Creativity

Innovation

Originality

Imagination

 

Salient

Salient is an excellent design with a fresh approach for the ever-changing Web. Integrated with Gantry 5, it is infinitely customizable, incredibly powerful, and remarkably simple.

Download

Privat Ngomo interpelle Jean Ping

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

A l’orée des prochaines présidentielles en France et au Gabon, l’opposant Privat Ngomo interpelle Jean Ping. Dans une déclaration publique, il lui demande des comptes sur les « quatre années de négociations diplomatiques avec la France », pour récupérer le pouvoir qui lui aurait été volée à la présidentielle de 2016.

« La France, votre interlocutrice privilégiée, vous a-t-elle entendu ? Va-t-elle enfin prendre position en faveur de la souveraineté populaire que vous incarnez, ou laissera-t-elle perdurer la situation actuelle jusqu’en 2023 ? » En posant ces questions publiquement à Jean Ping, le 20 novembre, l’opposant Privat Ngomo, président du mouvement politique le NewPower, se présente comme le porte-parole de ceux qui l’ont mandaté à la présidentielle du 27 août 2016, en lui accordant leur confiance sur la base du projet de société « mettre le Gabon à l’abri de la peur et à l’abri du besoin.»

En effet, un peu plus de quatre ans après cette échéance politique, Privat Ngomo est de ceux qui croient qu’il est encore possible pour Jean Ping de récupérer la victoire qui lui aurait été ‘’volée’. Une victoire que l’opposant n’a jamais cessé de revendiquer à chacune de ses sorties médiatiques. Seulement, selon Privat Ngomo, les discours du leader de l’opposition laissent ses partisans sur leur faim.

Trop tard

Surtout, lorsqu’ils savent que l’ancien président de la Commission de l’Union Africaine a privilégié la négociation avec la « France et les réseaux, garants de la souveraineté gabonaise, » pour « ne pas recourir au plan B de violence auquel beaucoup s’attendait ». Mais « voici maintenant quatre années que ces négociations secrètes perdurent. Quatre années très longues d’attente pour le peuple », s’inquiète-t-il, avant de lancer : « monsieur le président (…) le peuple aspire légitimement à connaître les conclusions des quatre années de négociations diplomatiques avec la France. Et non seulement lui, mais aussi la classe politique qui assiste impuissante à la désagrégation actuelle du Gabon. Tous attendent avec impatience votre compte-rendu, parce qu’il en va de l’avenir de notre nation. »

Une inquiétude d’autant plus grande à l’approche de l’élection présidentielle française, prévue en mai 2022 ;  et la fin du mandat présidentielle en cours au Gabon en août 2023. «  Il ne vous reste plus que le premier trimestre de l’an 2021 pour matérialiser le succès de votre diplomatie secrète. Après, il sera trop tard pour qu’advienne le changement attendu par tous », fait-il remarquer.

Jean Ping votant en 2016 – Capital

Courage

Depuis la présidentielle d’août 2016, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Plusieurs proches de Ping ont fait le choix de consolider leur existence en politique afin de parvenir au sommet du pouvoir de façon démocratique. C’est le cas de l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy-Nzouba Ndama et du président du Rassemblement pour la partie et la modernité (RPM), Zacharie Myboto de l’Union nationale, dont les partis sont désormais représentés à l’Assemblée nationale. Une participation aux législatives et aux locales qui a d’ailleurs eu le mérite de « légitimer » le pouvoir de celui dont ils disent ne pas reconnaître la victoire.

Il ne fait d’ailleurs aucun doute que cela n’a échappé ni à Jean Ping, ni à Privat Ngomo. Ceci étant, comme le souhaitent ses partisans, le président de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), aura-t-il le courage de révéler sur la place publique, l’issue de ces négociations secrètes ? 

Vacance de pouvoir : des proches de Ping montent au créneau   

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Prenant pour prétexte l’absence du président Ali Bongo Ondimba à la visioconférence de l’Assemblée générale des Nations-Unies, des proches de l’opposant Jean Ping  exigent l’urgence de la déclaration de la vacance de pouvoir.

