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Réconciliation nationale : le marathon de Louis Gaston Mayila

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L’opposant Jean Ping est-il prêt à adhérer à la réconciliation nationale prônée par Louis Gaston Mayila ? Le sujet était au centre de la rencontre entre les deux personnalités ce week-end. Toutefois, en attendant une réponse officielle de Jean Ping, le président de l’UPNR poursuit son marathon afin de passer le message à toutes les forces vives de la nation.  

C’est à travers les réseaux sociaux que la rencontre entre le président fondateur de l’Union pour la nouvelle République, Louis Gaston Mayila et le président de la Coalition pour la nouvelle République, Jean Ping a d’abord été relayée. Quelques heures plus tard, un communiqué sur la page Facebook de l’UPNR précisait le sujet de la rencontre : « Au menu de la discussion : la réconciliation nationale ».

L’échange s’inscrit dans la suite des rencontres entamées  depuis quelques mois avec plusieurs responsables politiques, religieux et acteurs de la société civile. « La réconciliation nationale est la seule voie de sortie de la crise actuelle dans notre pays. Elle est nécessairement la seule alternative pour tisser un nouveau contrat social entre les gouvernés et les gouvernants », précise le communiqué de l’UPNR.

Il ne s’agissait donc pas de retrouvailles entre anciens ‘’camarades’’, se remémorant des souvenirs d’une  gestion commune de la chose publique, il s’est plus tôt agi pour l’opposant radical Jean Ping de répondre à l’invitation au dialogue de Louis Gaston Mayila.  

Après Jean Ping, les leaders religieux

Si ce dernier peut se réjouir d’avoir pu exprimer sa vision à l’un des principaux protagonistes de la crise postélectorale de 2016, il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Puisque ce 4 aout, il a poursuivi son marathon des rencontres en s’entretenant avec des leaders religieux.

 « Et maintenant Mr le président de la République, et maintenant Mmes et Mrs les membres des gouvernements et maintenant Mmes et Mrs les présidents des corps constitués et maintenant Mrs les princes des églises, révérends pasteurs et maintenant que nous avons érigé des murs de haine dans nos sociétés, on fait comment ? » interroge-t-il.

La réponse serait l’étape de la réconciliation nationale. Selon un schéma préétabli, le président de l’UPNR propose la mise en place d’un comité national de réconciliation ; l’hommage aux martyrs enregistrés depuis la crise de 1964 ; la libération des prisonniers politiques ou de toutes personnes enfermées pour son opinion pour leur permettre de prendre part au débat ; le vote d’une loi d’amnistie pour permettre aux Gabonais bloqués à l’étranger de rentrer librement chez eux. Et surtout : le pardon mutuel.

Trois questions à Emmanuel Mve Mba

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Le Congrès des agents publics, parapublics et privé de  l’Etat (CAPPE) multiplie depuis quelques semaines des rencontres avec l’ensemble des partis politiques et les ONG. Un marathon qui va s’étendre aux confessions religieuses, à la notabilité, la diaspora et les instances internationales. Emmanuel Mve Mba, président du CAPPE, précise l’objet de cette démarche.

 

Quel est le sens de la tournée citoyenne ?

Depuis pratiquement 2016, sinon 2009, la crise a éclaté au Gabon entre les acteurs politiques et ceux de la société civile et même des confessions religieuses. Nous avons observé cette situation pendant des années et elle s’est aggravée au lendemain de la présidentielle de 2016. Les politiques de tous bords  allaient dans tous les sens, ils ne se parlaient plus.

Les fils et filles d’un même pays ne se parlent plus, nous craignons une implosion sociale. Et nous avons même constaté qu’à un moment donné les militaires ont voulu faire un coup d’Etat. Ce qui justifie effectivement de la crise au Gabon. Heureusement les institutions ont vite fait d’arrêter tous ces mécanismes.

Parce que nous constatons l’échec des politiques, en tant que troisième acteur, nous avons pris le taureau par les cornes en initiant une tournée dite consultation citoyenne. Si nous ne le faisons pas nous allons être tous comptables de ce qui va arriver demain.

 

Qui avez-vous déjà rencontré et comment votre message est-il perçu ?

Nous constatons avec beaucoup de satisfaction que les acteurs politiques restent très attentifs et adhèrent au projet. Nous avons déjà échangé avec le PSD, le CLR, l’Union Nationale, le RPG, l’UGP-L, RAPID, ARENA, RPM, Marc Ona Essangui, Paul Biyoghé Mba, Louis Gaston Mayila, Georges Mpaga. Tous adhèrent à ce projet et pensent que si nous ne faisons rien, le Gabon va exploser socialement, politiquement et on peut même avoir une guerre civile. Nous avons déjà pris rendez-vous avec Jean Ping. Même s’il ne dirige pas un parti, c’est l’un des principaux acteurs politiques de ce pays.

Grève fonction publique – archives – AP

Mais nous constatons pour le déplorer que certains partis dits de la majorité ne veulent pas nous recevoir. Nous nous interrogeons, mais nous avons relancé les demandes. Nous n’allons pas être fatigués à repartir vers eux parce qu’il s’agit des Gabonais. Le Parti démocratique gabonais est actuellement en tournée et lorsqu’ils vont terminer la tournée, ils vont nous recevoir. C’est nous qui voulons que les Gabonais se parlent, nous n’avons pas à être impatients. 

 

Votre démarche est perçue par certaines personnes comme une façon de solliciter implicitement le poste de médiateur, que répondez-vous à vos détracteurs ?

Être médiateur, je ne sais même pas ce que ça représente. Je ne suis pas politique. De plus, je n’ai pas la prétention d’en être un parce que ça se décide ailleurs. Je ne sais pas si tout le monde doit rester les bras baissés parce que nous avons devant nous la crise. Aujourd’hui, les mauvaises réformes sont prises vis-à-vis de la jeunesse et ça énerve les jeunes. Les stages sont bloqués. Les reclassements sont bloqués. Tout est bloqué au Gabon. Et quel serait la mission du CAPPE en tant que centrale syndicale ?

Non, nous n’avons aucune prétention de faire les yeux doux aux gouvernants pour devenir médiateur. Mais si nous sommes déjà médiateur de manière légitime, c’est déjà une bonne chose. On aura participé pour le Gabon. 

Propos recueillis par G. D