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Massala, l’autre carte féminine de Bongo

Liliane Massala a été nommée, jeudi lors du conseil des ministres, ambassadrice du Gabon en France, un poste prestigieux et stratégique dans les relations entre Libreville et Paris. Elle devra composer avec une diaspora gabonaise hostile au président Bongo et qui depuis 2016 est en rupture avec l’ambassade.   

La nomination de Liliane Massala, au poste d’ambassadrice du Gabon en France, fait partie des grandes décisions qui retiennent l’attention à la lecture du communiqué final du conseil des ministres du 03 septembre. Elle remplace  Flavien Enongoué, nommé en février 2017.

Après Honorine Dossou Naki et Félicité Ongouori Ngoubili, Liliane Massala devient la troisième femme  représentant le Gabon dans l’Hexagone. Le poste est prestigieux au sein de la diplomatie gabonaise. Il reste stratégique dans les relations étroites entre Libreville et Paris. Il est aussi devenu sensible depuis l’élection de 2016, contestée par l’opposition radicale. Elle a causé une énorme fracture au sein de la diaspora, la plus importante du Gabon.

Les relations entre l’ambassade gabonaise et les activistes et opposants tournent au bras de fer avec de temps à autre des opérations coups de poing et des manifestations devant la représentation diplomatique. « Flavien Enongoué, tout comme son successeur, n’a pas réussi à calmer cette partie des Gabonais de France, » confie un observateur. Difficile de faire autrement, « la diaspora à Paris est majoritairement pro-Ping ou antisystème. Tout ambassadeur est considéré comme un homme de Bongo, forcément ça ne passe pas, » explique un cadre du PDG basé en France.

L’ordre des choses

Depuis 2016 et 2017, années des manifestations largement suivies au Trocadéro, au pied de la tour Eiffel, contre l’élection d’Ali Bongo Ondimba, «  les contestations ont diminué et les participants ne sont plus vraiment actifs. L’ambassadeur a fait un travail considérable dans l’ombre, tempère un autre pédégiste parisien. Il n’a pas eu trop de moyens. On (NDLR : Libreville) ne l’a pas aidé à réussir. »

Liliane Massala, pourra-t-elle apporter de la sérénité au sein des Gabonais de France  à trois ans de la présidentielle ? « Tout dépendra de sa capacité à changer l’ordre des choses et des moyens dont elle va disposer, » répond toujours sous anonymat notre premier cadre du parti au pouvoir.

 Mais peut-être que la mission de la nouvelle ambassadrice se trouve ailleurs, dans les relations entre le palais de bord mer et L’Elysée. Après la nomination d’une première ministre en juillet dernier, Libreville envoie un autre signal d’engagement en faveur de la condition des femmes. Comment sera-t-il perçu par les différents destinataires : population, politiques, partenaires internationaux ?

Pour certains observateurs à Libreville, cette nomination est la logique des changements qui s’opèrent à la Présidence depuis quelques mois. « Une nouvelle équipe a pris les rênes. Elle a sa vision du pouvoir et de la gestion des affaires du pays. Ils mettent en place leur dispositif et nomment leurs propres hommes et femmes, ».

Haute administration

Liliane Massala ne fait pas partie de la grande famille de la diplomatie gabonaise. Par contre, elle connaît bien la Présidence qui fut pendant longtemps son lieu de travail.  

Agée de 57 ans, son parcours professionnel débute en 1987 dans les arcanes du palais du bord de mer, sous Omar Bongo. Jusqu’en 2009, elle occupe respectivement les postes de conseillère adjointe, conseillère personnelle du président de la République ; directrice de cabinet adjointe du président de la République ; chargée des Affaire africaines et internationales.

De 2009 à sa nomination du 3 septembre, elle est tour à conseillère du président de la République ;  secrétaire général du ministère de la Famille ; secrétaire générale du ministère de la Communication.

Titulaire d’un MBA de l’université du Québec à Montréal, la diplomate est également la promotrice de deux écoles supérieures de renom : l’Académie franco-américaine de management (AFRAM) et l’Institut international d’enseignement et de formation avancés (IIEFA).

Son long et riche parcours et son expérience de la haute administration seront dans quelque temps confrontés aux réalités de l’ambassade du Gabon en France.