Un seul point était à l’ordre du jour de la dernière sortie médiatique de la coordination nationale de la coalition pour la nouvelle République autour de Jean Ping, ‘’la déclaration de la vacance de pouvoir’’ au sommet de l’exécutif.  Le sujet est récurrent pour une partie de l’opposition depuis octobre 2018. Cette fois les proches de l’opposant à Ali Bongo Ondimba prennent pour prétexte l’absence du chef de l’Etat à la visioconférence de l’Assemblée générale des Nations-Unies.

« Les arguments sont plausibles et nous confortons ici les déclarations du président élu, la communauté internationale vient d’avoir une nouvelle preuve de la vacance de pouvoir au Gabon », a déclaré le porte-parole de la coordination nationale, Jean-Claude Nkoulaveng.

La coalition met aussi en relief les nombreuses postures prises depuis des mois par des acteurs politiques et de la société civile pour exiger des preuves des capacités physiques et mentales d’Ali Bongo Ondimba à diriger le gouvernement. Une posture qui s’est avérée sans issus, à l’instar du rejet de la plainte du collectif Appel à agir par le tribunal de première instance de Libreville. La décision de justice  s’appuyait sur le fait que, « les requérants n’ont pas qualité pour agir et, d’autres part, que la question objet de leur requête ne relève pas de sa compétence.»

La peur

Par ailleurs, du côté de l’exécutif, depuis janvier 2019, la présence d’Ali Bongo Ondimba est très remarquée. Deux chefs de gouvernement se sont succédés à la tête de la primature.  Mieux, quelques jours après la déclaration de la coordination nationale de la coalition pour la nouvelle République, le chef de l’exécutif a présidé un conseil des ministres. Il a ensuite pris part à la rentrée annuelle des cours et tribunaux, tenue le 5 octobre dernier.

Des sorties publiques qui n’entament pas la motivation des proches de Jean Ping. Jean-Claude Nkoulaveng et les membres de la coordination nationale ont au cours de leur déclaration  interpellé « la communauté internationale à prendre toutes ses responsabilités pour accompagner l’avènement de la nouvelle République et la renaissance du Gabon dans l’intérêt bien compris de mettre tous les Gabonais à l’abri de la peur et à l’abri du besoin. »

Justice : Yeo Siyifowa Namogoh a regagné la Côte d’Ivoire

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Incarcéré à la prison centrale de Libreville, depuis le 31 août 2016, pour falsification des résultats de l’élection présidentielle, pour le compte du candidat Jean Ping, l’informaticien ivoirien, Yeo Siyifowa, a regagné, libre, son pays ce 16 septembre.

Arrivé au terme de sa peine le 13 septembre dernier, Yeo Siyifowa a regagné son pays. Il  est arrivé à Abidjan ce 16 septembre en début d’après-midi, accueilli par des proches. Sur une photo relayée dans les réseaux sociaux, on aperçoit le jeune informaticien, visiblement en pleine forme, en compagnie de son frère en uniforme.

Engagé par l’opposant Jean Ping pour la compilation des résultats de la présidentielle d’août 2016, Yeo Siyifowa avait été interpellé en septembre 2016 au quartier général du candidat de l’opposition. Il avait été accusé par le pouvoir d’avoir falsifié les procès-verbaux de l’élection présidentielle du 27 août.  

Co-détenus

Jugé le 14 août dernier, il a été condamné à 5 ans de prison, avec sursis, 2 millions d’amende et 10 ans d’interdiction de séjour au Gabon pour des faits de diffusion de fausses informations et de pièces falsifiées et transmission sans autorisation de signaux à l’aide d’installation de télécommunication fraudeuse.

Yeo Siyifowa aura finalement passé quatre ans dans les geôles de « Sans famille ». Son séjour en prison s’est révélé très éprouvant. Se confiant à un hebdomadaire local, l’informaticien avait indiqué n’avoir eu « aucun soutien depuis trois ans. Pas de parents pas d’amis pour manger ici. » Pour se nourrir, il comptait sur des co-détenus qui recevaient au quotidien le soutien de leurs parents.

