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Reprise des cours : la mauvaise note du gouvernement

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

S’exprimant après la décision du gouvernement de ne garantir la reprise des cours que pour les classes de terminal, la CONASYSED a marqué son étonnement. Le syndicat rappelle la nécessité de tenir compte de la situation au cas par cas.

Après moult discussions, le gouvernement a finalement annoncé, le 30 juin, le mécanisme qui va prévaloir pour permettre aux élèves d’achever l’année académique en cours. Sur le principe, seules les classes de terminal devront reprendre les cours dès le 20 juillet. Les autres ont été mises en vacances et les élèves  seront évalués sur la base des notes obtenues avant la suspension des cours.

Si le gouvernement relève la nécessité de  sécuriser les apprenants en limitant la propagation de covid-19, il reste tout de même que cette décision n’est pas bien accueillie dans le secteur éducatif, notamment par la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED) et certains parents d’élèves. Ils sont aussitôt montés au créneau pour dénoncer le non-respect des dispositions qui prévoyaient également  la reprise des cours pour les classes de  5ème année et de 3eme.  

Carnet d’activités

Si la Conasysed se réjouit du fait que le gouvernement doit faire face aux retombées du manque d’infrastructures scolaires, elle déplore le non-respect des dispositions légales.  « Cela remet en cause le respect de la loi sur l’orientation générale de l’Education qui dispose que l’égal accès à l’éducation soit garantie à tous les élèves », confie Guy-Patrick Mombo.

Brandissant un carnet d’activités conçues pour permettre aux 5e d’être à jour durant la période de crise sanitaire, un éducateur s’interroge sur l’importance de l’avoir distribué aux élèves. « A quoi   ont servi les cours à la télévision si nous ne pouvons plus organiser le CEP et le BEPC » ? s’interroge-t-il.  

« Quand le gouvernement gabonais a pris la décision d’annuler le CEP et le BEPC sont-ils prêts à rembourser aux parents d’élèves l’argent des frais d’examen et autres » ? lance un parent d’élève.

Egalité des chances

Par ailleurs, sur la méthode retenue par l’éducation nationale pour l’évaluation des autres niveaux scolaires, la Conasysed affirme qu’il s’agit d’une volonté de léser les élèves qui n’ont pas obtenu de moyenne au premier et deuxième trimestres. « La question a été posée au ministre, notamment le fait que si un élève a déjà échoué au premier trimestre, statistiquement, il ne peut pas se rattraper au troisième trimestre. Nous disons que c’est faux, parce que, un élève qui peut avoir eu 9 au premier trimestre, 9 au deuxième trimestre, peut avoir 11 ou 12 au 3e trimestre et obtenir sa moyenne de passage en classe supérieure », argue le délégué général.

De fait, au regard de la situation exceptionnelle, la Convention estime que des mesures exceptionnelles devraient être prises pour garantir l’égalité des chances  à tous les apprenants.

Examens de fin d’année : près de 1400 candidats soupçonnés de fraude

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La Direction générale des examens et concours relève de nombreuses incohérences dans les dossiers de certains candidats. Ils risquent des sanctions.

712 dossiers pour le Brevet d’Etudes du premier cycle (BEPC) et 681 pour le baccalauréat des sessions 2020, soit un total de 1393 dossiers présentent des incohérences, du fait de la falsification de documents administratifs, selon la Direction générale des examens. La situation pourrait conduire à l’annulation de la participation des intéressés aux examens d’Etat ou à d’autres sanctions.

Pour l’heure, le ministre de l’Education nationale, Patrick Mouguiama Daouda estime qu’un tri est nécessaire pour pouvoir faire la différence entre les dossiers qui relèvent d’une falsification des bulletins et les autres cas. « Il est inadmissible que le système soit gangrené par la tricherie et ça commence à prendre des proportions inquiétantes. Il faut arrêter tout cela, et la participation de tous est requise. Il n’y aura pas d’autre solution que la sanction. Et puis, d’autres cas qui pourraient être plus compréhensibles, de telle sorte que l’administration se montre un peu clémente vis-à-vis de ceux-là », déclare-t-il.

Pour les partenaires sociaux, cette situation est inadmissible et mérite une collaboration conjointe avec l’administration pour parvenir à une solution appropriée. Une commission sera donc mise en place pour statuer sur tous les cas.

« L’école au Gabon n’est pas une école de la tricherie. Nous voulons une école d’excellence, capable de former l’élite de demain. Nous, en tant qu’enseignants et partenaires sociaux, nous ne pouvons pas être complices d’une situation qui pourrait ternir l’image de notre pays a l’extérieur », confie Fridolin Mve Messa, du syndicat de l’éducation nationale (SENA).

Listes

Louis Patrick Mombo de la Conasysed, estime pour sa part que la falsification des bulletins est favorisée par le comportement de certains chefs d’établissement et de plusieurs autres acteurs de l’éducation. « Il faut mettre en place des dispositions nécessaires pour éviter ce genre de situation à l’ avenir. »

Pour les professionnels de l’éducation, la falsification des documents administratifs n’est pas le seul mal qui mine le système éducatif national. S’ajoutent, entre autres, les complicités qui confortent le marchandage lors des transferts des élèves à la rentrée scolaire, la vente non autorisée de fascicules ; la délivrance de cartes scolaires truquées et de bulletins de notes falsifiés pour des inscriptions à un niveau d’études non mérité, l’existence multiple des mêmes personnes à des postes différents sur les listes personnels désignées pour la gestion des examens et concours dans l’ensemble du pays…