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vendredi 3 décembre 2021

Marcel Libama : la rentrée est un aveu d’échec du gouvernement

Pour éviter une forte concentration d’élèves dans les établissements, le ministre de l’Education opte pour une rentrée échelonnée. Après l’école primaire, les collégiens et les lycéens feront leur rentrée à partir du 16 novembre. Si la méthode est applaudie par certains, d’autres acteurs, à l’instar de Marcel Libama  de la Confédération nationale des syndicats de l’Education, se montrent critiques.  

 

Que pensez-vous de la reprise des cours  ?

C’est un aveu d’échec. On n’a jamais vu une rentrée pour le primaire et une rentrée pour le secondaire. Ce qu’il n’a pas voulu dire aux Gabonais, c’est que le gouvernement n’est pas prêt pour une rentrée scolaire. Cela ne nous étonne pas. Deux semaines de rentrée administrative dans un contexte de covid-19, c’est très insuffisant. 

Il aurait été judicieux pour le ministre de l’Education nationale d’organiser la rentrée administrative au moins au 1er octobre. Cela aurait permis de donner aux chefs d’établissement un temps assez suffisant pour préparer une rentrée scolaire en toute sécurité sanitaire.

 

Qu’avez-vous constaté en vous rendant dans certains établissements ?

Ce que nous avons constaté ce matin (NDLR, le jour de la rentrée), dans la plupart des établissements que nous avons visités, il n’y a pas un dispositif conséquent par rapport à la pandémie. Et quand il y avait un dispositif, quand vous prenez le ratio, le nombre d’élèves et le dispositif, il y avait vraiment un décalage énorme. Et quand le ministre de l’Education nationale nous dit qu’ils ont commencé à équiper un certain nombre d’établissements et que d’ici la fin du mois de novembre, on va équiper d’autres établissements, ça veut dire qu’il y a des établissements qui ne sont pas encore équipés. Et nous disons que pour ces établissements qui ne sont pas encore équipés, pourquoi les ouvrir ?

« Les enfants sont envoyés en pâture. »

Nous en appelons aussi au Copil. Si pour les restaurants, les hôtels, l’autorisation est délivrée par les services du ministère de la Santé. Pour les établissements, le ministre, accompagné du Copil devait faire le tour des établissements et nous dire les établissements qui sont en capacité d’accueillir les élèves et les enseignants et les établissements qui ne sont pas encore en capacité. Ouvrir tous les établissements sans être sûr du respect des mesures barrières, c’est envoyer les enfants en pâture.

 

Selon vous, quel est le véritable problème ?

Le véritable problème, c’est le fait que depuis plusieurs années, nous n’avons pas investi dans l’Education nationale. Si on avait appliqué le programme, à court terme, au sortir des états généraux de la formation et de la recherche, on serait aujourd’hui à 35 élèves par salle de classe, et le problème ne devait pas se poser. Mais comme on n’a pas construit, on n’a pas formé en qualité et en quantité, le problème reste entier.

Lorsque le ministre nous parle de la construction de 400 salles de classe, c’est une annonce qui date. Nous aurons bien voulu entendre le ministre nous donner les noms, les provinces ou les quartiers où sont ces établissements. Jusqu’à preuve du contraire, même à Libreville, il y a des élèves qui continuent à parcourir des dizaines de kilomètres pour se rendre à l’école. C’est un peu le serpent qui se mord la queue dans cette affaire.

Propos recueillis par E. A