Laurence Ndong : « La diaspora n’est pas divisée, elle est diversifiée »

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Enseignante-chercheure, femme politique et présidente du mouvement Debout Peuple, Laurence Ndong, fait partie des Gabonais de l’étranger en lutte contre le pouvoir à Libreville. La diaspora a rendu hommage aux morts des troubles post-électoraux de 2016. Laurence Ndong revient sur cette initiative et sur les différents courants au sein de l’opposition basée à l’étranger. Elle s’exprime également sur la nomination d’une femme au poste de premier ministre. « Il s’agit d’un non-événement ». Dans le viseur de l’opposante prime le combat contre le règne du Parti démocratique gabonais avec à sa tête le Distingué camarade président et Président de la République.

Vous avez annoncé le lancement du mouvement « 5 minutes pour la vie » de quoi s’agit-il ?

« 5 minutes pour la vie », n’est pas un mouvement, mais une initiative visant à rendre un vibrant hommage à nos compatriotes lâchement assassinés le 31 août 2016 et à tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de la dictature qui est à la tête de notre pays depuis 53 ans.
Nos martyrs sont morts pour nos vies. Ils se sont sacrifiés pour nourrir notre espérance. Ils sont nos héros, ils sont nos modèles.

 

Vous faites partie de cette diaspora qui exige le départ du pouvoir d’Ali Bongo. On est loin des grands rassemblements de Gabonais en 2016 et 2017 au Trocadéro contre le pouvoir en place. Aujourd’hui, l’opposition à l’étranger se fait plus remarquer pour ses divisions et ses querelles dans les réseaux sociaux. Comment peut-elle être efficace et crédible ?

Il n’y a pas que la diaspora qui exige le départ de Bongo Ondimba Ali et son régime. Ce départ est le vœu, le souhait et l’aspiration du peuple gabonais. Nos compatriotes, qu’ils résident au Gabon ou à l’étranger, aspirent au changement, à la liberté et au bien-être, et ils n’acceptent plus d’être privés de leurs droits à la démocratie et à la dignité.

Il n’est un secret pour personne que Bongo Ondimba Ali n’a pas été élu, qu’il s’est imposé à la tête du Gabon par la force et la violence. Le peuple, dans sa diversité, exige simplement le respect de sa souveraineté. Choisir ses dirigeants et pouvoir les démettre est un droit fondamental pour tous les peuples. Ne pas respecter la volonté du peuple clairement exprimée dans les urnes, est une violation de sa souveraineté et cela est inacceptable. On ne conduit pas la destinée d’un peuple contre sa volonté.

 » Nos martyrs sont morts pour nos vies. » capture d’écran.

L’une des principales caractéristiques des dictatures, c’est d’agir à huis clos. Le pouvoir en place au Gabon ne déroge pas à cette règle. Il s’emploie à faire taire toutes les voix divergentes. Comme si réduire le peuple au silence légitimait leur forfaiture et leurs exactions. Le nombre de prisonniers politiques et la recrudescence des enlèvements des leaders d’opinion, en sont les parfaites illustrations.

Vitalité et soif de pluralité

A défaut de pouvoir restreindre la liberté d’expression de ceux qui dénoncent ses déviances, le régime dictatorial à la tête de notre pays tentent de semer la confusion au sein de l’opposition et de la résistance. Ce que vous appelez des divisions sont davantage des divergences d’appréciation et de vue mais l’objectif reste le même. Il faut garder à l’idée que défendre une même cause n’implique pas qu’on appartienne nécessairement à la même organisation.

N’oublions pas que c’est la pensée unique qui est la base des régimes autocratiques et totalitaires. Lorsqu’Omar Bongo crée le Parti Démocratique Gabonais en 1968, il institutionnalise le parti unique avec pour objectif d’interdire la liberté d’association et d’expression au motif que tous ceux qui voulaient le bien du Gabon n’avaient pas d’autres choix que d’adhérer à son parti. Or, la liberté d’association est un droit fondamental. Les Gabonais ont le droit de créer librement autant d’associations et d’organisations qu’ils souhaitent selon leurs aspirations et leurs convictions.

