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Révision de la constitution : le refus  de l’opposition

Le projet de révision de la constitution adopté le 18 décembre en conseil des ministres fait débat. L’annonce fait l’unanimité dans  les rangs de la majorité présidentielle, tandis que l’opposition et la société civile ne cachent pas sa colère.

Deux  ans après le malaise du président Ali Bongo Ondimba à Ryad en Arabie Saoudite, le conseil des ministres relance la question de la vacance de pouvoir, notamment l’indisponibilité temporaire du chef de l’Etat. L’exécutif a décidé de régler la problématique en l’intégrant dans la constitution.

Selon le projet de modification de l’article 13 « l’exercice des fonctions du Président de la République, en cas de vacance de la Présidence de la République ou d’empêchement définitif de son titulaire, est assuré par un collège composé du Président du Sénat, du Président de l’Assemblée Nationale et du Ministre de la Défense nationale ». A cela, s’ajoutent d’autres dispositions nouvelles.

Sauf que ce énième projet de modification de la Constitution a vite fait de créer un tollé au sein de l’opinion, notamment dans les rangs de l’opposition et de la société civile. Si la plupart s’accorde à reconnaître l’intérêt de lever le voile sur la question de la vacance de pouvoir, qui alimente les rangs de l’opposition depuis octobre 2018, ils affirment par contre que le schéma présenté par l’exécutif ne répond pas à l’intérêt supérieur de la nation.

Paul-Marie Gondjout : un manque de confiance au cœur du pouvoir.

« Avec le fameux triumvirat où un ministre de la Défense va se retrouver à la tête de l’Etat avec deux élus, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat alors que son chef hiérarchique, le Premier ministre n’est pas dans ce triumvirat-là, je pense sincèrement que le Gabon a perdu le pôle nord », affirme le président du parti de l’opposition, Les Démocrates, par ailleurs, ancien président de l’Assemblé nationale, Guy Nzouba Ndama. 

Union nationale

Faisant référence à la réussite de la vacance de pouvoir en 2009, Fridolin Mve Messa, acteur de la société civile y voit un plan machiavélique ourdi contre le Chef de l’Etat. « Pourtant en 2009, Rose Francine Rogombé a bien succédé à Omar Bongo sans heurts. Madame le président de la Cour Constitutionnelle a veillé au respect de la Constitution dans les moments difficiles, avec pragmatisme et fermeté. Mais qu’est ce qui n’a pas marché finalement ? », s’interroge-t-il.

Paul-Marie Gondjout, estime pour sa part que la modification de la constitution est calquée sur une ancienne disposition de 1979 qui mettait en place un collège de 4 personnes pour assurer la vacance de pouvoir. Seulement, contrairement à 1979, le premier ministre ne fait pas partie du collège constitué dans le projet de  révision. « Fallait-il qu’en 2020, nous fassions référence à cette vieille disposition de 1979 ? Fallait-il, pour régler cette question que nous mettions en place une équipe pour gérer cette question de la vacance de pouvoir ? Est-ce que cela ne dénote pas d’un manque de confiance dans le sein du pouvoir pour assurer l’intérim de la vacance du pouvoir ? », fait remarquer le cadre de l’Union nationale.

Interrogé par Peuple infos, le chantre de la réconciliation nationale, Louis Gaston Mayila affirme que ce projet de révision porte en lui-même une contradiction. « Comment peut-on nous dire tous les jours qu’Ali Bongo se porte bien, reçoit des chefs d’Etat, discute avec eux, donc il se rétablit petit à petit de l’accident qu’il a eu et en même temps, organiser ses funérailles ? », lance-t-il.  

Ordre

Dans cette riposte, la diaspora n’est pas en reste. Depuis la France, Laurence Ndong, présidente de Debout peuple libre estime que  « L’esprit de ce projet de modification de la constitution semble s’orienter vers la ferme volonté d’assurer la continuité de la monarchisation de la République ». « Qui peut imaginer le Gabon avec une présidence de la République, lieu d’incarnation du pouvoir exécutif avec trois têtes ? », s’interroge-t-elle.

Laurence Ndong : la monarchisation du pouvoir.

L’activiste Franck Jocktane, aux Etats-Unis, appelle pour sa part, à une ville morte ce mardi 22 décembre, pour dire non au projet constitutionnel. « Notre constitution n’est pas un chiffon, notre constitution n’est pas un document où tout le monde vient, tout le monde se permet de piétiner cette constitution. Le Gabon appartient à tous les Gabonais. On doit se concerter quand on veut prendre les grandes décisions », déclare-t-il dans une courte vidéo devenue virale.

Si la pilule a du mal à passer du côté de l’opposition,  dans les rangs du pouvoir, plusieurs voix se lèvent pour saluer une avancée démocratique. Si le pouvoir a décidé de faire bloc pour soutenir l’action de  l’exécutif, l’opposition semble encore une fois avoir opté pour la contestation en ordre dispersé.