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vendredi 7 août 2020

Désiré Ename : « On n’accuse M. Bilie-By-Nze de rien du tout. »

Le directeur de publication d’Echos du Nord, Désiré Ename a été entendu mardi à la direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire, le B2. Il répondait à une convocation adressée à l’un de ses journalistes suite à un article paru dans l’hebdomadaire.  Pour marquer leur solidarité à leur confrère, les membres de l’organisation patronale des médias (OPAM) se sont mobilisés très tôt devant le B2. Ils dénoncent la démarche et affirme qu’elle va à l’encontre des dispositions légales qui abrogent le délit de presse au Gabon.

Au terme de son audition, la rédaction de Gabon Actualité lui a tendu le micro.

 

Vous avez été entendu ce matin par les agents du B2, quelles sont les précisions que vous avez eues ?

La convocation faisait suite à une plainte de M. Alain-Claude Bilie-By-Nze. Je me suis rendu sur place en tant directeur de la publication vu que la plainte attaquait directement un de mes journalistes et j’ai pris connaissance du dossier. Nous avons fait un article qui  découle d’une enquête sur l’affaire Clean Africa dans laquelle on disait qu’il y a des faisceaux de suspicions sur des commissions qu’aurait touchées Bilie-By-Nze, sans affirmer quoi que ce soit. L’avocate de Bilie-By-Nze s’en est saisi pour établir, selon elle, la diffamation.

Nous n’accusons pas Bilie-By-Nze d’avoir ni planqué de l’argent dans des paradis fiscaux, ni perçu des commissions. On dit simplement qu’il y a eu des suspicions qui ont circulé là-dessus. On parle simplement de suspicions puisqu’on emploie le conditionnel. Donc on n’accuse M. Bilie-By-Nze de rien du tout. On ne dit pas explicitement qu’il a perçu des commissions qu’il a planquées dans les paradis fiscaux. On dit simplement qu’il aurait perçu des commissions.

Hors l’avocate estime que nous avons affirmé que M. Bilie-By-Nze a perçu des commissions. Elle veut donc qu’on dise dans quelles conditions il les a eues, et qu’on apporte la preuve de ce qu’on a dit.  L’OPAM a relevé le vice de forme dans la démarche du ministre via son avocat.

Les membres de l’OPAM devant le B2 pendant l’audition de Désiré Ename

Après votre audition, est-ce que vous pouvez nous dire s’il y aura une suite ?

Vu qu’il y a quand-même une question préjudicielle parce que le Code de la communication est en conflit avec le Code pénal sur la question de la diffamation. En réalité, le conflit n’existe même pas parce que par exemple le citoyen Desiré Ename qui a une affaire au quartier avec un autre citoyen gabonais, si ce citoyen gabonais se plaint de la diffamation, là c’est le Code pénal qui s’applique. Mais dans le cadre des écrits de M. Désiré Ename, le journaliste, là on est dans le cadre de la loi sur la presse. Et là, on invoque d’abord la Haute autorité de la communication (HAC), et le cas échéant, le juge du civil. Donc ma présence au B2 ne se justifiait pas. Sauf si il y avait un autre plan.

 

Il y a eu deux convocations successives. Vous n’aviez pas répondu à la première convocation, pour quelle raison ?

Nous voulions que le motif soit précisé. J’ai écrit, à cet effet, au B2 pour leur demander de me spécifier le motif de la convocation. Ils m’ont avancé qu’ils avaient donné cette information à ma collaboratrice qui ne m’avait pas joint à cette période-là, je précise bien. Ils ont fait une seconde convocation, là aussi nous avons estimé qu’on va quand même demandé le motif. Il n’y a pas de clause de confidentialité à ce niveau.

Les membres de l’OPAM devant le B2 pendant l’audition de Désiré Ename

Ce matin, lorsque vous êtes arrivés au B2, vous avez trouvé vos confrères, notamment les membres de l’Organisation patronale des médias (OPAM), qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Il faut dire à ce niveau qu’il y a un point très positif ces dernières années, c’est la création de l’OPAM.  Je crois que l’OPAM est une structure dont on ne peut plus douter de l’efficacité parce qu’à chaque fois qu’un journaliste a été, soit menacé, soit inquiété, à cause de ses écrits et autres, l’OPAM a toujours été là pour assurer la défense de ce journaliste. Et le fait de voir tout le monde ce matin, je peux affirmer que cela m’a rassuré et m’a donné plus de courage. 

Propos recueillis par E. A