La diversité d’opinions ou d’associations, les différences ou les nuances, alimentent et enrichissent le débat d’idées. Elles ne sont pas à confondre avec la division. La diversité n’est nullement synonyme de rivalité, encore moins d’adversité. Elle est une richesse et elle n’est pas un obstacle à l’unité.

Non, la diaspora n’est pas divisée, elle est diversifiée, elle exprime sa vitalité et sa soif de pluralité et c’est ce qui fait sa force.

 

N’est-ce pas plus facile pour vous de parler de dictature ou de « dénigrer votre pays, » pour citer vos adversaires, depuis Paris ? Les opposants ne devraient-ils pas mener le combat dans l’arène politique au Gabon à l’exemple de Jean Ping et d’autres ? Et ce malgré les tracasseries ?

Les Gabonais ont le droit de vivre où ils veulent. Vivre à l’étranger n’ôte en rien la légitimité que l’on a à se soucier de la situation de son pays et à se battre pour lui. S’engager pour défendre la démocratie, la liberté et l’Etat de droit n’est pas exclusivement réservé à ceux qui vivent au Gabon. De nombreux Gabonais vivent à l’étranger pour diverses raisons et de là où ils sont, ils se doivent d’être l’écho des voix que le régime étouffe et bâillonne. Ils sont les portes-voix de la souffrance de leurs familles et plus globalement de leurs compatriotes. Et cela n’est rien d’autres que du patriotisme.

Pour répondre à l’autre volet de votre question, je pense que parler de tracasseries, est un euphémisme. Disons clairement les choses en qualifiant les faits. Ce que vous appelez tracasseries, ce sont des atteintes aux libertés, des arrestations et des détentions arbitraires comme celles dont ont été victimes plusieurs de nos compatriotes. On peut citer entre autres, l’exemple de Landry Amiang Washington, arrêté dans la zone internationale de l’aéroport Léon Mba et détenu arbitrairement pendant près de 4 ans pour avoir dénoncé les méfaits du régime.

Est-ce normal que des citoyens subissent ce que vous appelez des tracasseries et que moi j’appelle des violations de droits et qu’ils soient ainsi maltraités pour avoir exprimé leur opinion ?

Inversion des rôles

Et pourquoi serait-il plus facile de parler de l’étranger ? C’est précisément parce que la dictature au pouvoir ne respecte pas la liberté d’expression, bafoue toutes les libertés fondamentales. Quel intérêt y aurait-il à aller se jeter dans la fosse aux lions au Gabon quand on est utile pour la lutte en étant en liberté à l’étranger ? Aujourd’hui, le pays compte un nombre important d’exilés politiques du fait de la violence et de la barbarie de la dictature au pouvoir. Fallait-il qu’au nom du courage, ils se laissent tuer ? Je ne partage pas cet avis.

Notre combat est un combat d’idée, nous le menons pour défendre des principes et des valeurs. A ce titre, l’action de tous ceux qui sont épris de justice, de démocratie et de liberté est pertinente, et ce, qu’ils se trouvent au Gabon ou à l’étranger.

Ne nous trompons pas, dénoncer les exactions de la dictature et les mauvaises conditions de vie infligées au peuple gabonais, ne peut pas être synonyme de « dénigrer son pays ». Se taire en situation d’injustice et face aux exactions de ce régime est une complicité et même une lâcheté. C’est corrompre le bon sens et tronquée la réalité. C’est inverser les rôles en faisant passer les bourreaux pour des victimes et les victimes pour des bourreaux.

