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Des prières et des gaz lacrymogènes

Souvent taxée de faire le jeu du pouvoir, l’église catholique du Gabon a créé la surprise ce dimanche en bravant l’interdiction de reprendre les célébrations religieuses avant le 30 octobre, conformément à la décision des autorités.

 

Le tête-à-tête entre l’archevêque métropolitain de Libreville, Monseigneur Iba-ba et le ministre de l’Intérieur, Lambert Noel Matha n’a pas eu raison de la détermination du clergé catholique de rassembler ses fidèles ce 25 octobre. En dépit de la mobilisation des forces de sécurité et de défense aux abords des différentes paroisses pour empêcher les croyants de se rassembler, plusieurs rassemblements ont eu lieu ce dimanche.

Selon les consignes données la veille par l’archevêque Iba-Ba, c’est à l’extérieur des paroisses, munis de leurs chapelets que des centaines catholiques de Libreville, Oyem et plusieurs autres localités  ont suivi l’homélie prononcée par les prêtres. Et ce, au mépris des dernières mesures gouvernementales, en l’occurrence la limitation des rassemblements à 30 personnes.

« N’abandonnas pas le Christ comme les apôtres au jardin des oliviers. Ne le renions pas comme Pierre. Affirmons notre foi. Nous avons eu  rendez-vous avec notre foi, ce dimanche. Pour rien au monde je n’aurai raté ce moment », a confié J.B, membre d’une communauté religieuse.

« Nous n’en pouvons plus, depuis plus de sept mois que nous n’arrivons plus à nous rassembler. Nous avons appris à vivre avec le coronavirus. Nous allons au travail, au marché, nous empruntons les transports en commun, pourquoi ne pas repartir dans les lieux où on peut prier ? », s’est interrogé un paroissien des Rois mages du Gabon.

Des fidèles déterminés.

Si dans la plupart des cas, les fidèles n’ont pas été inquiétés par la présence des hommes en treillis, de nombreuses interpellations temporaires et l’usage de bombes lacrymogènes ont tout de même été enregistrés. C’est le cas du syndicaliste Marcel Libama qui a été interpellé à Franceville. A la cathédrale Saint-Charles de Lwanga d’Oyem dans le Woleu-Ntem, les chrétiens venus en grand nombre ont été dispersés par des bombes lacrymogènes.

Débat

Malgré toutes les mesures de dissuasion prises par les autorités, le clergé catholique est allé au bout de son engagement à braver la décision gouvernementale. Sa posture suscite de nombreuses interrogations pour une congrégation qui a souvent été  taxée de faire le lit au pouvoir.

Alors que les mesures exigées pas le gouvernement pour la réouverture des lieux de culte font débat, les nombreux questions persistent sur l’ambiance qui pourrait prévaloir les prochains jours dans la relation entre le gouvernement et les congrégations religieuses.