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Changement climatique, population et financement, comment ses questions impactent l’accès à l’eau en Afrique

Le Conseil des ministres africains chargés de l’eau est un acteur incontournable dans la mise en œuvre des politiques d’accès à l’eau et d’assainissement en Afrique. A l’occasion de la réactualisation au niveau sous-régionale des réunions régulières, son secrétariat exécutif a mis en avant les difficultés de sa mission.


Dans sa vision d’action au niveau continental, le Conseil des ministres africains chargés de l’eau, l’AMCOV qui appuie les politiques de l’Union Africaine (UA) en matière de développement intégral promeut l’accès à l’eau et à l’assainissement pour faciliter le développement socio-économique et le bien-être des populations du continent. La feuille de route de l’AMCOV s’appuie sur la vision 2030 de développement des Nations unies sur l’eau, dont l’objectif de développement durable (ODD 6) garantit un « accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ». C’est à cette occasion que la réunion sous-régionale (Afrique centrale) de l’institution s’est tenue à Libreville, au Gabon du 02 au 03 mars après des mois de silence.


Trois objectifs sous-tendent cette rencontre. D’abord, explique le Dr. Paul Orengoh, représentant du secrétaire exécutif de l’AMCOV, la rencontre de Libreville doit permettre de présenter aux différents pays d’Afrique centrale et à la Communauté économique régionale (CEMAC) les activités menées par AMCOV au niveau régionale. Ensuite, elle permet de discuter des différents enjeux et des questions liées à l’assainissement des pays de l’Afrique centrale et ensemble voir comment on peut y remédier. Enfin, les experts ont développé les thèmes de références avec les différents pays pour la mise en œuvre des activités dans les mois et années à venir pour la prochaine.


Second plan

L’un des points d’achoppement de la rencontre est sans nul doute, la feuille de route stratégique de l’AMCOV. Axée autour de la sécurité de l’eau, la bonne gouvernance, l’efficacité de l’AMCOC et la question d’assainissement, cette stratégie permet de mieux apprécier les axes prioritaires dans lesquelles l’institution veut s’investir durant les prochaines années. « Ils sont supportés par les autres résultats transversaux qui sont eux aussi de l’ordre de quatre : l’égalité des genres l’emploi des jeunes, le suivi l’évaluation durable, le programme eau assainissement et aussi la résilience d’eaux assainissement face aux changements climatique » appuie Dr. Paul Orengoh.


La particularité de cette rencontre est qu’elle a permis également d’apprécier les facteurs qui entravent l’accès à l’eau et assainissement en Afrique. Parmi ces facteurs, il y a les questions du changement climatique qui affecte les eaux, l’accroissement de la population qui impacte la demande en eau et la question du «  glissement du financement » au niveau de l’eau. Concernant le dernier point, fait constater le représentant du secrétaire exécutif, « généralement au niveau de certains pays, lorsqu’une question liée à la sécurité intervient, la question de l’eau et assainissement est reléguée en second plan. Chaque fois qu’il y a un nouveau problème, la question de l’eau est reléguée au second plan ».

Sociétés stables

Face à ces différents défis, Pascal Houangni Ambouroue, le Ministre gabonais de l’Energie et des Ressources hydrauliques appelle l’organisation à l’action. « L’AMCOW doit sortir des discours d’intention pour un déploiement opérationnel dans l’ensemble de nos Etats, afin d’offrir à nos populations un accès facile à l’eau », affirme-t-il. Le ministre appelle les instances dirigeantes à faire en sorte que «  l’AMCOW devient un instrument de gouvernance qui garantisse un meilleur accès à l’eau et développe toutes les niches économiques liées à l’exploitation de cette ressource importante ».


Discuter de la question de l’eau et assainissement est particulièrement nécessaire pour le continent africain qui se présente comme la région du monde la plus affectée par ce problème. En effet, il existe un déficit probant en termes d’investissements pour l’approvisionnement en eau potable et assainissement quand bien même ces deux questions jouent un rôle essentiel dans le quotidien des individus. « Des systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement permettent non seulement de sauver des vies et d’améliorer la santé en générale, mais il s’agit également d’un élément essentiel pour bâtir des sociétés plus stables, plus sures et plus prospères », rappelait en août dernier le directeur général de l’OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghébreyesus. Cela montre à quel point il est important d’agir.