Cela est très courant sous les dictatures. C’est ce qu’on appelle la transvaluation, l’inversion des valeurs. Agir contre la volonté du peuple ne déshonorerait pas le pays ? C’est la dénonciation de ce mal et exprimer son indignation et son opposition qui seraient un dénigrement ? C’est comme demander à une enfant victime d’inceste de se taire au motif qu’il faille préserver la dignité du violeur. On aggraverait le cas de la victime en protégeant son bourreau, qui pourrait ainsi continuer à perpétrer ses méfaits en toute impunité.

La situation dans laquelle ce régime a plongé notre pays est une honte. Le pays est rabaissé, humilié, bafoué par l’incompétence, l’inconséquence, l’incohérence, le mensonge, la corruption, la concussion, et les détournements de deniers publics. Nous avons l’impérieux devoir de dénoncer cela. Nous le faisons et nous continuerons à le faire.

File d’attente pour l’eau à Belle-vue 1 – Libreville

Tous les peuples qui sont respectés dans le monde, le sont grâce au rayonnement qu’ils donnent à leur pays dans le concert des nations. Les indicateurs sociaux de chaque pays sont disponibles et consultables par tous. Alors, vous trouvez que le Gabon est honoré quand il est classé parmi les pays plus corrompus d’Afrique ? Est-il honoré quand 80% de ce qu’il consomme vient de l’étranger ? Est-il honoré quand ses routes, lorsqu’elles elles existent, sont pires que des pistes d’éléphant ? Est-il honoré quand son système de santé est en déliquescence ? Est-il honoré quand son système éducatif a le taux de redoublement le plus élevé au monde, selon la Banque Mondiale, avec des années universitaires qui se chevauchent ? Les années universitaires 2018-2019, 2019-2020 ne sont pas terminées et la rentrée scolaire 2020-2021 est programmée pour le début du mois de novembre prochain.

 

En 2016, vous aviez décidé de faire confiance au candidat Jean Ping. Quatre ans après, qu’en-est-il, lorsqu’on sait que pour plusieurs de vos frères d’armes, la page de 2016 est désormais tournée.

Depuis l’avènement du multipartisme, les Gabonais dans leur majorité, n’ont jamais accordé leur suffrage à un Bongo Ondimba, qu’il se prénomme Omar ou Ali. En 1993, ils avaient voté massivement pour Paul Mba Abessole, en 1998 et 2005 pour Pierre Mamboundou, en 2009 pour André Mba Obame et en 2016 pour Jean Ping. A chaque fois, la dictature s’est maintenu au pouvoir par des coups d’Etat militaro-électoraux.

Notre priorité, c’est la libération de notre pays, la mise à terre de ce régime dictatorial qui opprime notre peuple et viole sa souveraineté. Les élections présidentielles de 1993, 1998, 2005, 2009 et 2016 ne sont pas derrière nous. La volonté manifeste du peuple d’en finir avec cette dictature, lors de ces échéances électorales, n’a jamais tari. Chaque dictature étant « génétiquement » incapable d’amélioration ou plutôt étant programmée pour empirer, la libération du Gabon est une urgence absolue.

Rose Christiane Ossouka Raponda, lors de sa déclaration de politique générale.

En juillet dernier, Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée Premier Ministre. C’est la première femme à occuper ce poste. Comment interprétez-vous cette nomination ?

Comme je l’ai dit dans l’interview que j’ai accordée à vos confrères de la Voix de l’Amérique le jour même de cette nomination, il s’agit d’un non-événement. Au Gabon, des femmes occupent des postes importants depuis bien longtemps. Une femme est à la tête de la Cour Constitutionnelle depuis près de 30 ans, une femme préside le Sénat et une femme a été Présidente de la République par intérim mais Présidente de la République quand même. Cela n’a eu aucun impact positif sur la vie des Gabonais. Ces femmes n’ont pas été distinguées à la faveur de leur genre ou de leurs compétences, mais pour leur loyauté et leur connivence avec le régime dictatorial qui est assis sur la prédation des ressources du Gabon au profit d’une minorité.

