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Télésphore Ngomo : le PDG, un parti bête et discipliné ?

Télésphone Obame Ngomo s’indigne face aux sanctions à l’encontre de 25 cadres du PDG, notamment des parlementaires, suite au non-respect de la consigne de vote sur la révision du nouveau code pénal avec la dépénalisation de l’homosexualité.  Il renvoie le parti au pouvoir qui prône pourtant la nécessité d’un débat pluriel à ses contradictions. Ci-dessous l’intégralité de son propos

Le vrai débat est là: Eric Dodo Bounguendza, au nom de quelle liberté ?

Après s’être imposé dans le débat national pendant des semaines, avec toutes les conséquences qui s’en sont suivies, notamment en termes de violences diverses, on continue de se demander, quelle était l’opportunité pour le secrétaire général du parti démocratique gabonais (PDG) de ramener cette fâcheuse problématique à l’ordre du jour.

En effet,  en sanctionnant la liberté d’expression de certains députés, Eric Dodo Bounguendza et les siens viennent de donner un coup au principe même qui a justifié le vote pour la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon. C’est la preuve, s’il en fallait encore une, en plus de leur silence prouvant leur incapacité à défendre leur affaire, qu’ils n’y croient pas.  Mais, à quoi alors rime tout ce cinéma ?

Même si la politique dans notre pays est désormais l’art d’exprimer son attachement aux vices, on ne peut ne pas s’interroger sur les capacités ou la volonté étrange du bureau directeur du parti au pouvoir. Autrement dit,  pourquoi sanctionner des hommes libres qui ont fait parler leurs convictions et ont librement exprimé ce en quoi ils croient? N’était-ce pas ce qui a légitimé les arguments en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité ?

« C’est quoi le vice ou le business que cache cette affaire ? »

En d’autres termes, lors des débats sur cette question,  le principal argument sur lequel nombreux se sont appuyés pour justifier la dépénalisation n’était-ce pas celui du respect de la liberté d’autrui ? Pourquoi alors Eric Dodo et ses compères du secrétariat exécutif estiment que d’autres n’auraient pas le droit de jouir de cette même liberté au nom d’une vulgaire logique ridicule de parti ?

Nul doute que le principe de liberté n’est pas respecté.  C’est dire que cette dépénalisation cache finalement d’autres visées. C’est quoi le vice ou le business que cache cette affaire que nous avons objectivement soutenu au nom de notre attachement  à la liberté ? Par ces sanctions, on a l’impression qu’il faut être bête et discipliné pour militer au PDG. Quelle honte en 2020.

 

On comprend mieux l’état du Gabon et le comportement de larbin qui y règne. On a un parti au pouvoir qui se trouve incapable de taper du poing sur la table pour condamner tout le désordre qui sévit au sommet de l’Etat, incapable de refuser le bicéphalisme qui plane à  la tête du pays où,  les coups et les injures doivent revenir au gouvernement,  issu de sa majorité. Et à la présidence de la République, les honneurs et les prébendes alors que c’est de cette institution que partent toutes les anomalies de gestion de notre pays depuis de nombreuses  années. Ce qui fait qu’on a l’impression d’être en cohabitation permanente au Gabon où tous les premiers ministres sont quasiment appelés à échouer. Diantre, jusqu’à quand?

« Le débat sur l’homosexualité n’est plus d’actualité »

Monsieur le secrétaire général du PDG, voici les sujets de fond sur lesquels vous êtes attendus. Le débat sur l’homosexualité n’est plus d’actualité.  Les gabonais l’ont consommé dans toutes les sauces possibles jusqu’à en faire des indigestions verbales. Qu’on passe à autre chose. Ce débat n’a pas commencé au Gabon. Le PDG n’a jamais débattu de cette question en interne  ou sur le plan national comme cela s’est fait sous d’autres cieux. Pourquoi les réactions violentes ou réfractaires vous surprennent ?

On est pour la dépénalisation de l’homosexualité mais que cela se fasse au moins avec du lubrifiant argumentatif. Votre récente attitude où des citoyens, bien que militants de votre parti, sont sanctionnés donne l’impression d’un passage en force semblable à une pénétration anale sans vaseline accompagnée de grains de gravier. Nous disons non à cette manière  de pratiquer la démocratie. Comme nous disons non à ces condamnations contraires au principe de liberté.

Le sujet sur l’homosexualité n’a fait l’unanimité nulle part ailleurs dans le monde. Il ne vous revient nullement le droit de sanctionner des gens qui pensent différemment si ce n’est rendre hommage à la pensée unique ? Nous continuons de penser que c’est encore une fois de plus un retour inutile et gratuit à la stigmatisation des homosexuels. Et pourquoi pas, une volonté de susciter une animosité envers les premiers responsables de ce pays qui ont maladroitement introduit ce sujet dans le débat national. Car, ramener ce sujet sur la table,  c’est comme remuer un couteau dans une plaie à peine cicatrisée.

« Le PDG ne touche même plus le fond avec ce type de décisions ridicules »

Visiblement les manœuvres politiciennes et conspirationnistes préélectorale ont commencé. Et celle-là pue vraiment vice. Une logique de parti ne peut primer sur le principe même qui a justifié la dépénalisation de l’homosexualité. Cette incohérence nous interpelle quant à votre volonté de voir la toile et l’espace Gabon s’enflammer de nouveau.  On a envie de dire: quel est véritablement l’objectif visé ? Voulez-vous donner à Nicolas Sarkozy qui parle du « Temps des tempêtes « ?

En France, lors du vote du mariage pour tous, les députés UMP, Benoît Apparu, Franck Riester, Luc Chatel, Alain Chretien, Marianne Dubois et Henri Guaino avaient voté « pour » le mariage  pour tous alors que la consigne donnée par le parti était de voter « contre ». Ils n’ont jamais été sanctionnés. A Gauche, les députés Bernadette Laclais, Jérôme Lambert, Patrick Lebreton et Gabrielle Louis Carabin avaient voté « contre » le mariage pour tous alors que c’était la majorité socialiste qui portait ce projet de loi.

Le PDG aurait-il la prétention de donner des leçons de démocratie ou de bonnes conduites à ces partis où le débat contradictoire et le respect scrupuleux des textes sont le quotidien de ces hommes libres?

Il faut peut-être que certains génies de notre pays arrêtent de vouloir réinventer le fil à couper le beurre. Si le PDG était si exemplaire, le Gabon ne rassemblerait pas à une poubelle à ciel ouvert où même les asticots qui y pataugent n’ont plus le droit de jouir librement de la merde qui justifie pourtant leur existence. Dodo Bounguendza il faut juste arrêter. Le PDG ne touche même plus le fond avec ce type de décisions ridicules.

Sous d’autres cieux, on aurait crié démission tout simplement.

Télesphore Obame Ngomo