels pour atténuer les chocs liés à l’offre et la demande entre les pays et les régions, et nous devons travailler ensemble pour veiller à minimiser autant que possible les interruptions des chaînes d’approvisionnement alimentaire.

Le COVID-19 nous rappelle avec force que la solidarité n’est pas de la charité mais du bon sens.

QU Dongyu

Directeur général de l’Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

Rome, 28 mars 2020