Au demeurant, Mme Ossouka Raponda a livré les coulisses de sa nomination par ses remerciements, particulièrement appuyés, à Sylvia Bongo-Valentin pour son rôle dans sa nomination. Jamais l’épouse d’un dictateur n’avait été aussi solennellement remerciée dans une cérémonie officielle marquée par le sceau des exigences constitutionnelles. Il fallait, bien évidemment, honorer celle qui assure en toute illégalité la régence à la tête du Gabon et apporter la preuve publique de l’allégeance à cette dernière.

 

Madame le Premier Ministre a fait sa Déclaration de politique générale le vendredi 04 septembre, qu’en avez-vous retenu ?

Pas grand-chose si ce n’est une litanie d’incongruités, d’incohérence et de mensonges.


Madame Ossouka Raponda ne décide d’ores et déjà de rien, même pas du contenu approximatif et superficiel de son propos devant les députés, encore moins de la prévisible inaction de l’équipe qu’elle est chargée de conduire et qui du reste, a déjà fait ses preuves en inconséquence et en incompétence sous l’autorité de son prédécesseur.


Gouverner c’est prévoir, anticiper, planifier, agir, évaluer, améliorer. C’est cela la responsabilité. Ce n’est pas promettre, mentir, interdire, opprimer, délaisser, déconstruire, travestir, voler et violer. Cela, c’est de l’irresponsabilité et c’est la panacée de l’offre politique de Madame Ossouka Raponda au service de la dictature. Voilà ce qui est à retenir de cette déclaration de politique générale.

Propos recueillis par E. A

Indépendance 2020 : Jean Ping, l’alternance ou rien

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Comme chaque année depuis quatre ans, l’opposant radical Jean Ping a prononcé le 16 août le traditionnel discours de l’indépendance du Gabon. A trois ans de la fin de l’actuel septennat, l’acteur politique se dit déterminé à libérer le Gabon en récupérant la victoire qui lui aurait été volée au soir du  31 août 2016.

Quatre ans se sont écoulés depuis la dernière présidentielle au Gabon, mais pour l’opposant Jean Ping rien n’a changé dans le choix porté par les Gabonais lors du suffrage de 2016. Si sa popularité est en baisse et que plusieurs de ses frères d’armes de l’époque lui ont tourné le dos, c’est en tant que ‘’président élu’’ que l’opposant radical a prononcé dimanche son discours de veille d’indépendance.

« Alors que le peuple gabonais se tourne vers moi, le président qu’ils ont élu avec plus de 60% des suffrages à l’élection présidentielle du 27 août 2016 et, à ce titre, garant du destin de la nation, je lui dois des réponses », a-t-il déclaré en affirmant que sa réponse se fonde sur une ligne directrice qui résume son action et porte en même temps son aboutissement. Une ligne qui repose sur « une vieille sagesse reprise le siècle dernier par un grand Africain qui soulignait que les grandes batailles de la vie, ne sont pas gagnées par les plus forts, ni les plus rapides, mais par ceux qui n’abandonnent jamais ».

Résurrection

Et si pour d’aucuns,  Jean Ping avait définitivement inscrit 2016 dans les annales de l’histoire, comme plusieurs acteurs majeurs de la résistance, l’homme affirme qu’il n’en est rien. Il affirme d’ailleurs avoir mis à profit ces quatre dernières années à la construction, bataille après bataille de la voie qui mène à la résurrection du Gabon.

« Qu’avons-nous fait au bout de quatre ans, qui ouvre le chemin de la victoire. Que les Gabonais me comprennent bien. Seuls comptent réellement pour moi, comme à leurs yeux, la, libération finale. Seul résultat qui vaille, c’est-à-dire l’alternance et la libération, la rupture pour la renaissance du Gabon. Oui, la renaissance du Gabon », a-t-il lancé avant d’affirmer  qu’« il n’y a pas d’alternative au verdict du 27 août 2016, à la vision défendue par le peuple gabonais en faveur de l’alternance. »

Des actes

C’est donc un Jean Ping plus que jamais déterminé à unir toutes les forces vives de la nation autour d’un idéal qui s’est exprimé.

