CONTENNNTSTSH DIH DSHDS

 

Le porte-parole de l’association Nouvelle conscience woleu-ntemoise, Paskhal Nkulu revient sur les motivations de la structure associative. Il s’exprime également sur la dernière actualité politique marquée notamment par le retour de Réné Ndemezo Obiang au Parti démocratique gabonais (PDG), et l’appel à la paix des braves.

Paskhal Nkulu : Présentez-nous l’association Nouvelle conscience Woleu-ntemoise ?

Gabon Actualité : Nouvelle conscience Woleu-ntemoise est structure associative qui regroupe les natifs du Woleu-Ntem avec pour objectif l’entraide et la participation au développement de la province. Le Woleu-Ntem doit l’essentiel de son acquis économique à l’effort de ses fils, et cet effort se doit d’être mesuré et entretenu à l’échelle de la province. Le Woleu-Ntem a deux ou trois principales voies d’entrée qui sont des accès faciles à des puissances économiques qui sont le Cameroun et la Guinée équatoriale en matière de développement, et qui devraient faire école chez nous. Il est pratiquement impossible d’envisager aujourd’hui asseoir un développement conséquent s’il n’est pas construit à l’échelle de la province. Dans un passé pas très éloigné, le Woleu-Ntem avait la particularité d’être une province autonome sur le plan économique. Mais aussi, une province où le rapport politique avec l’état était fixé sur des fondamentaux de la République. Malheureusement, les années se sont écoulées et ces rapports ont vu l’intrusion d’autres facteurs qui l’ont totalement anéanti. Notre structure associative vise à encourager les fils et les filles du Woleu-Ntem à participer à la reconstruction de cette conscience woleu-ntemoise qui doit être une conscience pour l’essor de notre province.

PN : Comment comptez-vous faire bouger les lignes ?

GA : De manière précise, ce que nous faisons depuis l’élection présidentielle de 2016 c’est de rassembler les fils du Woleu-Ntem, d’initier des réflexions qui portent sur le développement. L’urgence c’est d’avoir un agenda commun, avoir une démarche commune sur toutes les questions qui concernent la vie politique, la vie économique, la vie sociale de notre province. Nous pensons qu’il nous faut redéfinir les éléments de référence qui vont nous permettre de participer au grand développement du Gabon. Si nous n’avons pas d’éléments de référence interne, il nous sera difficile de nous situer en tant que woleu-ntemois. Etre woleu-Ntemois aujourd’hui, c’est une responsabilité historique, une responsabilité morale, une responsabilité politique. Si on ausculte ce type de responsabilité et qu’on veut faire la politique pour la politique, on est pratiquement sûr qu’on aura le résultat que nous devrions aujourd’hui. Nous allons entreprendre une phase beaucoup plus active par l’incitation à la réalisation et à l’engagement aux micro-projets économiques.

PN : Qu’est-ce que vostre association a posé comme actes pour aider les woleu-ntemois à faire face à la pandémie decovid-19 ?

GA : Inviter à la prise de conscience est la chose la plus primordiale. Nous avons face à nous une épidémie, une maladie dont personne ne mesure ni le développement, ni les vrais modes de contamination. On suppose que ce serait par voie orale, par voie nasale. Mais les précautions que l’on prend semblent ne pas être de nature à bien nous protéger. Nous invitons particulièrement les woleu-ntemois et les Gabonais, en général, à faire extrêmement attention, à ne pas se laisser aller à l’idée grossière comme quoi ce virus n’existe, que c’est une stratégie entre les supers puissances. Nous demandons à nos frères de se protéger et de se prendre en charge par les protocoles médicaux qui existent et les vaccins. Ceux qui doivent le faire, peuvent le faire. Dans la mesure du possible, nous pouvons agir sur le gouvernement par des demandes pour que l’état fasse preuve de diligence en rendant disponible des doses de vaccin en quantité suffisante pour toute la population.

PN : Que répond Nouvelle conscience woleu-ntemoise à l’appel à la paix des braves ?

GA : Pour nous, c’est du sparadrap sur une jambe de bois. C’est une question totalement décalée, elle est hors contexte et rien ne l’a justifie, aujourd’hui. Pour appeler à un regroupement de partis politiques, à une sorte d’union sacrée des forces politiques, il faut qu’il y ait un contexte qui le justifie. Généralement, c’est un contexte d’après-guerre ou de conflit post-électoral. Nous ne sommes dans aucun de ces cas. Le Gouvernement et toutes les autres composantes de la République fonctionnent normalement. Je crois que ceux qui ont lancé cet appel à la paix des braves devraient avoir un peu plus de génie. Pour l’instant, les priorités sont ailleurs. C’est contenir la Covid-19, répondre à la demande sociale. C’est autant d’axes aujourd’hui qu’aucun de ces leaders politiques n’a jamais abordé. Vous ne les verrez jamais s’attarder sur des questions sociales, sur des questions de chômage, sur des questions d’emplois, sur des questions de logements, de justice. À chaque fois, c’est des retrouvailles autour des discussions politiques, politiciennes. Je crois que les Gabonais en ont un peu marre.

PN : Le retour de Réné Ndemezo Obiang au PDG ne remet-il pas en cause la probité des acteurs politiques du Woleu-Ntem ?

GA : La démarche adoptée par monsieur Ndemezo est une démarche qu’il faut saluer. On ne s’engage pas en politique pour avoir le statut d’opposant à vie. Ça n’existe pas. La politique n’a de but que pour réussir et exercer le pouvoir de décision. Lorsqu’en toute objectivité, vous vous rendez compte que ce pourquoi vous vous engagez ne peut se concrétiser que si vous avez une position de recul. Si vous convenez avec ceux qui ont les capacités, les moyens d’accélérer les mécanismes de développement du pays, pourquoi rester dans cette position fermée qui n’a aucune perspective. Si vous avez à connaitre l’histoire du Woleu-ntem, vous saurez qu’aujourd’hui, les cadres du Woleu-ntem tiennent pour responsables les acteurs politiques de leur province, du fait que leur posture contre le pouvoir ne facilite pas leur proposition. Les acteurs économiques de cette province tiennent pour responsables les comportements déviants des acteurs politiques de cette province. En 2016, monsieur Ndemezo avait pensé qu’il y avait une opportunité de faire une autre offre politique pour le Woleu-Ntem, en étant dans l’opposition. Quelques années après, il se rend compte que c’est une voie sans issue. Et ce, d’autant plus que l’opposition n’a pas un développement cohérent. Ndemezo ne veut pas s’engager dans des choix inutiles, il fait le choix de dire aux enfants du Woleu-ntem et aux enfants du Gabon : « j’assume ma part de responsabilité, je me mets à la disposition du président et j’arrête la lutte politique stérile ». La lutte politique au Gabon est stérile. Nous, en tant que Nouvelle conscience woleu-ntemoise, nous le soutenons et invitons tous les enfants du Woleu-Ntem à soutenir cette démarche.