Seulement, si cette posture a été saluée par bon nombre de personnes qui y ont vu un regain d’espoir, d’autres ont également marqué leur appréhension dans ce qui parait comme du déjà-vu et des effets d’annonce.

« On ne veut plus des discours, on veut les actes », pouvait-on lire parmi certains commentaires dans les réseaux sociaux.

Réconciliation nationale : le marathon de Louis Gaston Mayila

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

L’opposant Jean Ping est-il prêt à adhérer à la réconciliation nationale prônée par Louis Gaston Mayila ? Le sujet était au centre de la rencontre entre les deux personnalités ce week-end. Toutefois, en attendant une réponse officielle de Jean Ping, le président de l’UPNR poursuit son marathon afin de passer le message à toutes les forces vives de la nation.  

C’est à travers les réseaux sociaux que la rencontre entre le président fondateur de l’Union pour la nouvelle République, Louis Gaston Mayila et le président de la Coalition pour la nouvelle République, Jean Ping a d’abord été relayée. Quelques heures plus tard, un communiqué sur la page Facebook de l’UPNR précisait le sujet de la rencontre : « Au menu de la discussion : la réconciliation nationale ».

L’échange s’inscrit dans la suite des rencontres entamées  depuis quelques mois avec plusieurs responsables politiques, religieux et acteurs de la société civile. « La réconciliation nationale est la seule voie de sortie de la crise actuelle dans notre pays. Elle est nécessairement la seule alternative pour tisser un nouveau contrat social entre les gouvernés et les gouvernants », précise le communiqué de l’UPNR.

Il ne s’agissait donc pas de retrouvailles entre anciens ‘’camarades’’, se remémorant des souvenirs d’une  gestion commune de la chose publique, il s’est plus tôt agi pour l’opposant radical Jean Ping de répondre à l’invitation au dialogue de Louis Gaston Mayila.  

Après Jean Ping, les leaders religieux

Si ce dernier peut se réjouir d’avoir pu exprimer sa vision à l’un des principaux protagonistes de la crise postélectorale de 2016, il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Puisque ce 4 aout, il a poursuivi son marathon des rencontres en s’entretenant avec des leaders religieux.

 « Et maintenant Mr le président de la République, et maintenant Mmes et Mrs les membres des gouvernements et maintenant Mmes et Mrs les présidents des corps constitués et maintenant Mrs les princes des églises, révérends pasteurs et maintenant que nous avons érigé des murs de haine dans nos sociétés, on fait comment ? » interroge-t-il.

La réponse serait l’étape de la réconciliation nationale. Selon un schéma préétabli, le président de l’UPNR propose la mise en place d’un comité national de réconciliation ; l’hommage aux martyrs enregistrés depuis la crise de 1964 ; la libération des prisonniers politiques ou de toutes personnes enfermées pour son opinion pour leur permettre de prendre part au débat ; le vote d’une loi d’amnistie pour permettre aux Gabonais bloqués à l’étranger de rentrer librement chez eux. Et surtout : le pardon mutuel.

Les proches de Ping opposés à la dépénalisation de l’homosexualité 

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Au lendemain de l’adoption de la dépénalisation de l’homosexualité,  la CNR fustige ce qu’elle qualifie de ‘‘nouvelle illustration de la légèreté’’ du régime.

Comme plusieurs leaders politiques et de la société civile, les proches de Jean Ping ont décidé d’exprimer leur mécontentement après l’adoption, par le parlement, de la dépénalisation de l’homosexualité. Si de nombreuses personnes ont aussitôt réagi avant l’adoption de la loi, la Coalition pour la Nouvelle République dit avoir privilégié l’écoute et l’observation attentive.

Pour les proches de Jean Ping, la surprise des Gabonais date de 2019, lorsque le gouvernement avait décidé,  ‘’d’engager le pays dans un débat sur l’homosexualité, en inscrivant sa pénalisation dans le Code Pénal’’.

« Les Gabonais ne comprennent pas davantage ce qui justifie que le régime PDG Bongo pose le problème de la dépénalisation de l’homosexualité, aujourd’hui », affirme la CNR, qui qualifie l’action de ‘’ nouvelle illustration de la légèreté de ce régime’’ et  ‘’invite les Gabonais à ne pas perdre de vue que ce pouvoir usurpateur qui repose sur les mises en scène, a pris l’habitude de lancer des opérations de manipulation de l’opinion, pour la distraire de l’essentiel. Sachant qu’il est rejeté et qu’il a tout perdu, ce régime multiplie les manœuvres visant à aggraver le chaos et à susciter la stigmatisation du Gabon par l’opinion internationale’’.

Elle relève, à cet effet, le fait que le rejet du plus grand nombre est justifié par le respect sa loi fondamentale et des valeurs culturelles, sociétales, spirituelles et religieuses, qui fondent une société.

Posture

Si pour le gouvernement, ce changement est motivé par le  ‘’respect de l’orientation sexuelle et le droit des minorités’’, la CNR estime qu’il s’agit  d’une ‘’énième provocation face au risque d’une déflagration au sein de la société gabonaise. Comme à son habitude, le pouvoir en place n’a jamais su aborder les vrais problèmes de la société’’

Fidèle à sa posture depuis la présidentielle de 2016, la CNR affirme que la réponse à tous ces problèmes réside, dans la reconnaissance de la victoire qui aurait été volée à Jean Ping.

La CNR contre les démons du tribalisme

CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

Dans une déclaration, la CNR s’insurge contre certaines voix « tentées par les thèses et les démons du tribalisme ». Elle invite les citoyens à faire preuve de vigilance pour éloigner le pays du piège de la discorde.

Ennemi commun au-delà des frontières depuis de nombreux mois, la pandémie du covid-19 ne semble pas être le seul élément à craindre au Gabon actuellement. En effet, depuis plusieurs jours, un nouveau débat tend à prendre de l’ampleur avec pour principal objectif ternir le tissu social déjà peu reluisant depuis ces dernières années, en l’occurrence ‘’le tribalisme’’.

Si plusieurs voix de la société civile se sont aussitôt levées sur les réseaux-sociaux pour condamner cette pratique d’un autre âge, Jean Ping et les siens viennent également de hausser le ton afin d’exprimer leur « ferme volonté de ne pas laisser prospérer les germes du repli ethnique. »

« Dans ce climat particulièrement sombre, le peuple gabonais a plus besoin de se sentir protégé et rassemblé que d’être écrasé et divisé. Cet objectif n’est pas à la portée du régime qui mesure cruellement, l’ampleur de son rejet par nos concitoyens », lance la Coalition pour la nouvelle République.

Pour les opposants radicaux, le constat est amer. « La CNR observe avec une vive préoccupation, que certaines voix, entendues ces derniers jours, sont tentées par les thèses et les démons du tribalisme. Certains veulent entraîner le pays vers d’autres chemins, rejoignant ainsi les rangs des partisans de la terre brûlée qui sont à l’œuvre, depuis qu’ils ont été rejetés par le peuple gabonais aux présidentielles de août 2016 », déclare la CNR.

Guerre civile

Fidèle à sa posture la CNR estime que la responsabilité de cette situation incombe principalement au pouvoir en place. « La reconnaissance de la souveraineté du peuple gabonais, c’est-à-dire le libre choix de ses dirigeants, demeure la principale préoccupation. Les Gabonais sont suffisamment meurtris. Le Gabon est particulièrement éprouvé. Partez, mais ne brûlez pas le Gabon. Aucun Gabonais ne vous le pardonnera », clame-t-elle.

La Coalition pour la nouvelle République

A l’endroit des citoyens, la CNR prône la vigilance et la  résistance afin d’éloigner la Gabon du piège de la discorde. Et face aux partisans de la division, elle réaffirme haut et fort son rôle de repère, de référence et de gardien inlassable de la préservation du Gabon entre toutes les velléités et ruses conduisant à la guerre civile.